ENTRETIEN. L'Amiénois Synthé, vice-champion du monde du jeu vidéo Clash of Clans

L'équipe française MCES lors de leur victoire à Katowice (Pologne) en juillet 2019, composée (de gauche à droite) de Lenaide, Synthé, Eryam, Hugo Stiglitz et Tryhard. / © Piotr Kordys / ESL
L'équipe française MCES lors de leur victoire à Katowice (Pologne) en juillet 2019, composée (de gauche à droite) de Lenaide, Synthé, Eryam, Hugo Stiglitz et Tryhard. / © Piotr Kordys / ESL

Connaissez-vous Clash of Clans ? Le premier championnat du monde consacré à ce jeu mobile se tient à Hambourg (Allemagne) du 25 au 27 octobre, pour lequel est qualifié l'Amiénois Synthé, alias Laudry Billard, membre de l'équipe française MCES. Il raconte comment il se prépare à cette compétition.

Par Valentin Pasquier (et ML)

[Mise à jour du 28/10/19 : L'équipe de l'Amiénois Laudry Billard, MCES, a remporté la seconde place au premier championnat du monde de Clash of Clans. L'événement s'est achevé le 27 octobre, après trois jours de compétition à Hambourg, en Allemagne. Le titre revient à l'équipe hongkongaise de Nova Esports.]
 


Originaire d'Amiens, Laudry Billard participe à un championnat du monde à Hambourg en Allemagne ce 25 octobre. La discipline de cette compétition ? Le jeu vidéo pour mobile Clash of Clans, sorti en 2012. Dans ce jeu, les joueurs doivent envoyer des vagues de soldats afin de provoquer le plus de dégâts dans le village de l'adversaire. Puis, lorsque les rôles s'inversent, il doit construire pour son village des défenses adaptées afin de résister au mieux à l'assaut ennemi.

Qualifié avec ses quatre compatriotes de l'équipe française MCES, le Picard de 22 ans devra affronter des Japonais, des Coréens ou encore des Brésiliens afin de gagner ce championnat du monde et remporter les 250 000 dollars de récompense. Avant la compétition, Synthé s'est retrouvé à Marseille avec son équipe pour une semaine de préparation et d'élaboration de stratégie. Il a accepté de répondre à nos questions avant de partir à Hambourg.

 
Dans Clash of Clans, le joueur doit attaquer le village adverse à l'aide de troupes aux caractéristiques différentes (terrestre, volant, rapide, puissant, etc.). Le défenseur doit bâtir des protections adaptées aux points faibles de l'attaquant afin qu'il ne réduise pas son village en poussière. / © Boris Horvat / AFP
Dans Clash of Clans, le joueur doit attaquer le village adverse à l'aide de troupes aux caractéristiques différentes (terrestre, volant, rapide, puissant, etc.). Le défenseur doit bâtir des protections adaptées aux points faibles de l'attaquant afin qu'il ne réduise pas son village en poussière. / © Boris Horvat / AFP



• Que faisais-tu avant de devenir joueur professionnel et comment as-tu découvert ce jeu ?

Synthé : J'ai commencé un BTS comptabilité à Amiens que je n'ai pas mené à terme, puis je suis parti étudier en STAPS dans le but de devenir professeur d'EPS. J'ai manqué de motivation, alors j'ai abandonné quand j'ai eu l'occasion de passer joueur professionnel.

J'ai découvert le jeu il y a cinq ans. De base, je suis quelqu'un qui adore la logique, et l'aspect social du jeu, mener des guerres avec d'autres joueurs, m'a plu. J'ai tout de suite accroché. À l'époque, j'organisais des guerres de clans (à savoir des matches par équipe, NDLR) au sein de ma classe.


• Comment es-tu devenu joueur pro de Clash of Clans ?

Je jouais régulièrement et j'ai participé à des tournois organisés par l'éditeur (le studio finlandais Supercell, NDLR). Je me suis vite fait repérer comme étant l'un des meilleurs joueurs français.

Et puis il y a quelques mois, j'ai eu l'occasion de passer un contrat professionnel chez MCES, une structure d'e-sport. Avec l'équipe qu'ils ont monté, on a remporté des tournois, notamment les qualifications du championnat du monde à Katowice (Pologne) cet été. Je vis toujours à Amiens, mais il m'arrive régulièrement d'aller au siège de MCES à Marseille pour l'entraînement.

 


• Justement, comment te prépares-tu à ce championnat ? Tu connaissais déjà les autres joueurs de ton équipe ?

Vu qu'on se trouve tous au top niveau français, à force de jouer, on s'était déjà confronté dans le jeu. À Marseille, on se retrouve tous les cinq avant chaque tournoi pour travailler notre collectif. On se lève de bonne heure, on a une nourriture adaptée, on a deux séances de sport par semaine.

Sinon, pour les entraînements au jeu, on est plutôt en autonomie avec notre manager, avec qui on travaille nos stratégies en fonction des équipes que l'on rencontre. À Marseille, on a par exemple préparé les villages que l'on va devoir défendre contre les autres équipes du championnat de Hambourg. Récemment, on a reçu la visite d'un cabinet d'expertise du sport, qui nous a fait passer des tests sur notre posture lors du jeu, nos réflexes, notre cardio, afin d'optimiser nos performances.

 


Comment se déroule ce championnat d'Hambourg ? Il y a des adversaires que vous craigniez particulièrement ?

Ça commence aux quarts de finales jusqu'à la finale. Les joueurs de chaque équipe ont chacun une attaque, tour à tour, contre un village ennemi, en alternance. Ça fait 10 attaques en tout. Les villages qu'on attaque nous sont dévoilés une heure avant, ce qui permet d'adapter notre stratégie. L'équipe gagnante du match sera celle qui aura cumulé le plus de dégâts dans les villages adverses (le jeu note ces dommages avec des étoiles, NDLR) au cours de ses attaques.

On commence la compétition face aux Japonais du clan Queen Walkers. À ce niveau, chaque joueur sait à peu près tout jouer (le jeu propose une multitude de défenses et de troupes qui ont chacun des points faibles particuliers, NDLR) mais on sait à peu près quelles peuvent être leurs faiblesses. Parmi les adversaires les plus coriaces, je pense qu'on aura plus de mal avec Tribe Gaming ou les Coréens de Vatang.

 
Laudry Billard, alias Synthé, à Katowice (Pologne) en juillet 2019. / © Piotr Kordys / MCES
Laudry Billard, alias Synthé, à Katowice (Pologne) en juillet 2019. / © Piotr Kordys / MCES


• Des proches viennent vous voir ? Il y aura du monde pour l'événement ?

Malheureusement c'est compliqué pour nos proches de venir à Hambourg. On a un match par jour et donc, dans le pire scénario, si on est éliminé dès notre premier match, ils pouvaient courir le risque de payer des billets de transports et l'entrée à l'événement juste pour nous voir jouer une heure ! Mais quelques joueurs et streamers (personnes qui diffusent en direct des parties de jeux vidéo, NDLR) ont prévu de venir nous supporter.

Il y aura plusieurs milliers de personnes et il faut apprendre à gérer son stress. Quand tu lances une attaque et que tu peux complètement faire perdre ton équipe, il faut assumer (rires) !

►Pour suivre la performance de Synthé et de ses coéquipiers à Hambourg, rendez-vous sur la chaîne Twitch de Clash of Clans le vendredi 25 octobre à partir de 9h30.
 

Sur le même sujet

Les + Lus