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Tabac, alcool, cannabis : les jeunes du Nord et du Pas-de-Calais moins touchés qu'ailleurs en France

Un rapport sur les addictions chez les jeunes de 17 ans a été publié cette semaine. La population de la région figure parmi les moins atteintes.

Les jeunes du Nord et du Pas-de-Calais consommeraient moins d’alcool, de tabac et de cannabis, n’en déplaise aux stéréotypes. La dernière étude « Jeunes et addictions » de l’Office français des drogues et toxicomanies (OFDT), appuie ce constat.

En 2015, l’organisme a questionné des Français de 17 ans, sélectionnés de manière à obtenir un échantillon représentatif. Ils ont été interrogés sur leur consommation de l'année précédente. L’OFDT a choisi de se focaliser sur l’adolescence, une période fondatrice des comportements d’adulte.

Premier constat : il n’y a pas de déterminisme pour expliquer la consommation de ces substances. Le directeur du rapport souligne le rôle du milieu socio-économique des jeunes : « Les inégalités entre espaces géographiques, notamment économiques, jouent un rôle non négligeable sur les niveaux d’usages des régions », explique François Beck. En d’autres termes, les revenus des parents conditionnerait le comportement de leur enfant vis-à-vis des drogues et de l’alcool. Cette logique ne semble pas s'appliquer à la région, qui rassemblait en 2015 plus d'un million d'habitants sous le seuil de pauvreté.

L’OFDT explique aussi les variations par des éléments culturels. « Dans des régions viticoles comme les Pays de la Loire ou la région Rhône-Alpes, les traditions liées à la culture du vin peuvent expliquer un tropisme vers les consommations d’alcool ; en Bretagne, la consommation d’alcool semble davantage valorisée parmi les jeunes que dans les autres régions ».

Les chiffres varient selon les régions à cause de leur géographie : la présence de routes du trafic de produits illicites favorise la consommation régulière de cannabis, comme c’est le cas dans le sud de la France. La proximité d’une frontière peut permettre l’approvisionnement en tabac moins cher. Cette dernière variable n’est pas vérifiée dans le Nord, pourtant proche de la Belgique.

On ne fume pas plus qu’ailleurs dans le Nord-Pas-de-Calais, malgré la proximité des bureaux de tabac belges, moins chers. Un jeune nordiste sur trois fume régulièrement, un taux proche de la moyenne nationale (32%). L’ensemble de la France est homogène, même si on fume légèrement moins en Alsace (28%) et en Île-de-France (27%).

Le rapport souligne aussi que la consommation d’alcool varie plus selon les régions que celle de tabac. Les différences territoriales sont encore plus marquées pour ce que l’OFDT nomme l’alcoolisation ponctuelle importante (API), comprenez les beuveries intenses. Trois ensembles se dessiner : l’Île-de-France et le Nord, où l’on consomme moins, le grand Ouest et le Sud, au-dessus de la moyenne, et la région PACA, isolée, en-dessous de la moyenne. Dans le Nord-Pas-de-Calais, 43% des jeunes de 17 ans ont déclaré avoir connu un épisode d’ivresse importante par mois (65% chez nos amis Bretons).

Pour le cannabis aussi, le Nord fait figure d’exception. Seuls 6% des jeunes en consomment régulièrement, le double en région PACA. Là aussi, un affrontement Nord-Sud semble se dessiner.

 Recueillies à l’échelle européenne, l’enquête a permis d’acquérir des données essentielles pour adapter les politiques publiques de prévention. 
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