• DÉCOUVERTE
  • MÉTÉO
  • VOS RENDEZ-VOUS
  • économie
  • FAITS DIVERS
  • POLITIQUE

Superquinquin : un supermarché coopératif “dont vous êtes le héros”

La devanture de Superquinquin, à Lille Fives.
La devanture de Superquinquin, à Lille Fives.

Le premier supermarché coopératif de Lille a ouvert ses portes le 1er avril. Pour pouvoir y faire ses courses, il faut avoir pris des parts dans la société, et donner de son temps pour la faire tourner. Son slogan : « Superquinquin : le supermarché dont tu es le héros ».

Par Myriam Schelcher

Tenir la caisse, ranger les rayons ou gérer les approvisionnements, les héros de Superquinquin font tout cela à la fois, à tour de rôle. Ils sont coopérateurs du premier supermarché coopératif des Hauts de France, qui s’est installé dans le quartier populaire de Lille Fives. Tous s’engagent à donner trois heures de leur temps chaque mois pour faire vivre cette alternative collaborative à la grande distribution. En échange, ils peuvent y faire leurs courses, et acheter à prix compétitifs des produits majoritairement bio, ou locaux, qu’ils ont eux-mêmes choisis. Sans tête de gondole ni marketting inutile.
Superquinquin : le premier supermarché coopératif
Un reportage de Myriam Schelcher  - F3 Nord

500 coopérateurs pour démarrer

Bref, Superquinquin est le supermarché de leurs rêves, et ils sont déjà plus de 500 à avoir rejoint l’aventure. Parmi ces Superquinquins, Mathilde, urbaniste, Hubert, ingénieur dans l’industrie ferroviaire, ou encore Luc, retraité de la grande distribution, qui n’hésite pas à venir d’Hazebrouck en train pour participer à ce beau projet collectif. Tous ont le sentiment « qu’ensemble on est plus fort », qu’ils peuvent contribuer « à changer le monde », et que ce type de projet peut « donner plus de bonheur et de pouvoir d’achat à tout le monde ».

Pour sa première prise de poste, Mathilde s’est retrouvée directement propulsée « hôtesse de caisse ». Elle scanne les produits, dans un mélange de concentration et d’amusement. « J’ai l’impression de jouer un peu à la marchande », sourit-elle. « Il y a un côté rigolo et puis ce n’est comme si j’étais caissière à « biiip » (sous-entendu une enseigne de supermarchés classique, NDLR). Là, c’est convivial, on accueille les gens, tout le monde se tutoie, on est tous contents d’être là, ce n’est pas la corvée des courses » .

La qualité plutôt que la quantité

Rien à voir avec la grande distribution, la formule revient dans toutes les bouches. Ici, pas de hiérarchie, pas de patron (ou alors, les 500 coopérateurs réunis), tout le monde est à égalité. Superquinquin a démarré avec peu de produits, pour permettre à tous de se familiariser avec le monde du commerce.

Le rayon des produits en vrac est amené à s’étoffer avec bientôt 100 références. Moins d’emballages inutiles et moins de gaspillage en perspective. « On mange trop, on a le frigo trop plein, on jette de trop, c’est affolant. Donc si on est un peu plus concentrés, on achètera différemment : plus la qualité et moins la quantité », prophétise Luc, le retraité de la grande distribution qui en a vu toute l’expansion et les dérives hyper-consuméristes au fil de sa carrière professionnelle.

Ces super héros là n'ont pas d'autres pouvoir que de partager une belle aventure éthique et collective, et c’est déjà pas mal. Il existe une quinzaine de projets de supermarchés coopératifs et participatifs aujourd'hui en France et en Belgique.

A l’instar de Superquinquin, certains ont déjà ouvert leurs portes comme «La Louve » à Paris. D’autres préfèrent s’appeler « épicerie » ou « superette » coopérative. Mais partout la philosophie est la même : permettre à des citoyens de se réapproprier leur acte d’achat et ainsi à des producteurs de vivre décemment, tout en faisant du bien à la planète.

Eric, ouvrier dans l'industrie, et fier d'être un Superquinquin de conclure : « C'est la vision d'un monde plus juste, plus humain, où les gens comptent pour eux-mêmes et pas pour leur carnet de chèque".





Devenir coopérateur à Superquinquin

Pour devenir sociétaire de la coopérative SuperQuinquin, il faut souscrire un minimum de 10 parts sociales de la coopérative, soit un montant minimal de 100 euros. (Une part sociale = 10 euros). Pour les personnes bénéficiaires de minima sociaux ou étudiants, il est possible de ne souscrire qu’une seule part sociale à 10 euros.

Prochaines réunions d’information les 23 mai, 27 juin et 18 juillet à la Grappe,  75 rue Gambetta à Lille (Prox. Métro république)

A lire aussi

Sur le même sujet

La Séquence du filmeur

Les + Lus