"Il y a encore du travail à faire pour reconnaître nos droits", des milliers de personnes à la marche des fiertés d'Amiens

La marche des fiertés d'Amiens a attiré des milliers de personnes ce samedi 29 juin 2024. Parmi les revendications : une garantie du respect de leurs droits, une meilleure prise en charge des personnes trans et la liberté de pouvoir vivre loin de la peur.

À Amiens, les manifestants de la marche des fiertés ont occupé l'espace pour leurs droits, "pour avoir l'occasion de se libérer de toute la haine qui tourne autour de nous", lance Dylan, 16 ans. Homme trans, il veut que tout le monde puisse "exprimer ce qu'on ressent, avoir nos droits, nos libertés, être nous-mêmes, avoir le droit d'aimer et exprimer simplement nos sentiments à travers toutes ces couleurs et toute cette joie".

Lui et Noéline, 15 ans, ont marché dans les rues avec des milliers d'autres personnes pour être visibles, à l'heure où les droits LGBT reculent dans de nombreux pays du monde. En France, si ceux-ci sont en partie garantis, "il reste énormément de travail, justement  parce que beaucoup de personnes n'ont pas la mentalité assez élevée, je dirais, pour nous accepter tels que nous sommes", abonde Noélie. 

"On n'a pas choisi, nous sommes nous-mêmes"

Dylan souhaiterait de meilleurs droits, notamment pour les mineurs qui voudraient entreprendre une transition. Aussi, il voudrait que dans les établissements scolaires, privés ou publics, chacun soit libre de se genrer comme il le souhaite, mais "c'est super compliqué et généralement, ce n’est pas accepté". Il voudrait également qu'on laisse aux personnes trans la liberté de vivre. "On n'a pas choisi, nous sommes nous-mêmes, on n'a pas choisi d'être différents, parce que ce serait génial d'être un homme cis" (une personne dont le genre correspond au sexe qui lui a été assigné à la naissance). 

Auparavant, l'adolescent a eu du mal à accepter sa transidentité et a vécu du harcèlement. "Avant, je me sentais vraiment mal, mais aujourd'hui, je me dis que je suis moi-même et je n’en ai rien à faire de votre avis. Au final, ce sont eux qui ont perdu à me juger".

Noéline, de son côté, affirme que "chacun a sa propre mentalité, mais ce n'est pas une raison pour exposer ses pensées aux autres. Il y en a qu'il faut garder en soi pour ne pas blesser parce que ça peut mener à une accumulation de choses chez certaines personnes. Il peut se passer énormément de problèmes derrière et on ne se rend pas compte de la charge que ça peut faire sur une seule personne". Elle aussi a vécu "beaucoup" de harcèlement.

Lutter pour la liberté

Zac, homme trans, s'est déplacé pour soutenir et être solidaire à la marche, "surtout en ce moment, avec tout ce qui se passe dans le monde". Il note qu'il est important de manifester et de revendiquer ses droits. "Et c'est un moment de joie, de bonheur, on rigole, il y a une bonne ambiance, plein de musique, c'est génial", se réjouit-il. L'ambiance festive ne fait aucune ombre aux raisons de sa venue et à l'importance qu'il met dans ce combat. Il souligne que les personnes LGBT n'ont pas encore tous leurs droits, "ça, c'est inacceptable, tout le monde devrait être égal et avoir des droits". 

Les premiers concernés ne sont pas les seuls à s'être déplacés. Les alliés sont aussi venus en nombre. C'est le cas de Diane, son mari et leur fille de cinq ans. "On est dans une société égalitaire en droits, insiste-t-elle. Qu'on soit racisé, gay, lesbienne, trans, ça n'a pas d'importance : on fait société". Elle essaie de se rendre le plus régulièrement possible aux marches des fiertés "parce que c'est important. Dans les écoles, il y a des familles homoparentales qui sont des familles comme les autres".

Aussi, il est essentiel pour elle de venir soutenir ses concitoyens "qui peuvent se sentir peut-être plus fragiles. Ce n'est pas évident d'être gay, même dans son travail, dans le privé. Il y a encore des gens qui le cachent et c'est important de dire qu'on est là et qu'on soutient". 

Elle est d'ailleurs bien consciente que des parents ont peur des changements sociaux pour leurs enfants. À ces personnes, elle répond : "je suis très fière de ma fille, elle a cinq ans et demi. Elle sait ce que c'est le consentement, elle sait que deux hommes qui s'aiment ou deux femmes qui s'aiment, c'est bien et ce n'est pas grave. Je suis fière d'apprendre à ma fille qu'on aime les gens pour qui ils sont, pas pour ce qu'ils représentent ou ce qu'ils ne sont pas", conclut-elle. 

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