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Un retraité samarien en appelle à la Cour européenne pour pénurie de médicament

Les ruptures de stock de "Sinemet" annoncées en septembre 2018, pourraient durer jusqu'en mars 2019 / © France 3 Picardie
Les ruptures de stock de "Sinemet" annoncées en septembre 2018, pourraient durer jusqu'en mars 2019 / © France 3 Picardie

Depuis mi-septembre, l'un des principaux médicaments contre la maladie de Parkinson, le SINEMET, commercialisé par le laboratoire MSD, est en situation de pénurie en France. Un retraité de Moreuil, dans la Somme, a déposé début janvier une requête auprès de la Cour Européenne des droits de l'Homme.

Par Camille Di Crescenzo

Christian Bochet est inquiet pour son épouse atteinte de la maladie de Parkinson.
Depuis quelques mois, l'un des principaux médicaments contre la maladie, le Sinemet, est en pénurie en France. Face à cette situation, cet habitant de Moreuil craint que sa femme ne puisse plus être traitée correctement.

Actuellement, il est parvenu à constituer un stock de cinq boîtes, autant de semaines de traitement. "Je me suis promené dans beaucoup de pharmacies. La dernière était à Vignacourt. Ça fait une bonne trentaine de kilomètres d’ici. Les autres pharmacies sont également en rupture de stock". 
 

La pénurie de "Sinemet" pourrait durer jusqu'en mars


Le laboratoire MSD qui produit le Sinemet attribue cette pénurie à des "difficultés de production". 
Le 28 décembre 2018, l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) a infligé une sanction financière de 348 623 euros à la société MSD France, considérant que le Sinemet est un "médicament d'intérêt thérapeutique majeur" (MITM). En attendant, un traitement alternatif est proposé aux patients. Problème : l'épouse de Christian Bochet est intolérante à ce produit de substitution. L'homme a saisi la Cour européenne des droits de l'Homme invoqué dans l'article n°2 , pour atteinte à l'accès aux soins. "Si on n'a pas le traitement approprié, on va aggraver sa situation de façon prématurée et ça, ce n’est même pas envisageable en ce qui me concerne déclare-t-il, c'est pourquoi j'ai, dans ma requête à la Cour européenne des droits de l'Homme invoqué l’article 2, c'est-à-dire, c’est le droit à vivre, le droit à la vie, qui correspond exactement à la situation actuelle".

Dès septembre, l'ANSM a formulé des recommandations pour éviter une interruption du traitement. Elle y détaille les substitutions possibles, en accord avec son médecin. Pour certain pharmacien, pénurie n'est donc pas synonyme de mise en danger immédiate. "C’est essentiellement sur ce médicament qu'il y a une pénurie, dans ce dosage-là, pas dans les autres dosages et pas dans ses génériques non plus explique Gilles Tranchant. Si un patient ne souhaite pas prendre par exemple le générique qui fonctionne, qui marche et qui reste une alternative, il existe d’autres dosages de ce même médicament qui peuvent être donnés en complément ». 

Un discours qui ne suffit pas à rassurer la déléguée du comité France Parkinson de la Somme "Un malade de Parkinson n'est pas un malade stable. Il peut être bien le matin, pas bien l’après-midi. C’est une maladie extrêmement complexe et c’est très compliqué de remplacer un médicament par un médicament générique".

Des pénuries régulières touchent d'autres médicaments. En 2017, selon un rapport présenté au Sénat, 538 traitements considérés comme essentiels ont été signalés en tension d'approvisionnement ou en rupture de stock, contre 405 en 2016.

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