VIDÉO. Législatives 2024 : les temps forts du débat entre les candidats de la 4e circonscription de la Somme

À quelques jours du premier tour des élections législatives anticipées, quatre des six candidats de la quatrième circonscription de la Somme ont débattu autour du pouvoir d'achat, de l'emploi, de la transition écologique et de l'immigration. Retour sur les points clés du débat.

Quatre candidats de la deuxième circonscription de la Somme, qui comprend entre autres les villes de Montdidier, Moreuil et Doullens, ont débattu sur le plateau de France 3 Picardie. 

Face au député sortant Jean-Philippe Tanguy, figure nationale du Rassemblement national, le jeune Anthony Gest, âgé de seulement 19 ans, qui représente le camp présidentiel, Élodie Héren, candidate écologiste investie par le Nouveau front populaire et Vincent Jacques, candidat LR soutenu par Xavier Bertrand. 

Guy Vitoux, investi par Lutte ouvrière, est également candidat dans cette circonscription mais n'était pas présent lors du débat. 

Le débat était axé autour de quatre points clés de la campagne : le pouvoir d'achat, l'emploi, la transition écologique et l'immigration. 

Sur le pouvoir d'achat et l'emploi

À l'heure où l'inflation a atteint +5% en 2022, puis à nouveau en 2023, le pouvoir d'achat pointe en tête des préoccupations des électeurs. Si dans cette circonscription, d'après les deniers chiffres disponibles de l'INSEE, le taux de pauvreté est inférieur à la moyenne nationale, les candidats en ont fait un thème central de la campagne. Anthony Gest admet que le camp présidentiel "aurait pu aller plus loin" mais estime que la majorité a un bilan positif sur le sujet, avec des suppressions de taxe. "Depuis 2017, les Français ne paient plus la redevance audiovisuelle (ndlr : la contribution à l'audiovisuel public a en fait été supprimée en 2022), ils ne paient plus la taxe d'habitation, et ne paient plus pour certains l'impôt sur le revenu, ce qui est déjà de l'argent directement dans le porte-monnaie des Français", précise-t-il. Il impute l'inflation à la guerre en Ukraine et assure que la France "est encore le pays qui se tient le mieux sur le sujet, quand on regarde le niveau de l'inflation dans les autres pays voisins de l'Union européenne". Un fait à relativiser car d'après l'institut de statistiques de l'Union européenne, certains pays comme le Danemark, l'Espagne ou la Belgique ont subi une inflation deux fois moins élevée que la France, qui se place en douzième position dans l'Union européenne. 

Sur le sujet, Jean-Philippe Tanguy promet, en cas de victoire du rassemblement national, une baisse de la TVA sur les énergies. "Ça correspond à 10 à 15 euros pour un plein de 40 à 50 litres sur le territoire, ou à 200 euros pour remplir la cuve de fioul", assure-t-il. Une mesure dont le coût a été estimé par différents acteurs à plusieurs milliards (de 7 à 24 selon les études), qu'il assure pouvoir financer en demandant "un effort sur un certain nombre de niches fiscales sur les multinationales, et un certain nombre de taxes sur les superprofits". Cette mesure pourrait toutefois entrer en conflit avec la législation de l'Union européenne, et pourrait ne pas être applicable, même si le Rassemblement national espère obtenir une dérogation. Concernant la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité, au programme de Marine Le Pen lors de la dernière élection présidentielle, il renvoie la question à un vote parlementaire "à l'automne 2024, pour l'appliquer au 1er janvier 2025".

Pour la candidate du Nouveau Front Populaire Élodie Héren, l'amélioration du pouvoir d'achat passe par l'augmentation du SMIC à 1 600 euros et l'indexation des salaires sur l'inflation. "Il s'agit de répondre à l'urgence qui abîme nos vies", déclare-t-elle, évoquant notamment les femmes pour qui "c'est un enjeu dans les territoires ruraux". Interrogée sur la capacité des petites entreprises à augmenter les salaires, elle promet la mise en place, pour les TPE et PME, d'une "compensation avant d'atteindre la relance". Concernant le financement de ces mesures, comme celle de l'augmentation du SMIC qui est estimée à plusieurs milliards d'euros, elle évoque le rétablissement de l'impôt sur la fortune (ISF) supprimé en 2018. 

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Enfin, Vincent Jacques estime que la baisse du pouvoir d'achat n'est pas lié à la guerre en Ukraine mais à "12 ans de politiques publiques qui ont dégradé la situation progressivement, sous François Hollande et Emmanuel Macron, en alourdissant les charges des entreprises, et en posant un carcan, des lourdeurs administratives sur les entreprises, des règlementations excessives". Le candidat de la droite propose de "rétablir une production nationale d'électricité nucléaire suffisante pour couvrir tous les besoins des Français" afin de réduire les factures d'énergie. 

Si cette circonscription n'est pas la plus concernée par le chômage, le département de la Somme dans son ensemble a un taux de chômage plus élevé que la moyenne nationale. Vincent Jacques et Anthony Gest s'accordent sur un point : pour eux, la relance de l'emploi doit passer par l'allègement des "charges sociales", c'est-à-dire les cotisations salariales et patronales. Gest défend toutefois le bilan du gouvernement, assurant que le taux d'emploi actuel est "le plus haut en France depuis qu'on mesure". Un argument déjà utilisé par Aurore Bergé, mais à préciser : le taux d'emploi actuel est équivalent à celui de 2008, et le taux de chômage des 15-24 ans a déjà été moins élevé par le passé, comme l'expliquent nos confrères de Franceinfo

Sur la transition écologique 

Dans le département de la Somme, qui est celui qui compte le plus d'éoliennes (495 mâts au décompte de septembre 2023), le sujet des énergies renouvelables est une préoccupation forte des électeurs. Si les avis des candidats sont différents sur la question, ils s'accordent tous sur un point, estimant que le département "a fait sa part" en matière d'éolien.

Le candidat d'extrême droite est le plus virulent : "les éoliennes ont été une escroquerie pour le peuple français", estime-t-il. Il déplore "l'effacement du nucléaire" pour "mettre des éoliennes en saccageant les paysages, en mettant en souffrance un grand nombre de picards, en dégradant la valeur des biens". Pour lui, c'est clair : "les éoliennes, on oublie, (...) plus une seule éolienne construite dans la Somme, aussi bien sur terre que dans la mer". Il promet par ailleurs de démonter les parcs "qui mettent en péril la santé des personnes". 

Pour Anthony Gest, il n'y a pas de raison de "démonter les éoliennes déjà installées", mais "il faut utiliser à 100 % les éoliennes installées sur le territoire". Il prend notamment l'exemple de la Régie communale de Montdidier, commune de la circonscription, qui utilise un parc de 4 mâts pour couvrir environ la moitié des besoins de la Ville en électricité. 

Pour la candidate du Nouveau Front Populaire, "il y a urgence à faire de l'énergie éolienne", sur le reste du territoire français, même si elle convient que les parcs dans le département "ont été très mal implantés". Elle dit défendre également "le solaire, l'hydraulique, le biogaz", estimant que la construction de nouvelles centrales nucléaires prendrait trop de temps. 

Enfin, Vincent Jacques rejoint Jean-Philippe Tanguy sur la nécessité de revenir à une plus grande production d'énergie nucléaire, qu'il considère comme "la mieux placée pour atteindre nos objectifs de décarbonation". Il estime que l'éolien et le solaire sont des productions trop incertaines, car dépendantes des éléments et donc intermittentes.

Sur l'immigration

Enfin, le dernier grand thème de campagne abordé lors de ce débat était l'immigration. S'il n'existe pas de données sur le seul territoire de la circonscription, le département de la Somme compte d'après l'Insee 4,1% d'immigrés, un chiffre largement inférieur à la moyenne national (10,1% hors Mayotte). 

Jean-Philippe Tanguy s'est exprimé sur une proposition historique du Rassemblement national : la suppression du droit du sol. Une brèche déjà ouverte par le gouvernement actuel qui a mis fin à ce droit dans le département de Mayotte et que le candidat RN prend en exemple. Il entend conditionner l'acquisition de la nationalité française par les étrangers nés en France à des critères de mérites. "Vous n'aurez plus la nationalité française de manière automatique, mais parce que vous avez montré que vous voulez vous assimiler, que vous avez bien travaillé à l'école, que vous vous êtes engagés dans la vie de la cité, que vous n'avez évidemment pas commis de délits ni de crimes", détaille-t-il, sans toutefois préciser comment ces conditions seraient définies et contrôlées. 

"Il ne faut pas hystériser le débat public comme vous le faites sur l'immigration, rétorque Anthony Gest. (...) Il faut regarder territoire par territoire comment ça se passe." Il rappelle également la nécessité de travailler au niveau européen sur le sujet. 

Pour Vincent Jacques, la priorité est "la délinquance et le respect des lois", plus précisément l’application des obligations de quitter le territoire français (OQTF). "Quand une décision de justice est prise, elle doit être exécutée, et il faudrait que les OQTF que les personnes soient maintenues en rétention jusqu'à leur expulsion, qu'elles ne soient pas laissées en liberté".

La candidate de l'union des gauches estime quant à elle que la priorité des législateurs doit être celle de l'accueil des étrangers. "Pourquoi viennent-ils ?, interroge-t-elle. Parce qu'il y a une instabilité politique dans leur pays, qu'il n'y a pas de formation professionnelle et que nous on peut s'enorgueillir d'en avoir une." Elle rappelle par ailleurs que de nombreux élus locaux ont su se mobiliser pour accueillir les réfugiés ukrainiens dés le début de la guerre. 

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