Covid-19 : les tests d'un traitement arrêtés au CHU d’Amiens "faute de preuve de son efficacité"

Depuis avril 2020, le CHU d’Amiens participe à un essai clinique européen destiné à tester des traitements expérimentaux pour lutter contre le coronavirus. Après l’hydroxychloroquine, c’est au tour du remdesivir d’être laissé de côté.

Il est arrivé en bout de course. Après un marathon de plusieurs mois et un départ fort prometteur, le Remdesivir - connu pour être prescrit pour soigner les patients atteints d’Ebola - a fini par s’avouer vaincu sans passer la ligne d’arrivée : il ne sera pas la solution miracle contre la covid-19. L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), qui chapeaute l’essai clinique européen Discovery à laquelle participe le CHU d’Amiens, a annoncé l’arrêt des tests, mercredi 27 janvier.

L'efficacité du traitement a été évaluée après 15 jours et mesurée sur l'échelle de référence de l'OMS. À la suite de cette évaluation, le DSMB a recommandé de suspendre le recrutement des patients dans le bras thérapeutique testant le Remdesivir.

Inserm

Les données intermédiaires de l'essai, portant sur 776 patients dont 389 font état d'un "manque de preuves de l'efficacité du remdesivir après 15 jours". D'abord retardée en l’absence d’un médicament, le fameux Remdesivir, l’étude basée sur le test de quatre traitements expérimentaux avait commencé courant avril.

L’essai Discovery se poursuit

Cet arrêt n’est pas vraiment une surprise au regard des premières conclusions partagées par l'OMS le 20 novembre 2020. L'organisation jugeait alors qu'il n'y avait "actuellement pas de preuve qu’il améliore la survie ni qu’il ne permette d’éviter d’être placé sous ventilation artificielle." L'OMS avait de ce fait déconseillé la prescription de ce médicament aux malades de la covid-19 hospitalisés tout en appuyant l'importance de poursuivre les tests.

Son comité d'experts, après analyse des conclusions publiées dans la revue médicale BMJ de quatre essais cliniques portant sur plus de 7000 patients évoquait alors "la possibilité d’importants effets secondaires" et soulignait le "coût relativement important et les implications logistiques" d’un médicament "administré par intraveineuse".

Si les tests sur ce traitement précis se terminent, l’essai Discovery se poursuit et ce "dans 80 centres de 14 pays européens afin d’évaluer une combinaison de deux anticorps monoclonaux ciblés sur le virus SARS CoV2", tient à préciser l’Inserm.

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