"On continuera, on ne peut pas laisser ça comme ça !" : parents, élus et syndicats mobilisés avant l'officialisation de la carte scolaire dans la Somme

La liste définitive des ouvertures et des fermetures de classes dans la Somme sera officiellement établie jeudi 22 février lors d'un CDEN. Dans les communes concernées par des suppressions de postes, la mobilisation reste totale.

À la veille de l'officialisation de la carte scolaire de la Somme par le Conseil départemental de l'Éducation nationale (CDEN), le maire de Roisel, Jean-Jacques Flament, ne cache pas son inquiétude : "Pour six enfants en moins, et encore ce n'est pas sûr, on devrait perdre une classe. Il faut avoir au maximum 24 élèves par classe et nous sommes déjà à 23,8 en moyenne." La pilule passe d'autant plus mal, que le regroupement pédagogique intercommunal (RPI) Bernes-Roisel avait justement été créé en 2015 pour éviter cette situation.

On déplore que le ministère n'en ait pas profité pour baisser les effectifs par classe

Pauline Compagnon, co-secrétaire départementale du SNUipp 80

La démographie est au cœur du problème. À la rentrée 2024, les écoles primaires françaises accueilleront 55 480 élèves de moins qu’en septembre. Gabriel Attal, alors ministre de l'Éducation nationale, avait annoncé le 21 décembre la suppression de 650 postes d'enseignants. L'Académie d'Amiens, où la baisse des effectifs la rentrée prochaine est l'une des importantes (-1,8 %), doit rendre 80 postes, dont 22 dans la Somme.

"Certes, il y a une baisse démographique, reconnait Pauline Compagnon, co-secrétaire départementale du SNUipp 80, mais il y a une grande souffrance au travail, en particulier dans le premier degré. La profession est épuisée. On déplore que le ministère n'en ait pas profité pour baisser les effectifs par classe". Au lieu de quoi, 58 suppressions de classes ont été décidées en janvier dans la Somme.

7 000 signataires pour défendre l'école de Rivery

Depuis, parents d'élèves, élus et syndicats d'enseignants multiplient les actions pour attirer l'attention des médias, comme à Abbeville ou Huchenneville.

À Rivery, des parents d'élèves de l'école Pierre-Perret ont mis en ligne une pétition qui compte à ce jour plus de 7 000 signatures et ont aussi "écrit une lettre à Pierre Perret via X (ndlr : anciennement Twitter), mais il n'a pas encore répondu", confie dans un sourire Camille Danhiez, maman d'élève, élue au conseil de l'école.

Ici, une classe de maternelle est sur la sellette, après une ouverture en 2022 : "La mairie avait d'ailleurs investi 40 000 € pour la rénovation", s'agace Mme Danhiez, selon laquelle "il n'est pas nécessaire de fermer, car sur Rivery, il y a pas mal de nouveaux programmes immobiliers en cours." Et donc des nouveaux élèves à accueillir dans quelques années.

Six fermetures levées lors d'une réunion au rectorat

Le temps est l'argument que parents et élus mettent souvent en avant. Comme à Namps-Maisnil. Si l'école, construite il y a seulement cinq ans, n'accueillera que 77 élèves à la rentrée prochaine, les onze naissances l'an passé devraient entrer en compte, selon Élodie Sanchez, élue au conseil de l'école : "S'ils ferment maintenant, ils ne rouvriront pas dans trois ans, malgré l'arrivée de nouveaux enfants". Mme Sanchez craint également qu'une fermeture accentuerait une baisse des effectifs : "Des parents m'ont avertie qu'en cas de mise en place d'un triple niveau, ils inscriraient leurs enfants dans le privé".

Le cas de Namps-Maisnil a été évoqué jeudi 5 février, lors d'un comité technique spécial départemental au rectorat à Amiens. Et l'école fait partie des dix-sept finalement en "vigilance", dont le sort n'est plus totalement scellé.

On continuera, on ne peut pas laisser ça comme ça !

Jean-Jacques Flament, maire de Roisel

Ce même comité technique a permis de sauver six classes, notamment une à Longpré-les-Corps-Saints, au grand soulagement du maire Robert Debray. L'élu manifestera pourtant mercredi à Abbeville "pour soutenir les autres communes".

Au même moment, se tiendra un autre rassemblement de l'autre côté de la Somme à Péronne. Le maire de Roisel, Jean-Jacques Flament, y battera le pavé aux côtés des parents d'élèves pour faire revenir le rectorat sur sa décision. Dans le cas contraire, "il y aura école morte vendredi et on continuera, on ne peut pas laisser ça comme ça !", assure l'élu.

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