Parcoursup 2020, au banc d'essai des lycéens d'Amiens

La plateforme d'admission post-bac, Parcoursup a ouvert mercredi 22 janvier / © PA LECLERCQ/FTV
La plateforme d'admission post-bac, Parcoursup a ouvert mercredi 22 janvier / © PA LECLERCQ/FTV

Depuis mercredi 22 janvier, la plateforme post-bac, Parcoursup version 2020 est ouverte. Comme tous les élèves de terminale en France, les lycéens d'Amiens s'apprêtent à formuler leurs voeux. Ils racontent ce qu'ils pensent de cette plateforme qui fait beaucoup parler.

Par Paul-Antoine Leclercq

Top départ ! Les inscriptions sur Parcoursup sont ouvertes depuis mercredi 22 janvier. Lancée le 15 janvier 2018 pour remplacer le très décrié, APB (Admission Post-Bac), cette plateforme est destinée à recueuillir puis gérer les voeux des lycéens, en vue de leur affectation dans un établissement de l'enseignement supérieur français. 

Plus égalitaire

"Déjà, c'est mieux que APB, estime Yohan, élève de terminale ES au lycée de la Sainte-Famille à Amiens. APB c'était vraiment aléatoire donc c'était pas juste". La création de Parcoursup est justement née, de la volonté du gouvernement de mettre au fin au tirage au sort, utilisé parfois par les universités sur l'ancienne plateforme et jugé inégalitaire. 
 


Devant le lycée de la Sainte-Famille, l'inscription à Parcoursup est sur toutes les lèvres. Une dizaine de lycéens sont agglutinés devant l'entrée. "Je me suis inscrit et j'ai déjà mis quatre voeux", raconte Yohan, tout sourire. "Et toi, tu t'es inscrit quand ? lance-t-il à Matteo, son camarade de terminale ES, veste en jean sur les épaules. "Je me suis inscrit ce matin, en cours de math". Éclats de rire dans l'assemblée. Il détaille : "J'ai aussi mis quatre voeux, en fac de droit à Assas, la Sorbonne, la Catho Lille et Amiens". 
 
© PA LECLERCQ / FTV
© PA LECLERCQ / FTV

De son côté Rosalie est beaucoup moins enjouée : "Je trouve dommage que toutes les écoles ne soient pas référencées sur Parcoursup". Rosalie est en terminale L. Elle souhaite poursuivre ses études dans le domaine de l'art. "Pour les études d'art, Parcoursup ça me saoule, peste-t-elle. Il n'y a pas grand chose...". 
 


Devant le lycée Luzarches à quelques mètres de là, "Parcoursup" fait aussi réagir. "Je vais m'inscrire ce soir", avance Lily en terminale ES, qui espère être prise en fac de psychologie l'année prochaine. 

D'autres, beaucoup moins patients, ont franchit le cap et se sont inscrits dès l'ouverture de la plateforme, comme Léo, une lycéenne de 17 ans en terminale L : "Je voulais voir comment  fonctionne la plateforme pour formuler les voeux", explique-t-elle. 
 

 Des lycéens bien accompagnés 

"Avec Parcoursup, c'est quand même notre avenir qui se joue", fait remarquer Clément anxieux, devant le lycée de la Sainte-Famille. Un enjeu important pour des jeunes de 17 ou 18 ans, jetés dans le grand bain des démarches administratives. "Ce qui est bien, c'est que toutes nos informations sont déjà pré-remplies par le lycée. C'est déjà ça en moins", apprécie Clément.

"Ici [au lycée la Sainte-Famille, NDLR], on est vraiment accompagnés, on a pas mal d'aide, appuie Matteo. Ce matin, on a passé une heure à en parler en cours. Ça réduit le stress ! Je pense que dans certains établissements où ils ne dirigent pas les élèves, ça peut être une dose d'inquiétude en plus. C'est vrai qu'ici on a de la chance". 

"Donner la meilleure image aux écoles"

Même son de cloche au lycée Luzarches : "Mardi [la veille de l'ouverture des inscriptions, NDLR], on a eu une intervention de la conseillère d'orientation, raconte Léo. C'est vraiment une bonne chose qu'on ait eu cette conférence, parce qu'il y a plein d'informations qui nous avaient échappées. C'est vraiment pas clair". Elle rajoute "On est hyper jeunes, donc pour savoir ce qu'on veut faire et dans quoi on veut s'engager, c'est compliqué."

Léo est conscient de l'importance que revêt le dossier Parcoursup pour son avenir. Elle veut se donner toutes les chances d'être acceptée dans une école. Une pression en plus en cette année du bac."On veut donner la meilleure image de nous aux écoles [dans le dossier, NDLR]. Donc il ne faut pas faire un pas de travers, c'est vachement stressant". 
 

Peur de l'erreur informatique 

Parce que si Parcoursup est censé avoir corrigé les erreurs d'APB, la plateforme n'en reste pas moins perfectible. "Les dernières années, les sélections ont été hyper dures. Il y a plein de gens qui se sont retrouvés sans projets...", déplore Léo. "Vu que c'est un algorithme qui fait tout, il n'y a pas de contact humain, regrette Matteo. On pourrait se dire que si ça se trompe, on se fait avoir". Clément aussi est pessimiste : "Je suis sûr qu'il y aura plein de personnes de notre d'âge qui vont se retrouver sans rien..."

Parcoursup plus stressant que le bac

Pour Léo, Parcoursup peut poser des problèmes d'égalité : "Je pense que pour certaines personnes, ça peut être compliqué. Le fait que toutes les démarches se fassent en ligne... Il y a des gens qui n'ont pas un accès facile à internet. Ça peut poser problème", juge-t-elle. 
 

Les élèves de terminale sont conscients de l'importance de leur orientation. Parcoursup angoissant ? Les lycéens se disent en tout cas plus stressés par Parcoursup que par le bac. "On sait qu'on l'aura, il y a 100% de réussite au bac chaque année dans le lycée", s'exclame une élève de la Sainte-Famille, visiblement confiante. 
 
Si la précédente édition de Parcoursup avait posé problème avec un calendrier resséré, cette année, les élèves de terminale semblent plus serein. "On a trois mois pour tout remplir et formuler nos voeux", explique Matteo. 
 

Le casse-tête des réponses

C'est là que tout se complique. "On peut recevoir trois types de réponses, tente d'expliquer Matteo. Oui, non ou oui si". Dans le détail, "Oui" veut dire que vous êtes accepté dans l'établissement demandé. "Non", vous ne l'êtes pas, il n'y pas de recours possible. "Oui, si", l'établissement met une condition à votre admission. "Ils peuvent nous demander d'avoir mention très bien par exemple", précise Matteo, qui semble être le seul de la bande à avoir (à peu près) compris les subtilités de la plateforme. 

 

Viennent ensuite les réponses des candidats. Toujours Matteo : "On peut répondre, oui, non ou oui mais". Encore une fois, "Oui", on accepte d'intégrer cette formation, "non" on la rejette. Le "oui, mais", permet de valider la formation dans laquelle on est accepté, mais ne ferme pas à la porte à un autre établissement qui n'aurait pas encore rendu son verdict. 

Verdict des lycéens d'Amiens sur Parcoursup : mention bien, peut mieux faire. 

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