Le contexte socio-économique et la pénurie de carburants ont fait chuter les dons et réserves de sang à l’EFS

L’établissement français du sang (EFS) a enregistré 10 % de donneurs de sang en moins ces dernières semaines dans les Hauts-de-France. Une tendance nationale. Conséquence : les réserves de dons ont chuté. Une baisse qui s’explique par un contexte économique morose et la pénurie de carburant.

Les actualités ont régulièrement un impact sur la fréquentation des collectes. Vacances, grèves ou encore météo peuvent perturber la vie des Français et donc des donneurs. Ces dernières semaines, c’est la pénurie de carburant qui serait en cause, d’après l’établissement français du sang (EFS). Un nombre important de donneurs se sont vus dans l’obligation d’annuler leur rendez-vous dans les centres, faute de pouvoir se déplacer. En conséquence, les réserves de sang ont rapidement chuté. "Dans ces moments de baisse de fréquentation, l’EFS ne peut pas compter trop longtemps sur ses réserves car les produits sanguins ont une durée de vie courte. Il faut collecter 10 000 dons chaque jour", explique Hervé Meinrad, directeur de la Collecte et de la Production à l’EFS.

Un manque de sang pour les urgences

La durée de vie des produits sanguins est limitée à 7 jours pour les plaquettes et 42 jours pour les globules rouges. Le prélèvement doit donc être régulier car les besoins sont constants.

Le bassin lillois, qui est habituellement un bon élève avec un vivier important de donneurs, se retrouve lui aussi en situation de fragilité. "Il était prévu qu’on collecte 561 poches de sang la semaine du 3 octobre, à la maison du don de Lille, mais nous n’en avons prélevé que 469. Une différence énorme. Ça implique un manque de sang pour les urgences à terme car nous n’avons plus que 10 jours de stock", indique Annick Remy, responsable du bassin lillois à l’EFS. Ces stocks de sang sont cédés aux laboratoires, aux centres de santé, aux hôpitaux pour soigner des patients pour lesquels les transfusions sanguines représentent l’unique réponse thérapeutique, pour les accidentés de la route en cas d’hémorragies, les patients souffrant de cancers, de maladies génétiques, de leucémies...

Sur tout le territoire français, le stock ne cesse de baisser depuis début octobre. À l’heure où l’EFS devrait compter plus de 100 000 poches d’hémoglobine, il n’en a enregistré que 89 000.

Une baisse de dons malgré la présence de l'EFS sur tout le territoire

D’après la responsable des prélèvements du bassin lillois, le contexte social et économique est en cause. "Nous avons l’habitude d’observer une baisse des dons à chaque rentrée mais les chiffres se rééquilibrent rapidement. Cette année, c’est alarmant. On a eu une baisse significative des dons par rapport à nos prévisions. Ce qui est très rare à cette période. C’est lié à la morosité ambiante, les problèmes économiques des ménages qui empêchent les gens de se rendre dans nos centres. Je comprends qu’ils préfèrent garder de l’essence pour aller chercher leurs enfants à l’école", détaille Annick Remy.

"Le niveau de nos réserves est fragile"

Même constat à l’EFS d’Amiens. La fréquentation de la maison du don, en centre-ville, est en baisse et les collectes mobiles en zones rurales sont très peu sollicitées par les donneurs. La semaine dernière l’EFS de Picardie avait une prévision de 1 050 poches. Elle n’en a réalisé que 960 malgré sa présence sur tout le territoire picard. La maison du don à Amiens est ouverte toute la semaine et le samedi matin et deux collectes mobiles sont organisées chaque jour en Picardie. "Le niveau de nos réserves est fragile. Nous avons un manque à gagner. On se sent désemparés avec ce faible afflux de donneurs et ce malgré tous nos efforts pour les mobiliser. Il ne faut pas que la situation perdure", s'alarme Pierrick Pihan, chargé de développement et de promotion du don EFS en Picardie.

Pour sensibiliser les donneurs, l’EFS se renouvelle avec de nouvelles communications sur les réseaux sociaux, à destination des jeunes. "Avec ce type de messages, on espère mobiliser les jeunes, la génération Millénium qui est difficile à attirer car nous avons vraiment besoin d’eux. Il faut donner régulièrement. On insiste aussi sur les dons de plasma parce que pour cette collecte, nous ne sommes pas autosuffisants. Nous achetons du plasma à l’étranger", affirme Annick Remy.

L’EFS espère que la période des congés permettra aux donneurs de se rendre disponibles. Pour mettre toutes les chances de leur côté, Les maisons du don de la région, fermées le mardi 1er novembre seront ouvertes le samedi 5 novembre toute la journée de 8h à 18h.

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