Près d'Amiens, comment un club de foot amateur s'est adapté pour que les jeunes puissent reprendre l'entraînement

Alors que la pratique des sports individuels a repris depuis le déconfinement, celle des sports collectifs est toujours impossible. Pour pouvoir pratiquer il faut individualiser la pratique. C'est ce qu'a fait le club de football AS Talmas Picardie Fienvillers pour les entraînements des jeunes.

Des ballons numérotés et personnels, des cerceaux comme zone de repos : à Talmas, le club de foot a adapté ses entraînements pour que les moins de 13 ans puissent revenir jouer.
Des ballons numérotés et personnels, des cerceaux comme zone de repos : à Talmas, le club de foot a adapté ses entraînements pour que les moins de 13 ans puissent revenir jouer. © J.Guéry/FTV


Un ballon numéroté et personnel. Un cerceau en guise d'espace de repos. Pour ce premier entraînement de football et pour respecter les mesures sanitaires, les entraîneurs du club de football AS Talmas Picardie Fienvillers dans la Somme ont dû être imaginatifs : "les enfants se répartissent tout autour du rond central où on a mis des cerceaux qui sont espacés de 2 mètres pour qu'ils aient un espace de 4m², explique Thierry Martin, l'entraîneur des moins de 13 ans. A l'intérieur du cerceau, ils ont chacun leurs affaires : leurs vêtements et leur bouteille d'eau. C'est un peu leur vestiaire mobile ! Ensuite, ils ont un ballon chacun numéroté. Et c'est ce ballon là qu'ils vont utiliser toute la séance : ils n'ont pas le droit de se faire de passe et pas de contact individuel. Pour l'échauffement, on les fait courir à distance de 10 mètres. Ils font ensuite de la conduite de balle dans des couloirs bien espacés séparés de 1,50 mètres entre les couloirs. Ensuite, on aura des ateliers sur tout le terrain de conduite de balle, de frappe au but. Et ils n'ont pas le droit de toucher le matériel. Ils savent que si un cône tombe, ils ne doivent pas le relever, on le fera pour eux. Du coup, ils sont contents parce qu'ils n'auront pas à ranger !".

L'AS Talmas Picardie Fienvillers entraîne 195 licendiés de tous âges à une quinzaine de kilomètres d'Amiens :

Pouvoir se retrouver

Les ballons sont neufs et désinfectés avant et après l'entraînement. Les éducateurs sportifs ne doivent pas être à moins de deux mètres des enfants. Ils doivent porter obligatoirement un masque. Le protocole a été imaginé à partir des recommandations éditées par le ministère de la jeunesse et des sports. "La crise a accentué la sédentarité des enfants. Ils étaient demandeurs de reprendre et les parents aussi. On ne voulait pas voir arriver l'été sans avoir repris le contact, raconte Thierry Martin. L'interdiction de contact, c'est sûr que c'est compliqué dans un sport collectif comme le foot. Mais là, on parle plus de se retrouver ensemble. Le plus important, c'est le plaisir qu'ils ont à se retrouver."

Les règles sont si contraignantes qu'elles ne nécessitent pas moins de trois entraîneurs ce samedi matin pour les mettre en place. Mais que les enfants intègrent facilement : pouvoir toucher à nouveau un ballon et retrouver son groupe valent bien quelques adaptations. Surtout après trois mois de confinement qui se font un peu sentir !"Ça fait plaisir de reprendre et ça nous fait du bien, sourit Rachel. C'était important de reprendre l'entraînement pour retrouver notre cardio et pour retoucher un ballon. Je trouve que je manque un peu de cardio mais sinon ça va. Les mesures mises en place, ça va. Ça nous apprend à devoir suivre les règles. C'est juste embêtant de ne pas pouvoir faire de matches".

Enfants et parents au rendez-vous

C'est ce qui embête également Pierre : "ça se passe plutôt bien pour le moment. C'est un peu compliqué avec les mesures sanitaires : on ne va pas pouvoir faire de matches pendant un moment parce qu'on ne peut pas se toucher mais on peut retoucher le ballon, c'est déjà ça !!"

Sur le bord du terrain, les mamans regardent si tout se passe bien. Et si le masque obligatoire pour les spectateurs cache les sourires de voir leurs enfants heureux, on voit leur joie dans leur regard. "Je suis très très contente, se réjouit la mère d'un des jeunes footballeurs. Il était temps que les enfants reprennent une activité sportive. Trois mois, c'était très long. Quand j'ai su que l'entraînement aller reprendre, j'avais confiance parce que je savais que les mesures sanitaires seraient respectées. Et là, je suis rassurée !"

Même impression pour sa voisine de barrière : "mes filles sont sportives. On a continué à faire du sport pendant le confinement mais rependre en groupe, ça leur fait du bien. Je n'ai aucune inquiétude : on est en extérieur et elles savent que, comme à l'école, les règles de distanciation sociale sont importantes. Elles sont à un âge où elles comprennent qu'il faut respecter ces règles."

Seulement les U13 pour le moment

Pour le moment, seul ce groupe des moins de 13 ans a repris. "Les moins de 12 ans ne reprennent pas, ce n'est pas autorisé, explique Hervé Mouquet, le président de l'AS Talmas Picardie Fienvillers. C'est Thierry qui a émis le souhait de reprendre l'entraînement. Il a travaillé toute la semaine et on a dit "ok on y va". Et on voit que tous les gamins étaient là ce matin. Certains entraîneurs préfèrent attendre. C'est mon cas : j'entraîne les U18 et on sait qu'à cet âge-là, ils aiment bien le contact. Et ce n'est pas possible à l'heure actuelle"

Le ministère des sports pourraient prochainement assouplir le protocole sanitaire. Et permettre ainsi aux 195 licenciés du club de pouvoir reprendre progressivement les entraînements avant la coupure estivale.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
déconfinement société football sport