Convention citoyenne sur le climat, économie et écologie : les dossiers de Barbara Pompili à la Transition écologique

Désormais ministre de la Transition écologique, l'ex-députée de la Somme, Barbara Pompili a rejoint l'Hôtel de Roquelaure ce mardi 7 juillet. Quatrième à occuper ce poste sous le quinquennat Macron, elle devra trouver les clés pour répondre à l'urgence écologique, avec des premières priorités.

La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili lors de la passation de pouvoir avec Élisabeth Borne mardi 7 juillet 2020
La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili lors de la passation de pouvoir avec Élisabeth Borne mardi 7 juillet 2020 © Bertrand GUAY / AFP
Elle a réagi de manière laconique, après sa nomination lundi 6 juillet au poste de ministre de la Transition écologique. "Au travail !" a-t-elle écrit sur son compte Twitter.  Pas besoin de grands discours pour celle qui a déjà occupé un poste au sein du gouvernement en 2016. Elle était alors secrétaire d'Etat chargée de la Biodiversité auprès de la ministre de l'Écologie Ségolène Royal. Elle a ainsi porté la loi sur la biodiversité, interdisant notamment les insecticides néonicotinoïdes, ces pesticides "tueurs d'abeilles."

Aujourd'hui, en tant que ministre de la Transition écologique, elle devra répondre efficacement à l'urgence environnementale. Même si elle a quitté Europe Écologie Les Verts en 2015 pour rejoindre le parti de la majorité, elle ne partageait pas toujours les mêmes positions que celle du gouvernement. 

En tant que députée, elle avait notamment réclamé, avec d'autres élus de la majorité, l'interdiction du glyphosate. En 2018, elle avait également défendu un amendement sur le renforcement de l’étiquetage de certains aliments avec des mentions sur le mode d'élevage ou l'origine des produits. 
 
Lors de la passation de pouvoir avec Elisabeth Borne ce mardi 7 juillet, Barbara Pompili n'a pas annoncé pour le moment de ligne claire, ne voulant pas être jugée sur ses intentions. "Je me garderai bien d'établir tout de suite un programme d'action qui serait par nature incomplet", a-t-elle déclaré. 

Mettre en oeuvre les propositions de la convention citoyenne pour le climat

Pour autant, elle a déjà mentionné les travaux de la convention citoyenne pour le climat qu'il faudra "concrétiser." Le gouvernement dispose ainsi de 146 propositions formulées par les citoyens avec comme objectif de réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 (par rapport à 1990).

Le président de la République, Emmanuel Macron, s’est déjà engagé à mettre rapidement en œuvre l’ensemble des propositions avec un premier passage en Conseil de défense écologique avant la fin du mois de juillet,  puis un plan de relance soumis au Parlement à la fin de l’été et enfin un projet de loi spécifique en septembre.

Intégrer l'écologie à la relance économique

Après la crise sanitaire, la priorité du gouvernement est de relancer l'économie avec en tête le respect environnemental. Après la percée des écologistes aux municipales le 28 juin dernier, le président de la République a annoncé 15 milliards d'euros supplémentaires pour la transition écologique et des objectifs : "investir dans les transports propres, rénover nos bâtiments" et "inventer les industries de demain."

Récemment, Barbara Pompili, alors présidente de la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire à l'Assemblée nationale, avait d'ailleurs rédigé plusieurs amendements au projet de loi de finances rectificative pour 2020, visant notamment pour les entreprises à conditionner les aides de l'Etat à des engagements écologiques.

Aura-t-elle les moyens d'agir ? 

Si les intentions sont grandes, la plupart des écologistes s'accordent pour dire qu'un ministère de l'Écologie ne suffit pas et qu'il faut une ligne directrice écologique globale au sein du gouvernement. Barbara Pompili devra alors s'imposer, là où ses trois prédécesseurs n'ont pas réussi, à l'image de la sortie fracassante de l'ex-ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot en 2018.

L'ex-députée de la Somme nous le confiait elle-même avant l'annonce de sa nomination. "Quand on vous confie une responsabilité, bien sûr qu'il faut la prendre mais seulement si vous avez les moyens d'agir, sinon cela ne vaut pas la peine."

Elle assure aujourd'hui que "l'écologie devient aussi l'affaire de tous les membres du gouvernement, vous pouvez compter sur ma contribution active."
 
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