Calendrier musical de l'Avent - Jour 19 : Etienne Détré, navigation spatiale et métaphysique

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Écrit par M. Lesprit

La case n°19 de notre calendrier musical de l'avent vous propose de quitter Terre un instant, dans le sillage d'Etienne Détré. Son premier EP, sorti en mai, allie textes ciselés et musique pop pour une quête d'évasion cosmique.

Etienne Détré, c’est un nom d’artiste. C’est aussi ce personnage présent sur scène et dans les clips qui se succèdent depuis la sortie de Chute Libre en mai dernier. Un vagabond spatial, blond armé de sa guitare et d’une combinaison bleue marine. Lassé de la Terre, il part en quête d’une nouvelle planète. "Ces chansons racontent son voyage intérieur, résume l'auteur-compositeur-interprète, enfermé dans son vaisseau spatial dans l’immensité de l’espace. Ça pose plein de questions métaphysiques, personnelles."

Une itinérance comme un conte initiatique en apesanteur, porté par une musique pop mêlée de sons électro. Le Picard, originaire d’un village à proximité d’Abbeville, raconte avoir été initié très tôt à la musique : "À quatre ou cinq ans, quand j’étais vraiment tout petit. C’est ma mère qui m’a mis au jardin musical." D’abord à la flûte traversière, puis à la guitare et au chant, le jeune musicien intègre ensuite des groupes de blues ou de folk qui l’emmènent jusqu’à Glasgow.

Je me suis rendu compte que l’anglais n’était pas la langue avec laquelle je pensais, avec laquelle je ressentais les choses. Du coup, je me suis mis à écrire en français à partir de 2015-2016. J’ai commencé à écrire des paroles, et ça a changé mon son.

Etienne Détré

Ce virage s’exprime d’abord dans le rock, via le groupe Belle rive. Puis naît en 2019 ce projet solo, avec une même exigence d’écriture – les noms de Serge Gainsbourg ou Alain Bashung sont convoqués comme influences. Des textes qui évoquent l’exploration, l’espérance, mais aussi la nostalgie et le déracinement. "C’est surtout le fait de se rendre compte qu’au final, quand on est loin des choses, elles nous manquent et sont belles, résume Etienne Détré. La dimension écologique peut y être, mais je n’ai pas cherché du tout à avoir un discours politique. […] Moi, mon rôle est de raconter des histoires et d’évader les gens."

Cette année, Etienne Détré a fait étape en orbite, grâce à un accompagnement de la salle de concert amiénoise La Lune des pirates. Une expérience qui lui a permis d’avoir accès à un réseau professionnel et des retours d’expérience. Depuis, deux clips sont sortis  Les pieds sur terre et Petite bleue et une série de concerts parisiens se tient jusqu’au 23 décembre aux Déchargeurs, à Paris. Si le voyage vous tente, il sera "intimiste", promet l’artiste : comptez une vingtaine de places dans la salle. Presque la taille d’un vaisseau spatial.