JO de Paris 2024. Mewen Tomac monte en puissance à l’international : "Je ne suis pas le genre de personne qui aime rester derrière"

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Mewen Tomac a changé de statut en une semaine lors des championnats d'Europe de natation petit bassin, en Roumanie. Il est allé chercher ses premières médailles internationales en individuel, lors des courses en dos (50 m, 100 m et 200 m). De bon augure avant les Jeux olympiques 2024.

"Mewen est tout simplement dans la continuité de son travail, de son évolution", explique Mathieu Neuillet, l'entraîneur du nageur Amiénois, devenu double champion d'Europe en petit bassin, à huit mois des Jeux olympiques 2024 de Paris. "Les championnats d'Europe viennent uniquement confirmer sa progression sur ce niveau de complétion."

Jérémy Stravius, médaillé d'or du 100 m dos grand bassin en 2011, note aussi le changement effectué par son ancien coéquipier à l'Amiens Métropole Natation (AMN). "Mewen Tomac était habitué à performer aux [championnats de] France, mais ne concrétisait pas sur les championnats internationaux", en termes de podiums.

Je ne pouvais pas vraiment rêver mieux

Mewen Tomac, double champion d'Europe de natation petit bassin

Le 7 décembre 2023, Mewen Tomac avait à son palmarès de multiples titres de champion de France, mais n'avait pas encore goûté aux joies d'une médaille internationale. Depuis le 10 décembre, son compteur international s'est bien débloqué : quatre médailles, dont deux titres. Un palier franchi haut la main. "C’est vraiment cool. Je ne pouvais pas vraiment rêver mieux, à part gagner le 200 dos, mais ça ne se joue à rien et je fais le record France".

S'il ne figurait pas sur les remises de médailles à ce niveau-là, le nageur d'Amiens ne cessait d'améliorer ses chronos. 5e des championnats du monde grand bassin en 2022 en 1'56''39, puis 4e cet été en 1'55''79, sur 200 dos. Être sur la boîte au niveau européen n'est donc pas "une surprise", résume Mathieu Neuillet.

Avant cette dernière récompense, le dimanche 10 décembre, l'Amiénois a siégé sur la plus haute marche du podium, lors du 50 m dos, le mercredi 8 décembre et sur 100 m dos, deux jours plus tard. "Le travail porte ses fruits", dit l'intéressé, "ça prend du temps parfois". Une récompense pour "le bosseur", note Jérémy Stravius. 

Je ne suis pas le genre de personne qui aime rester derrière

Mewen Tomac, double champion d'Europe petit bassin

Avant d'être sous les projecteurs, Mewen Tomac a appris dans l'ombre des anciens qui l'ont toujours poussé. À l'entraînement, Jérémy Stravius se souvient : "Des fois, je poussais un peu en lui disant 'allez, passe devant'. Mais "ça a vite changé" dit Mewen en souriant. "Je ne suis pas le genre de personne qui aime rester derrière."

Un gros travail de préparation

Lors des championnats d'Europe,"j'ai montré que j'étais là". Il le doit au travail mental qu'il a effectué la saison dernière. Il a appris à aborder les courses, gérer les émotions et à se remettre focus, comme après le premier titre en 50 dos.

Lors du premier sacre, il s'est dit "enfin, j'ai quelque chose". Et il a dû replonger dans sa routine et rester concentré sur les courses suivantes. Briller en 50 m est une petite surprise, car ce n'est pas son format de prédilection, pas la course sur laquelle il peut "aller au bout de lui-même", comme il dit. "C'est là course qu'on n'aurait pas visé. Et finalement, il a trouvé les solutions pour gagner. C'est ça faire partir des meilleurs", exprime Mathieu Neuillet.

S'il évoque avoir "kiffé" toutes ses courses, ses deux premières marseillaises resteront "gravées" dans sa tête.

Les Jeux, ça donne envie de nager vite

Mewen Tomac, double champion d'Europe petit bassin

"La tête sur les épaules", selon Jérémy, le nageur de l'AMN monte sur ses premières marches internationales au bon moment. À huit mois des Jeux olympiques de Paris 2024. Pour Mathieu Neuillet, désormais, "son statut va changer auprès de ses adversaires, mais également pour lui, dans sa perception des choses. Automatiquement vous allez vous rendre aux Jeux olympiques avec une autre attention, une autre ambition."

 "Ce sont les choses sérieuses qui commencent", abonde Mewen Tomac. L'Amiénois va vite devoir se projeter dans les compétitions grand bassin, avec pour principal rendez-vous les Jeux olympiques 2024, à Paris. Il devra avant valider sa qualification lors des championnats de France, en juin. Ce qui ne fait aucun doute pour Jérémy Stravius. "Les Jeux, ça donne envie de nager vite", imagine celui qui rêve d'une médaille à la maison, devant son public.

L'ancien champion du monde estime qu' "il mérite" de réussir. Les deux dossistes échangent beaucoup par messages. Ils se sont connus à Amiens, un club dans lequel Mewen grandit depuis huit ans. "On est vraiment très soudés. C’est ce qui fait que notre groupe marche pas mal".

Une évolution commune avec son entraîneur

Une structure dans laquelle il se "construit" avec Mathieu Neuillet. Son entraîneur se remémore. "Il est arrivé sur Amiens à 15 ans. Depuis ce temps-là, tous les étés, on est parti sur les échéances internationales. Un, ça m'a permis de le voir évoluer au sein de ce complexe. Deux, ça m'a permis également à moi d'évoluer. Tout ça nous a permis d'évoluer l'un et l'autre, aussi bien dans notre vision et dans notre exigence du haut niveau."

La prochaine étape de Mewen Tomac, sur la route des Jeux de Paris, est un futur stage de développement en altitude à Font-Romeu. Afin de travailler l'endurance et profiter des bienfaits de l'altitude. Avec dans un coin de la tête, l'envie de rejoindre d'autres sommets en juillet prochain.

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