Coronavirus - La relique de Saint Jean Baptiste vénérée à la cathédrale d'Amiens pour implorer son aide

Dimanche 26 avril, la relique d'une partie du crâne attribuée à Saint Jean Baptiste sortira exceptionnellement du trésor de la cathédrale d'Amiens. Elle sera vénérée par l'évêque de la ville, comme ce fut le cas lors de grandes épidémies. Mais cette fois, ce sera sans public pour cause de Covid-19.
La relique du chef de Saint Jean-Baptiste exposée dans le trésor de la cathédrale d'Amiens
La relique du chef de Saint Jean-Baptiste exposée dans le trésor de la cathédrale d'Amiens © FTV
Elle est conservée dans ce que l'on appelle le trésor de la cathédrale et ne sort que rarement. La relique du chef de Saint Jean Baptiste sera exposée exceptionnellement dimanche 26 avril à 17h.

Une cérémonie un peu particulière lors de laquelle l'évêque d'Amiens, Monseigneur Olivier Leborgne demandera de l'aide à Saint Jean Baptiste pour surmonter cette pandémie de coronavirus.
 
"On a décidé de faire cette exposition pour lui demander de protéger notamment les gens qui souffrent, ceux qui ont des proches en réanimation, mais aussi pour le personnel soignant en première ligne, explique Don Edouard, recteur de la cathédrale, il est de tradition, au cours des siècles, que les évêques organisent des processions autour de la sainte relique, c'était notamment le cas pour la peste au 17e siècle."

Confinement oblige, la bénédiction se fera sans public mais sera retransmise en direct sur Youtube et Facebook.

Ce geste de foi que constitue la vénération de reliques a été également effectué, vendredi 10 avril, par l'archevêque de Paris qui a décidé de vénérer la couronne d'épines dans une cathédrale Notre Dame vide, se remettant lentement de son incendie il y a tout juste un an. 
 

L'une des reliques majeures

La relique gardée précieusement au sein de la cathédrale d'Amiens représente une partie de la face de Saint Jean Baptiste, que l'on appelle également le Précurseur, parce qu'il a annoncé la venue de Jésus et l'a baptisé sur les bords du Jourdain. Ce crâne protégé par du cristal de roche, a été rapporté de Croisade en 1206 par Walon de Sarton, chanoine de Picquigny. Quinze ans plus tard, en guise d'écrin, on débutera la construction de la cathédrale.

"C'est l'une des reliques majeures de la chrétienté qui date du temps du Christ, indique Don Edouard. Il y a des gens qui viennent du bout du monde pour la voir, notamment des orthodoxes. Je me souviens d'une maman de Grèce qui était venue avec son enfant autiste, elle a fait tout ce trajet pour demander à Saint Jean-Baptiste de guérir son fils et s'est effondrée en larmes dans le trésor de la cathédrale."
 
Si aucune étude ne prouve que ces restes humains appartiennent bien au prophète, des experts en 1959 ont conclu qu'il s'agissait bien du crâne d'un homme ayant vécu il y a 2 000 ans dans l'Est du bassin méditerranéen. Selon le recteur de la cathédrale, une autre étude sera d'ailleurs prochainement menée par des scientifiques, sans pour autant ternir le symbole que cette relique représente pour les croyants.

"Ce qui est essentiel, c'est vraiment le signe qu'elle porte, confie Don Edouard, depuis toujours, les chrétiens ont un sens de la relique parce que cela évoque une personne, moi c'est comme mon grand frère et mon vœux c'est que son rayonnement se développe parce qu'il est un peu méconnu actuellement qu'on a cette relique assez exceptionnelle."
 
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