Comment agir contre les violences conjugales et intrafamiliales : "c'est de la dentelle, dans le respect de la singularité de toutes les vies"

Ce 25 novembre est une journée internationale décidée par l'ONU depuis 1999. Une Journée internationale pour se pencher sur une question essentielle: comment éliminer la violence faite aux femmes. De nombreuses structures dédiées à l’accompagnement des victimes font un travail de proximité. Rencontre avec la porte parole de l'association Agena basée à Amiens.

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Le 15 novembre dernier, le service statistique du ministère de l’intérieur a publié les chiffres de 2022. 244 000 victimes de violences (dont 87% de femmes) ont été enregistrées par les forces de sécurité l’année dernière, soit une augmentation de 15% par rapport à 2021.

Une réalité qui remonte aussi du "terrain". Pour une association comme Agena, qui depuis 1976 aide et accueille et accompagne les victimes à Amiens, c'est le quotidien. Depuis bientôt 25 ans qu’elle travaille pour Agena, Gwenaël Leroy ne cesse de constater une augmentation des victimes chaque année.

Ces chiffres augmentent aussi parce que  de plus en plus de femmes osent parler, dire qu’elles sont victimes de violences conjugales. Mais 118 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint en 2022.

Notre travail c’est de la dentelle, dans le respect de la singularité de toutes les situation, de toutes les vies.

Gwenaël Leroy, Agena

Hauts-Féminin

>>> Écoutez le podcast ci-dessous : comment soutenir les femmes victimes de violences et leurs enfants :

Le travail de l’association, se fait vraiment au cas par cas : "Notre travail c’est de la dentelle, dans le respect de la singularité de toutes les situations, de toutes les vies. L’idée c’est d’apporter ou de tenter d’apporter un mieux-être, de donner aux femmes la possibilité d’entrevoir un avenir meilleur", assure Gwenaël Leroy de l'association Agena.

Comment a été créé Agena ?

En 1976, des acteurs locaux de l’époque constatent que des femmes sont à la rue à Amiens, ils décident alors de créer le premier centre d’hébergement pour ces femmes tout en essayant de leur apporter des réponses. Agena a emprunté son nom à une étoile de la constellation du Centaure. Agena, connue aussi sous le nom de Hadar, a pour légende de protéger de la violence. 47 années plus tard, cette légende est toujours d’actualité.

Ce qui fait la force de cette structure c’est aussi son réseau. C’est un réseau partenarial très riche, très fort qui unit tous les acteurs du territoire, les acteurs de terrain, des acteurs qui s’engagent tels que l’hôpital, le Parquet, des travailleurs sociaux, des médecins… Un protocole départemental a été signé sous l’égide de la Préfecture. "Tous les signataires s’engagent sur 4 ans sur des actions à mener sur le terrain en faveur des victimes de violences sexistes et sexuelles", précise Gwenaël Leroy

>>> Pour revoir l’émission consacrée à Gwenaël Leroy c’est ici

L’autre force de l’association, c’est la centaine de salariés professionnels qui agissent au quotidien. "C’est aussi une richesse et une ressource particulière pour identifier tous les sujets qu’il faut davantage travailler, davantage traiter et davantage réfléchir, soit en interne à Agena, soit en collectif à travers le réseau", explique Gwenaël Leroy.

Déclarée grande cause du quinquennat en 2017, la lutte contre les violences faites aux femmes a vu des moyens se mettre en place mais sont-ils suffisants ?  "Il y a eu des moyens qui ont été mis en place, mais ils sont encore deçà des besoins exprimés par les femmes, sans oublier tous ceux qui ne sont pas exprimés encore aujourd’hui. Il  faut pouvoir aller vers ces besoins pour pouvoir les mettre en lumière, les mettre en valeur et continuer à accompagner." 

Une prise de conscience massive et collective est nécessaire

Gwenaël Leroy est convaincue qu’il faut une prise de conscience collective, massive, que nous avons encore beaucoup de chemin à faire sur le sujet des violences faites aux femmes. L’idée est sans doute de déconstruire des choses pour pouvoir reconstruire, que ces inégalités sont profondes, inscrites depuis des décennies dans notre société en lien avec la place et le rôle de chacun. La communication est très importante, beaucoup de personnes sont sensibles à ce sujet de nos jours mais "il ne faut pas seulement être sensible, il faut agir."

Victimes de violences, mais aussi si vous vous posez des questions sur des thématiques telles que l’égalité entre les femmes et les hommes, la vie affective et sexuelle, la vie de couple, le genre, le droit, l’insertion, un curieux van de l’association Agena sillonne le département de la Somme pour venir à votre rencontre : le van NINA & SIMON.E.S. A son bord des membres d’associations, des intervenants sociaux et des partenaires vous écoutent.

>>> À lire aussi, un van sillonne les routes pour sensibiliser aux violences intrafamiliales, en cliquant ici. 

Des actions de communication sont mises en place, partout dans la région, mais aussi en France. Prenons l’exemple des violentomètres.

Des accords signés avec la Gendarmerie Nationale, mais aussi avec des associations locales, le collectif #NousToutes, fait que dans beaucoup de boulangeries, lorsque vous achetez une baguette, elle est glissée dans un sachet avec le fameux violentomètre. De quoi s’agit-il ? C’est un outil d’autoévaluation. 23 questions figurent sur le sachet et permettent d’évaluer si la relation de couple est saine ou si elle est violente. Gradué par des couleurs, il permet à chacun d’évaluer le degré de violence au sein au sein de son couple.

>>> À Lire aussi notre article consacré au violentomètre en cliquant ici

Dépôt de plainte à l’hôpital

Afin que les femmes victimes de violences puissent déposer plainte plus facilement, dans certaines régions il est possible de déposer plainte directement à l’hôpital. Un dispositif qui se développe. 

 

Agena a accompagné plus de 3000 femmes du département de la Somme depuis 1976, vous pouvez les contacter par téléphone 03 22 33 39 39, ou par mail contact@agena.org.

Un Numéro national pour les victimes ou témoins de violence au sein du couple existe  : le 3919 (numéro anonyme et gratuit).

"HautsFéminin", du lundi au vendredi à 10h30, donne la parole aux femmes engagées 
▶ Replay : https://bit.ly/HautsFemininREPLAY
▶ Podcast : https://audmns.com/EwoTqHK