Coronavirus : ils rouvrent la cuisine d'un restaurant pour fournir des repas équilibrés aux équipes du CHU d'Amiens

En cette période difficile, des cuisiniers rouvrent la cuisine de leur établissement, pour concocter des petits plats équilibrés faits maison, au personnel hospitalier du CHU d'Amiens. Trois repas ont déjà été distribués gracieusement à ce jour.
Le bistrot La Peña prépare des repas pour les personnels soignants du CHU d'Amiens.
Le bistrot La Peña prépare des repas pour les personnels soignants du CHU d'Amiens. © Bistrot La Peña
Depuis les annonces du Premier ministre, tous les bars et les restaurants sont fermés au public. Pour s'en sortir, certains se sont mis à la vente à emporter. Beaucoup en profitent pour régaler ceux qui soignent.

Neal Spaadal et Thomas Vrel, eux, ont voulu aller plus loin et apporter leur aide au personnel soignant du CHU d'Amiens en leur offrant des repas complets et pleins de vitamines pour tenir le coup.

"On est deux amis d'enfance. On a fait la même école, celle de l'institut Paul Bocuse à Lyon. Thomas Vrel est le chef du bistrot de la Peña, du côté de la cathédrale et moi, Neal Spaadal, j'ai ouvert ma propre boîte il  n'y a pas longtemps, de chef à domicile et de cours de cuisine en attendant de monter mon restaurant. Je l'ai appelé. On était disponibles donc on a décidé de donner un coup de main et d'aller servir le CHU".
 Première étape, appeler les fournisseurs petits et grands. "On n'a eu aucun mal à les convaincre. explique Neal Spaadal. Metro, Mc Do et Auchan ont tout de suite répondu présent. Ils nous ont mis en relation avec la banque alimentaire parce qu'on n'est pas une association donc on n'est pas du tout capable de pouvoir récupérer les produits avec toute la traçabilité qui est nécessaire. Donc, on est passé par la banque alimentaire qui va nous livrer les produits sûrement jeudi".
 

Des hortillons solidaires

Mais sans les producteurs locaux, rien n'aurait été possible. "Perrine et Francis Parmentier, nos maraîchers nous ont donné plein de légumes des hortillonages. Il y a aussi la ferme de Guerquesalle qui nous fournit en veau et boeuf bio depuis le début de notre aventure !" note Thomas Vrel. 

Samedi, pour le premier jour, ils étaient quatre cuisiniers aux fourneaux. Au menu : salade de betterave et volaille avec une vinaigrette aux agrumes pour l'entrée, spaghetti bolognaise en plat principal, du fromage blanc aux poires en dessert et une boisson énergisante à la betterave, carotte et gingembre.

"Entrée, plat, dessert, on leur met plein de vitamines, plein d'antioxydants pour booster leur système immunitaire et surtout leur envoyer un instant gourmand et de relaxation pendant leur pause au CHU" précise Neal Spaadal.
 

Vigilance sur l'hygiène

S'il n'y avait pas assez de gants pour tous les cuisiniers le premier jour, tous ont pris soin de se laver les mains le plus souvent possible. Aujourd'hui, chacun travaille avec des gants, des masques et du gel hydroalcoolique en respectant le mètre de distance.

"On fait vraiment très attention. On a bien compris que c’était une clientèle sous haute surveillance, qu’on était là pour les aider et qu’il ne fallait surtout pas qu’il arrive un problème ou qu’il y ait une contamination. On est aussi dans une très grande cuisine. Chacun est à un poste de travail".
 

Un repas par jour en moyenne

En trois jours, trois repas ont été livrés, pour une moyenne de 50 à 60 personnes. Il faut compter 4 à 5h en cuisine et les repas sont prêts pour la livraison. 

"On va essayer de donner un repas par jour et on va se donner un jour de congé. Je pense qu'on va se prendre le dimanche en off parce qu'on a aussi nos familles dont on doit s'occuper. On tiendra le temps qu'il faudra tant qu'on aura des produits et des contenants. Nous, on a la motivation. Tant qu'il y aura des besoins, on sera là pour les soutenir".

La livraison se fait en respectant les mesures d'hygiène préconisées. "Les gens qui sont en relation avec le CHU viennent devant le restaurant. On ne les fait pas entrer dans le restaurant. Nous, on dépose tous les sacs repas à l’entrée et ils les récupèrent. Comme ça, on évite les croisements et les interactions au maximum".
 
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