Coronavirus - À Amiens, des chercheurs travaillent à la conception d'un vaccin contre le COVID 19

À l'heure où l'obligation du port du masque dans les lieux clos sonne, les laboratoires, eux, travaillent d'arrache-pied pour trouver un vaccin. C'est le cas à Amiens, avec l’équipe AGIR de l'université de Picardie Jules Verne, spécialisée en agents infectieux, résistance et chimiothérapie.

 À Amiens, des chercheurs de l'Université Picardie Jules Verne travaillent à la conception d'un vaccin contre la COVID 19.
À Amiens, des chercheurs de l'Université Picardie Jules Verne travaillent à la conception d'un vaccin contre la COVID 19. © JOEL SAGET / AFP
"NANO-SARS-Cov-2". C'est le nom du projet auquel participent des scientifiques picards dans le but de trouver un vaccin face au COVID-19.
Il s'agit d'une réponse à l'appel lancé par l'ANS (Agence Nationale de Santé), pour l'élaboration de vaccins candidats face au coronavirus. Le projet proposé par François Helle, enseignant-chercheur à l'université de Picardie Jules Verne à Amiens, en collaboration avec l'équipe BioMAP de Tours, a été retenu et financé.
 

Dès l'apparition du coronavirus, le laboratoire AGIR, spécialisé en micro-biologie, a décidé de s'engager en créant un groupe spécial COVID. Une trentaine de scientifiques ont alors oeuvré. Biologistes, chimistes ou encore médecins, ont travaillé à l'élaboration de tests diagnostics entre autres, dans un premier temps.

 

Notre mission est de mimer la structure du virus pour l'injecter aux patients.

Etienne Brochot, co-porteur du projet "NANO-SARS-Cov-2"



Il y a deux mois, les Amiénois ont décidé de s'attaquer directement au virus : "Nous travaillons sur une stratégie un peu différente des autres. Notre principe, c'est de synthétiser la structure du virus, sans son génome, pour qu'il ne soit pas infectieux. Et d'ensuite l'encapsuler pour en faire un candidat vaccins. Il est ensuite injecté aux patients", explique Etienne Brochot, co-porteur du projet à Amiens. C'est donc un virus, mais non-infectieux, comme c'est déjà le cas pour l'hépatite B ou le papillomavirus par exemple. L'idée est de mimer le coronavirus. Le patient développe alors des anti-corps de l'infection naturelle et bénéficie donc d'une protection".
 

Une collaboration avec une équipe de Tours


Plus précisément, les membres de l'unité de recherche AGIR sont en charge de la production d'antigènes à un niveau semi-industriel, dans des conditions similaires aux conditions requises pour une production de grade clinique, toujours en collaboration avec l'équipe tourangelle: "À Tours, ils ont une stratégie, nous, on en a une autre. Il faut en tester plusieurs pour être certain qu'il y en ait une qui marche bien, même si nos deux équipes travaillent sur la production de protéines. Le principe de base est le même, mais pas la stratégie, pour ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier !"
 

La route vers un vaccin est encore longue.

Etienne Brochot, co-porteur du projet "NANO-SARS-Cov-2"


Mais avant de voir un patient bénéficier du vaccin, il faudra encore traverser de nombreuses étapes : "Si tout marche bien, vous pouvez être sur un développement de 6 mois à 1 an, mais ça peut vraiment être plus long ! On entend à droite et à gauche que des essais commencent mais tous n'iront pas jusqu'au bout !", explique Etienne Brochot.

D'autant plus que le laboratoire amiénois ne bénéficie pas de moyens humains supplémentaires et qu'il faut tout de même continuer à travailler sur les autres travaux en cours.
 
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