Face au manque de clients en boutique, la boulangerie d'Acheux-en-Amiénois devient itinérante

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Écrit par Romane Idres avec Émilie Montcho

La boulangerie d'Acheux-en-Amiénois, qui n'avait pas assez de clients, a décidé de changer de modèle et de devenir itinérante. Un système qui fonctionne particulièrement bien, à l'heure où les petits commerces se raréfient en milieu rural.

Après cinq mois d'ouverture, les propriétaires de la boulangerie d'Acheux-en-Amiénois ont fait un constat : il n'y a pas assez de clients qui se déplacent en boutique pour rester rentable. Mais le couple ne s'est pas laissé abattre et a choisi de tout miser sur les tournées dans les villages alentours, à la frontière entre la Somme et le Pas-de-Calais.

Une aubaine en milieu rural

Chaque jour, Émilie Gonçalves parcourt donc le secteur, dans un rayon de 15 kilomètres, pour proposer pains et viennoiseries aux habitants, dans des communes où la boulangerie locale a parfois disparu depuis longtemps. Une solution qui permet aux boulangers de vendre plus, et aux clients d'avoir du pain frais sans avoir à prendre la voiture. 

Cette nouvelle façon de travailler plait bien à Émilie Gonçalves. "Il n'y a pas de temps mort, donc pour moi finalement c'est moins fatigant que d'attendre entre deux clients en boutique", explique-t-elle. Pour son mari Laurent, le rythme est en revanche plus soutenu. Il prépare 400 pains par jour, sans compter les viennoiseries. Il travaille toute la nuit pour permettre à sa femme de démarrer la tournée tôt. "C'est toute une organisation différente, parce que les quantités de pain ont triplé. (...) Avant je mettais 4h pour les faire, maintenant j'en mets à peu près 9. Je me levais à 2h du matin, maintenant je me lève à 23h", précise-t-il. 

Des distributeurs accessibles à toute heure

Si les quantités ont à ce point-là augmenté, c'est parce que le couple a également installé trois distributeurs de pain dans des villages. Un dispositif qui permet aux clients d'avoir des produits frais à n'importe quelle heure de la journée, ravitaillés par Émilie.

"Les horaires de magasins sont vécus comme une contrainte aujourd'hui, parce que les gens travaillent, il y a les enfants, les activités... On doit évoluer, on ne peut pas demander aux gens de tout le temps s'adapter, estime-t-elle. Ce sont des mini-magasins, c'est comme ça qu'on le voit. On met un peu de tout à disposition : du bien cuit, du pas trop cuit, du pain coupé, des pains spéciaux... Et puis les gens peuvent communiquer avec nous, nous dire s'ils veulent par exemple plus de chaussons aux pommes, ou plus de pain bien cuit, et nous on ajuste."

Six nouvelles machines devraient être installées prochainement.