Réforme des retraites : à Amiens, des avocats cadenassent les grilles du palais de justice

Rassemblement d'avocats opposés à la réforme des retraites, ce vendredi 10 janvier devant le palais de justice d'Amiens. / © FTV / M. Lesprit
Rassemblement d'avocats opposés à la réforme des retraites, ce vendredi 10 janvier devant le palais de justice d'Amiens. / © FTV / M. Lesprit

Une cinquantaine d'avocats, mobilisés contre le projet de réforme des retraites et la suppression de leur régime autonome, ont bloqué l'accès principal au palais de justice d'Amiens ce vendredi 10 janvier.

Par M. Lesprit

Ils se mobilisent "pour un droit à la retraite, pas un retrait du droit". Ce vendredi 10 janvier, au lendemain d'une journée de grève interprofessionnelle contre le projet de réforme des retraites, une cinquantaine d'avocats ont mené un blocage des entrées du palais de justice d'Amiens. Rassemblés aux environs de 7h30, une heure avant le début des premières audiences, ils ont cadenassé le portail principal du bâtiment, déroulé des banderoles et distribués des tracts aux justiciables qui se présentaient aux portes. 
 
 
Appelés à la grève depuis le début de la semaine, ces avocats du barreau d'Amiens protestent contre la suppression de leur régime de retraite, financé par et pour eux. "Primo, nous contribuons déjà au régime général à hauteur de 100 millions d'euros par an, argumente Me Gauthier d'Hellencourt. Secundo, nous avons un régime autonome qui fonctionne parfaitement bien et qui a toujours bien fonctionné."
 
Un cadenas posé à l'une des grilles du palais de justice d'Amiens, ce vendredi 10 janvier. / © FTV / M. Lesprit
Un cadenas posé à l'une des grilles du palais de justice d'Amiens, ce vendredi 10 janvier. / © FTV / M. Lesprit

"Ce régime financé par les avocats, pour les avocats, est une garantie, renchérit Me Marc Decramer. C’est une garantie de leur indépendance. […] Si un jour les avocats dépendent pour leur retraite, et donc financièrement, de l’État, on ne pourra plus dire que la profession est réellement indépendante. C’est aussi un problème de fond."
 

Vers 9h30, les robes noires attendaient d'être délogées, après une discussion avec le président du tribunal de grande instance et le procureur de la République d'Amiens. "Ce blocage ne peut pas durer toute la matinée ou toute la journée, prévenait ce dernier. Ce n'est pas possible. Il y a beaucoup d'audiences, beaucoup de personnes qui sont concernées." Les avocats, qui ont été rejoints par quelques cheminots dans la matinée, entendent poursuivre leurs actions la semaine prochaine.
 

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