Coronavirus - À Amiens, l'association Les petits poids aide les personnes obèses à bien vivre le confinement

À Amiens, l'association Les petits poids aide ses adhérents, en situation d'obésité, à ne pas rester seuls pendant le confinement. Pour garder le contact, des cours de sport adaptés, de diététique et des entretiens avec des médecins spécialistes sont proposés tous les jours par écran interposé.

À Amiens, l'association Les petits poids propose à ses adhérents, des personnes en situation d'obésité, 40 activités chaque semaine pour les aider à continuer notamment à faire du sport.
À Amiens, l'association Les petits poids propose à ses adhérents, des personnes en situation d'obésité, 40 activités chaque semaine pour les aider à continuer notamment à faire du sport. © Mathieu Maillet/FTV
Au milieu de son salon, tablette numérique sur la table, Catherine Rumigny entame une séance de tai-chi. Dans l'écran, Hugo Machado, professeur d'activité physique adaptée. Car Catherine est obèse. Et le sport fait partie intégrante de sa prise en charge médicale. 
 


Faire du sport, une nécessité pour la santé

En temps normal, elle participe à deux activités sportives par semaine, mais le confinement a tout arrêté du jour au lendemain. Hors de question cependant pour Catherine de cesser toute activité physique. Car ne pas bouger pendant le confinement serait grandement préjudiciable à sa santé, ce que confirme Hugo Machado : "ce serait une catastrophe si les personnes ne faisaient pas de sport pendant le confinement parce que ça déclencherait un retour à la sédentarité qui n'est pas bon pour eux, explique le professeur de sport. Ça pourrait entraîner une fonte musculaire, une perte d'endurance et une perte des capacités d'étirement. Et chez les personnes en situation d'obésité, il n'y a pas beaucoup de capacités physiques initiales. Le but de faire du sport, c'est de pouvoir en gagner. Donc, c'est très important de continuer à avoir une activité physique quotidienne."

Grâce à l'association basée à Amiens Les petits poids dont elle fait partie, Catherine peut continuer à faire du sport mais pas seulement : chaque semaine, 40 activités en lien avec le surpoids sont proposées par écran interposé aux adhérents.
 

Rompre l'isolement

À la tête de l'association, Lydie Boury. Chaque matin, elle ne  déroge pas à sa séance de pédalage. Impératif pour elle : ne pas prendre plus de poids et maintenir une bonne condition physique. "Il ne faut surtout pas arrêter de faire du sport. C'est indispensable de continuer à pratiquer de l'activité physique selon ses capacités et ses possibilités, explique-t-elle. Mais tout seul, ce n'est pas facile. C'est pour cela qu'il faut une motivation et des liens avec d'autres personnes pour ne pas se sentir seul. C'est pour ça qu'on a eu cette idée d'activités physiques adaptées par vidéo."
 
Thai-chi donc mais aussi cours de diététique, entretiens avec un psychologue, relaxation. Des activités qui sont les bienvenues pour Catherine qui sort désormais encore moins que d'habitude. Les obèses sont en effet des gens seuls par peur de sortir et d'être vus ou par rejet de l'entourage. Et la crise sanitaire n'arrange rien : " les obèses sont déjà à risques mais moi, je fais du diabète et de l'hypertension. Donc mon médecin m'a dit d'éviter au maximum les contacts, explique-t-elle. Ces cours en vidéo, ça permet d'avoir des contacts avec les gens sinon on ne voit absolument personne. Et puis, ça permet de maintenir une activité physique indispensable. Ça fait un lien."
 

Aider à gérer le stress

Les adhérents ont également accès à des téléconférences avec des spécialistes comme le Professeur Jean-Daniel Lalau, endocrinologue au CHU d'Amiens. "Les personnes obèses sont très à risques parce qu'elles sont peut-être plus sensibles à l'infection et parce que, assurément, l'infection fait plus de dégâts chez les obèses notamment sur le système respiratoire, selon le médecin. Il faut donc qu'ils gardent une activité physique et qu'ils continuent leurs préceptes alimentaires. Le stress est certainement ce qui est le plus difficile à gérer. Et dans les conditions actuelles, il est majoré. Donc, le lien social peut permettre de dédramatiser". Avant de rassurer : "il serait normal de prendre un petit peu de poids. Il faut simplement éviter une prise importante qui compromette les résultats antérieurs. Mais on a le droit de prendre deux ou trois kilos sans que ce ne soit pas grave".

Et Catherine de conclure : "quand on est seuls, on a tendance à faire des entorses à notre régime ! Mais avec tous les cours de diététique, honnêtement, je ne vois pas comment je pourrais me laisser aller au grignotage !"
 
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