Rentrée scolaire 2023 : épreuves du bac, port de l'abaya, revalorisation des profs, les syndicats enseignants réagissent aux annonces de Gabriel Attal

À une semaine de la rentrée, Gabriel Attal, ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, a fait plusieurs annonces. Réunis devant l'université Jules Verne à Amiens, ce lundi 28 août, les syndicats réagissent.

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Le report des épreuves de spécialité du baccalauréat

Depuis la réforme imaginée par Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l'Éducation nationale, les deux épreuves de spécialité du baccalauréat avaient lieu en mars. Gabriel Attal a annoncé qu'elles seront décalées, dès cette année scolaire, au mois de juin.

Un nouveau calendrier qui fait l'unanimité chez les syndicats. Pour Guillaume Ancelet, secrétaire départemental FSU dans la Somme, il s'agit de "l'annonce forte de la rentrée".

L'année dernière, les élèves ont déserté les rangs en mai et juin, sachant qu'ils avaient déjà le bac techniquement par rapport à leurs réussites aux épreuves de spécialité [...] Tant mieux qu'on revienne à la raison et qu'on retrouve des épreuves ponctuelles au mois de juin !

Guillaume Ancelet

Secrétaire départemental FSU de la Somme

De son côté, le syndicat SGEN-CFDT exprime tout de même une inquiétude : "Ce sont des annonces qui arrivent très tardivement. Comment les collègues vont s'en emparer ?", se demande Sylvia Marié, secrétaire académique adjointe.

Interdiction de l’abaya en milieu scolaire

L'abaya est une longue robe traditionnelle portée par certaines élèves musulmanes. Gabriel Attal a annoncé son interdiction. "Cette annonce a le mérite de la clarté", estime Maxime Paruch, secrétaire de l'UNSA dans la Somme.

C'est un sujet qui pose problème dans de nombreux établissements. Jusqu'ici, on laissait les équipes mettre en œuvre les textes de 2004 sur la laïcité et le port des signes religieux. Maintenant, il va falloir définir ce qu'est une abaya. Là, on est à trois jours de la rentrée des classes.

Maxime Paruch

Secrétaire de l'UNSA dans la Somme

Interrogé à ce sujet, Franck Davion, représentant départemental du syndicat FO lycées et collèges, botte en touche : "Pas de position. Cela dépend de notre organisation syndicale des chefs d'établissements. Il y a une discussion par rapport à ça, mais c'est aussi un effet d'annonce."

Selon l'AFP, le port de signes et tenues, qui représente la majorité des atteintes à la laïcité, a augmenté de plus de 150% tout au long de la dernière année scolaire.

Revalorisation des professeurs

"Tous les professeurs de ce pays toucheront entre 125 et 250 euros nets en plus par mois en cette rentrée par rapport à la rentrée précédente, de manière inconditionnelle", a déclaré Gabriel Attal, lors de sa conférence de presse de rentrée.

Tous les syndicats rencontrés ce lundi matin, à Amiens, expriment des doutes. "On nous avait annoncé une revalorisation de 10% inconditionnelle, c'était un engagement du président de la République lors de sa campagne. On voit qu'on est très loin du compte", rappelle Maxime Paruch, secrétaire de l'UNSA dans la Somme.

Le pacte enseignants, c'est le miroir aux alouettes. C'est une pseudo-revalorisation, contre beaucoup de travail en plus et un suivi de ce travail. Ce n'est pas ça qui va répondre à nos besoins.

Franck Davion

Représentant du syndicat FO lycées et collèges dans la Somme

"La revalorisation touchera une partie des enseignants et pas tous, notamment ceux qui sont en début de carrière", complète Sylvia Marié, secrétaire académique adjointe du syndicat SGEN-CFDT. "La revalorisation sera basée sur le volontariat des enseignants. S'ils ne veulent pas participer à ce pacte, ils ne seront pas revalorisés."

Guillaume Ancelet, secrétaire départemental dans la Somme, réclame quant à lui une revalorisation, "sans contrepartie".

Avec Anthony Halpern / FTV