Testés positifs au Covid, deux touristes picards sont coincés en Égypte : "On est plusieurs Français bloqués ici"

Publié le Mis à jour le
Écrit par Mickael Guiho

Vaccinés mais isolés dans leur hôtel égyptien depuis qu'un de leurs tests, obligatoires avant de prendre l’avion du retour, s’est avéré positif, deux Picards racontent leur galère, afin de prévenir les touristes français de ce qui peut les attendre sur place.

Dimanche 23 janvier, ils devaient rentrer à la maison, dans la Somme. Au lieu de cela, Docéane et Laurent prolongent leur semaine de vacances au Golden Beach Resort d’Hurghada, en Égypte. Une prolongation subie. Et inconfortable. Ils sont à l’isolement après un test positif au covid. "On est plusieurs Français bloqués ici", rapporte le Samarien de 47 ans, patron de bar près de Doullens.

Moment de panique

Samedi, la veille du vol de retour, l’hôtel organisait des tests pour la quinzaine de touristes tricolores qui devaient prendre l’avion du retour le lendemain. Le couple picard n’était pas inscrit (il avait loupé la réunion d’arrivée une semaine plus tôt) mais s’est prêté à l’exercice dans un centre de test à l’extérieur, où la galère a brutalement débuté.

Au moment de rendre les résultats, le gars demande le passeport de Docéane et il met six sortes de médicaments sur la table. C’est vraiment « prenez et au revoir » ! On se demande ce qui se passe, on regarde le test… et il est positif. Franchement, la panique !

Laurent, isolé en Égypte

Laurent explique avoir immédiatement téléphoné à l’ambassade. "Ils m’ont dit que le gouvernement et toutes les compagnies aériennes étaient mises au courant", résume-t-il. Les tourtereaux ne reviendront pas tout de suite dans leur nid. Pas la peine d’aller à l’aéroport, même si d’autres s'y sont essayés : "Il y a un deuxième cas à l’hôtel et sa compagne, qui est rentrée, a vu des Français bloqués à l’aéroport parce qu’ils avaient tenté malgré leur test positif."

Les "pestiférés" se battent pour obtenir un nouveau test

Le dimanche, après déjeuner, l’information est arrivée jusqu’aux oreilles de l’hôtel, qui envoie sa police à la rencontre des Picards pour les faire déménager dans une chambre isolée. L’autre cas positif est placé dans la chambre d’à côté.

On est à l’arrière de l’hôtel, avec vue sur un terrain vague. Il n’y a aucune communication avec les autres touristes, pas le droit d’aller à la plage... et on est servi comme des pestiférés : ils posent la nourriture, s’éloignent, on prend et ils referment la porte derrière nous. Le personnel ne porte pas le masque, on se sent normal… sauf que quand on l’a, on n’est plus normal.

Laurent

Le couple se console avec le soleil matinal illuminant leur terrasse, les discussions sur internet et une application mobile de musique pour Docéane, accordéoniste de 23 ans, qui n’avait pas mis son instrument dans ses bagages. "Ne remuez pas le couteau dans la plaie ! lance la jeune femme, en riant. La musique, c’est toute ma vie. Ca fait 10 jours que je n’en fais plus. Heureusement qu’on a une petite enceinte et l’appli pour composer un peu avec piano, guitare et basse. Mais une journée de plus et je crois que je vais devoir prendre quelque chose !"

C’est peut-être le dernier jour de souffrance. Les deux Picards vont passer un nouveau test. "S'il est négatif, on peut sortir, et il y a des avions tous les jours pour Paris", se réjouit déjà Laurent, qui explique avoir dû "se battre" pour obtenir cette opportunité.

"Tous les jours, on a réclamé des tests, mais on est bloqué, on ne peut même pas prendre un taxi, raconte le Picard. Le consulat a dû téléphoner à l’hôtel pour dire qu’on ne pouvait pas nous empêcher de faire des tests." Il faut espérer que le résultat, cette fois, sera négatif. "On va mettre du gel dans le nez !, annonce Laurent, amusé. On l’a fait la première fois mais ça n’a pas marché, ils l’ont fait dans la bouche. (rires)"

Défaut d’information

Sur l’échelle du risque Covid dont dépendent les restriction sanitaires, l’Égypte est classée par la France en tant que "pays orange". Cela signifie essentiellement qu’il faut un schéma vaccinal complet pour s’y rendre en vacances et, pour en revenir, un test PCR ou antigénique négatif réalisé moins de 48 heures avant le vol.

Ces informations sont accessibles et les agences de voyages s’en font les relais auprès de leurs clients. Plus ou moins clairement. "On nous a dit qu’on pouvait aller en Égypte et qu’il y aurait juste un test au retour, raconte Laurent. Dans notre tête, c’était en France, on n’a jamais pensé qu’on pouvait être bloqué en Égypte."

Que se passe-t-il lorsque le test est positif ? Difficile d’obtenir une information claire avant d’être confronté au scénario. Alors, les deux Picards, qui sont "vaccinés trois doses" et suivent "tous les protocoles", racontent leurs mésaventures davantage par "solidarité entre Français" que pour se plaindre.

Le but, c’est d’avertir les Français de ce qui se passe quand on est testé positif. Quand elle est arrivée à l’aéroport de Paris, la compagne de l’autre français positif est allée voir un bus rempli de Français qui partait en Égypte pour leur raconter, ils étaient paniqués. Personne ne sait vraiment qu’on peut être bloqué ici.

Laurent

S’il avait su, Laurent serait plutôt "allé aux Îles Canaries !" Par exemple. En tout cas dans un "pays vert" (tout l'espace européen notamment), ceux eux où un schéma vaccinal complet suffit pour rentrer chez soi.