"Légende du cabaret", "homme libre", "figure de la tolérance" : les réactions au décès de Michou

Michel Catty, originaire d'Amiens, est mort dimanche 26 janvier après avoir été victime d'un malaise respiratoire quatre jours plus tôt. L'annonce de sa disparition a suscité de nombreuses réactions, notamment dans les milieux politiques et artistiques. 

Michou, interviewé à l'occasion des 50 ans de France 3 Picardie, en 2017.
Michou, interviewé à l'occasion des 50 ans de France 3 Picardie, en 2017. © FTV
Décédé le 26 janvier à l'âge de 88 ans, Michel Catty, dit Michou, a dirigé pendant plus de 60 ans l'un des cabarets les plus connus de Paris. Les "Michettes" et leurs imitations de stars ont contribué à fonder une icône des nuits parisiennes, au même titre que la personnalité et style exubérant de son fondateur, originaire d'Amiens. Dans les heures qui ont suivi l'annonce de sa mort par son attaché de presse, de très nombreuses personnalités ont décidé de rendre hommage au "prince bleu de Montmartre".

A Paris

L'une des premières à réagir publiquement, l'association "La République de Montmartre" s'est dit, par le biais d'un communiqué signé par son président, "orpheline". "[Sa] grande générosité pour les anciens, les P’tits Poulbots et beaucoup d’autres causes était sans limites", rappelle-t-elle. Chaque mois, le patron invitait des personnes âgées du quartier dans son cabaret. 
 
La maire de Paris, Anne Hidalgo, a de son côté salué "une immense figure de la tolérance, du cabaret et de la nuit parisienne", tandis que le député LREM de la 13ème circonscription de Paris, Hugues Renson, loue "un homme d'engagement, de fête et de tolérance". 
 

 

Par les cabarets


Avec le Lido, le Crazy Horse et le Moulin-Rouge, le Cabaret Michou est resté l'un des symboles les plus connus des nuits parisiennes, malgré l'étroitesse des locaux. L'établissement de l'avenue George V évoque la disparition d'une "vraie légende du cabaret français, inspirant et visionnaire pour tant de générations".
 


Dans l'industrie du spectacle

Depuis 1956, de très nombreuses personnalités sont passées par le 80, rue des Martyrs, où elles étaient parfois imitées, pour prendre une photo avec "le roi de la nuit" ou chanter avec lui. Les réactions se sont donc multipliées dans l'après-midi, à commencer par celle de Line Renaud pour qui "Michou, c'était Paris".
 

 

 

 


Personnage récurrent de ses spectacles, Mireille Mathieu a déclaré : "Michou restera l'icône du cabaret parisien". "Enjoué, plein d'humour, il était entouré des meilleurs transformistes qui imitaient à la perfection et sans vulgarité les artistes, ajoute-t-elle. Son cabaret était l'endroit incontournable des nuits et des fêtes parisiennes."


De la part de militants pour les droits des personnes LGBT


Michou se définissait lui-même comme "l'homosexuel le plus connu de France". "J'ai la chance d'être un homosexuel notoire et aimé, développait celui qui, en 1956, a créé l'un des premiers shows institué de divertissement transformiste de l'après-guerre. Partout, on me reconnaît et on me salue avec beaucoup de gentillesse." Pour le co-président de l'association Urgence Homophobie, c'est "une figure emblématique de la population LGBTI parisienne" qui s'en est allée, tandis que l'élu parisien et militant Jean-Luc Roméro-Michel rend hommage au "passionné de la vie, l'homme libre et fier qu'il fut". 

   

A Amiens


Né à Amiens en 1931, Michel Catty s'était installé à Paris à l'âge de 17 ans. Il y avait d'abord dirigé un bar, devenu après un défi un jour de Mardi-Gras l'hôte récurrent de shows transformistes. A l'occasion des 60 ans du lieu, en 2016, Michou rappelait qu'il était à la fois "un vrai titi" et "un petit gars de Picardie". 

Une fierté de ses racines que Brigitte Fouré, maire (UDI) d'Amiens, a tenu à rappeler à France 3 Picardie : "Il aurait pu se dire : "Après tout, je fais carrière dans la nuit à Paris et j'oublie immédiatement d'où je viens." Et non. Il n'oubliait pas le quartier Saint-Leu, précisément, d'où il venait. Il avait toujours cet attachement. Tous ceux qui l'ont bien connu m'ont dit que, quand on venait dans son cabaret et qu'on indiquait qu'on était d'Amiens, on avait un sort particulier."
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
décès spectacle vivant culture
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter