La classe de CM2 de l'école St Acheul d'Amiens remporte le 1er prix du concours chés tchots pour la sauvegarde du picard

Ecrire, écouter, dessiner et chanter en Picard. Les élèves de CM2 d'une école d'Amiens l’ont fait et ont remporté haut la main le 1er prix du concours chés tchots, organisé par l’Agence régionale de la langue picarde.
Les élèves de la classe de CM2, lauréats du concours chés tchots présentent fièrement leurs travaux
Les élèves de la classe de CM2, lauréats du concours chés tchots présentent fièrement leurs travaux © Angélique De Pooter

L’année se termine en beauté pour une classe de CM2 de l’école Saint Acheul à Amiens. Les élèves d’Angélique De Pooter ont remporté le 1er prix du concours chés tchots.

"Tout est parti d’une lecture en classe où on parlait de chés cabotans. Elle a beaucoup plu aux élèves qui ont fait des enquêtes pour savoir si dans leur famille on parlait encore picard. On s’est alors dit qu’il était intéressant de découvrir cette culture méconnue et on est parti sur le concours picard chés tchots".

Organisé par l’Agence régionale de la langue picarde, ce concours est ouvert à toutes les écoles du cycle 3 de la Région Hauts-de France.

Ainsi, de manière ludique, les écoliers découvrent la langue picarde et le patrimoine culturel de leur région. Quarante classes se sont inscrites, trente ont participé à cette première édition.

"On voulait qu'ils soient fiers de leur territoire"

"On peut dire que c’est un succès, se réjouit Olivier Engelaere, directeur de l’Agence régionale de la langue picarde. L’idée avec ce concours était d’aller vers les primaires car après ils vont pouvoir continuer au collège. La seule manière pour pouvoir espérer que le picard soit assuré dans l’avenir, c’est l’école. La transmission familiale est soit terminée soit a disparu".

Ce concours se décline en trois épreuves, accessibles en ligne et sous forme de jeux : un texte à compléter grâce au vocabulaire donné, un dessin à réaliser en écoutant les consignes en picard et une chansonnette à interpréter à cappella en groupe.

"On voulait développer les 3 compétences de base. Dans les familles où ça parle Picard, les jeunes rejettent ce patrimoine. Tous les présupposés qu’on a sur la langue sont des stéréotypes. Ce sont des vrais handicaps dans la région. On voulait qu’ils soient fiers de leur territoire".

Motivés et investis, les élèves d’Angélique De Pooter se sont bien pris au jeu. "On a bien rigolé, ça a été fait avec plaisir, surtout quand les enfants essayaient de prononcer en picard, se souvient l’enseignante. Certains ont essayé avec leurs grands-parents. Ils ont réveillé quelque chose dans les familles. On a travaillé sur un imagier bilingue et avec le dictionnaire envoyé par l’agence. Pour faire le dessin, nous avions des petites vidéos de personnes qui donnaient les consignes en picard. Chaque élève a fait le dessin pour la compréhension et on a fait un vote pour savoir lequel on envoyait à l’agence. Pour la chanson, ils ont choisi le ‘petit quinquin'".

Composé d’anciens enseignants et de spécialistes de la langue picarde, le jury a établi son palmarès :

À la réception par courriel des résultats, Angélique De Pooter choisit de projeter la réponse à ses élèves. "Quand ils ont vu qu’ils étaient gagnants, ils ont explosé de joie au point de surprendre la classe d’à côté ! Ça a été une grande fierté". 

Lundi 5 juillet, l’Agence régionale de la langue picarde récompensera tous chés tchots de la classe d’Angélique à l’école St Acheul par la remise d’un trophée. Les heureux lauréats mais aussi les 2 autres classes de CM2 et les 3 classes de CM1 assisteront à un spectacle proposé par la Compagnie Picaresk. Au programme, musique, chansons en picard et marionnettes traditionnelles à tringle et à fils.

Et pour que l’aventure ne s’arrête pas là, l’enseignante a fait une proposition pour mettre en place un atelier périscolaire à la rentrée prochaine, le club picard. "Le but est de travailler autour de la langue picarde, pourquoi pas avoir un rituel comme de se donner la date, la météo, des choses simples de la vie quotidienne en langue picarde".

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
culture patrimoine