Tourisme de mémoire : l'inquiétude des guides britanniques dans la Somme après le Brexit

Après l'accord trouvé sur le Brexit le 24 décembre dernier, beaucoup d'interrogations subsistent sur les conditions de séjour de part et d'autre de la Manche. Certains professionnels du tourisme mémoriel craignent de voir les clients britanniques se faire plus rares à l'avenir. 

Le mémorial de Thiepval, ici le 26 décembre 2020, est l'un des sites emblématiques de la Somme.
Le mémorial de Thiepval, ici le 26 décembre 2020, est l'un des sites emblématiques de la Somme. © FTV / J. Arrignon

Le Covid, et à présent, le Brexit. L'année a été rude pour les professionnels du tourisme. Mais c'est le futur qui interroge aujourd'hui les guides spécialisés dans la visite des champs de bataille de la Première Guerre mondiale pour les ressortissants britanniques. Le tourisme de mémoire attirait chaque année 250.000 personnes, toutes nationalités confondues, dans la Somme. La crainte est de voir ce chiffre refluer avec la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, actée au 1er janvier prochain. 

Ses concitoyens représentent effectivement plus de la moitié des clients de Michael Smith, guide de ce côté de la Manche depuis 22 ans. Alors qu'il n'a plus accompagné un seul touriste au cimetière de Longueau depuis neuf mois, il anticipe des freins administratifs. "Les clients craignent de voyager, constate-t-il, surtout avec les contrôles aux frontières, les files d’attente. Il y a aussi la perte de la carte européenne de santé. Sans elle, on doit payer si on tombe malade ou s’il y a des accidents." Et de citer également les interrogations sur la validité du permis de conduire. 

Je ne veux pas prendre ma retraite, même si je suis assez âgé. J’aime rencontrer les clients. Ce n’est pas juste l’argent. C’est rencontrer les clients qui est important pour moi.

Michael Smith, guide britannique

L'accord trouvé cette semaine avec l'Union européenne indique ne prévoit pas la nécessité d'un visa pour les courts séjours en France. Mais au-delà de trois mois, les règles changent. Jon Haslock, installé en France depuis 2005, y voit des difficultés à venir pour travailler avec des collègues anglais. "Maintenant ils peuvent rester seulement 90 jours sur une période de 180 jours, soupire-t-il. Donc la moitié du temps il faut sortir de la Communauté européenne." Lui-même envisage de demander sa naturalisation. 

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