Les préfectures donnent leur feu vert pour le projet éolien au large du Tréport : quels impacts sur la biodiversité ?

Image d'illustration. / © Francois Lepage/IP3 PRESS/MAXPPP
Image d'illustration. / © Francois Lepage/IP3 PRESS/MAXPPP

Ce mardi, les préfectures de Seine-Maritime et de la Somme ont annoncé qu'elles donnaient leur autorisation pour la réalisation du parc éolien offshore au large du Tréport. Un projet qui a toujours suscité la protestations des pêcheurs locaux.

Par RI

L'annonce risque de raviver la colère des pêcheurs de la côte normande... et d'inquiéter les associations de protection des animaux. Le projet d'installer 62 éoliennes en mer, à 15,5 kilomètres au large du Tréport, va donc se concrétiser, d'ici à 2023. Il ne manquait que l'accord des préfectures concernées, et celles-ci l'ont donné ce mardi par arrêtés. Six textes qui autorisent "au titre de la loi sur l'eau, l'aménagement et l'exploitation du parc éolien". 

Modification de la biodiversité

La zone choisie étant la plus poissonneuses de la Manche-Est, les pêcheurs locaux sont vent debout contre ce projet depuis son lancement. Ils craignent que la construction de ce parc, prévue sur 82 kilomètres carrés, aient des conséquences désastreuses sur la biodiversité, et donc la présence de poissons. Si l'équipe en charge du projet assure que ce parc sera compatible avec la pratique de la pêche, les associations anti-parc ne sont pas convaincues et ont l'intention de déposer un recours. 

Pour rappel, les trois commissions d'enquête publiques lancées l'année dernière avaient donné un avis favorable, mais avec une série de préconisations comme la création d'un observatoire de la biodiversité, ainsi que d'un observatoire de la pêche, pour mesurer les conséquences de l'installation et de l'exploitation de ce parc. 

Pour répondre aux préconisations concernant la biodiversité, les préfectures prévoient de mettre en place une étude de la colonie des goélands au nord de Dieppe, et une étude génétique des chauves-souris afin d'établir s'il existe ou non un couloir de migration entre la France et l'Angleterre et si le projet risque d'altérer cette éventuelle migration. 
 

Espèces protégées


Concernant la faune, l'un des six arrêtés autorise d'ailleurs "la perturbation et la destruction des spécimens d'espèces protégées" par l'exploitant. Pour justifier ce point, l'arrêté estime que ce projet de parc éolien est "d'intérêt public majeur" et qu'il s'inscrit dans la loi relative à la transition énergétique. Le texte précise également que toutes les possibilités technologiques pour limiter l'impact sur la biodiversité seront mise en oeuvre et liste les mesures prises dans ce sens.

16 espèces sont concernées, dont les phoques gris, les marsouins, les grands dauphins ou encore certains types de goélands. 

Lors des premières études effectuées sur la viabilité de ce projet, Picardie Nature évoquait déjà des craintes sur les conséquences sur les mouvements migratoires des oiseaux, ou la gêne occasionnées aux mammifères marins par les nuisances sonores. 

Du côté des habitants, nombreux sont les opposants au projet. Ils évoquent des conséquences négatives sur les activités portuaires et commerciales de la ville du Tréport. 
 

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus