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France 3 Régions et le réseau France Bleu se mobilisent pour une journée spéciale « Tous apprentis ! » ce lundi 28 mai. L'occasion de découvrir des visages de l’apprentissage dans nos régions françaises.

Longtemps les formations en apprentissage ont été considérées comme des voies de garages pour ceux qui n’étaient pas doués pour les études ou tout simplement pas en phase avec le parcours scolaire dit « classique ». Aujourd’hui le regard a changé et l’apprentissage devient une filière convoitée : il permet aux jeunes de mettre en pratique des connaissances théoriques tout en profitant d’une réelle plongée dans le monde professionnel. C’est devenu une voie royale.


Retrouvez l'ensemble des contenus 'Tous Apprentis' de France 3 Régions sur cette carte :

 

Alternance, apprentissage ou professionnalisation ?

Tout d'abord faisons le point, car il est bien difficile de s'y retrouver avec ces différents types de contrat. Pour être recruté en alternance, il existe deux possibilités : le contrat d'apprentissage diplômant - c'est à dire qu'il permet d'obtenir un diplôme d'État (CAP, BAC, BTS, Licence, Master,…) ou le contrat de professionnalisation. Celui-ci permet d'accéder à une qualification professionnelle reconnue - un diplôme ou un titre professionnel enregistré dans le Répertoire national des certifications professionnelles. 

 

Le maître d'apprentissage

C'est celui qui va suivre l'apprenti au sein de l'entreprise pour lui permettre d'acquérir les savoirs professionnels nécessaires à l'exercice du métier. Il exerce un rôle important dans l'aventure au pays de l'apprentissage. 

Transmettre et être à l'écoute des jeunes

K. Desroses, la présidente de la Chambre des métiers et de l'Artisanat de la Vienne dresse le portrait : « Un maître d’apprentissage doit être passionné par son métier. Il doit vouloir transmettre et être à l’écoute des jeunes. On recrute des jeunes qui souvent n’ont que 16 ans, un âge parfois difficile. »

 

Sans CFA pas d’apprentis !

Avant de trouver une entreprise, l’étudiant qui souhaite faire de l’apprentissage doit trouver un CFA c'est à dire une école, que l’on connaît plus communément sous le nom de Centre de formation d’apprentis. Et en la matière il a le choix : on en compte 1200 en France (DARES 2016) qui proposent des formations allant du CAP au Master II. Il existe un large choix de spécialités, de la mécanique à l’artisanat en passant par le journalisme.

Tout le monde y trouve son compte, même ceux qui se dirigent vers des carrières artistiques. A Nancy par exemple, Le CFA Métiers des arts de la scène prépare à des carrières de régisseur d’orchestre ou même artiste de chœur. 

Et pour ceux que le monde médical fait rêver…il existe à Marseille un CFA Pharmacie qui offre une formation au BEP de préparateur en pharmacie - un métier méconnu qui offre de belles perspectives d’embauche. D'autant plus que cet établissement manque d'apprentis. 


Paroles d’apprentis

412 437 apprentis un France. Certains suivent des formations dans la vente, d’autres dans l’artisanat et d’autres encore dans la communication. L'éventail est vaste ! Les parcours et les expériences sont différentes mais tous sont contents de leur choix : 

A Clermont-Ferrand, Abigaïl Brassel fait partie de ces jeunes qui ont choisi la « voie royale » de l’apprentissage.  Elle est ravie de son cursus dans la maintenance automobile : « Cela me plait beaucoup car je suis indépendante financièrement vis-à-vis de mes parents et j'ai acquis de la maturité. L'apprentissage permet d’ouvrir de nouveaux horizons pour une future embauche. »

A Paris, Aïcha est conseillère financière à La Banque Postale. Sa formation lui permet d'être "en phase avec le réel". De la théorie, de la pratique... Durant cette année de formation, "on peut faire ses preuves", apprécie-t-elle. Chaque jour, elle travaille en doublure avec un conseiller financier plus aguerri. 
 

 

Un accès à des métiers méconnus

L'apprentissage permet d'accéder à des métiers parfois étonnants. Si on a tous en tête l'image de l'apprenti boulanger, il existe des formations qui peuvent paraitre plus inattendues; par exemple travailler au plus près des chevaux.

Au Centre de Formation des Apprentis Tours-Fondettes une spécialisation propose de devenir palefrenier-soigneur. France 3 Centre Val de Loire a pu rencontrer un groupe de 1ère Bac Pro composé exclusivement de jeunes filles. Parmi elles, Johannie, 18 ans. Bonne étudiante dans la fillière générale, elle ne trouve pas d'orientation et décide de se tourner vers l'apprentissage et de se consacrer aux chevaux : "Je bosse dans une écurie de galopeurs (dans le domaine des chevaux de courses ndlr), mais en pré-entraînement. On débourre, on leur apprend toutes les bases, on les dresse. On fait aussi de l'élevage. Ce que je préfère c'est m'occuper des poulains, les voir naître..."

Pour Johannie, l'apprentissage n'avait rien d'un second choix. / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL
Pour Johannie, l'apprentissage n'avait rien d'un second choix. / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL

La relève de l'artisanat français

L’alternance c’est aussi la possibilité d’exercer des métiers d’artisanat pour lesquels il est primordial de suivre une formation de qualité. 250 métiers qui vont de l’aide à la personne à la coiffure en passant par l’artisanat d’art.

Cindy Delaitre, responsable de la Chambre des Métiers et de l'artisanat de Vienne, rappelle qu’il est important de former les jeunes pour assurer la continuité du savoir-faire français : « L’apprentissage c’est une branche de l’artisanat. Sans artisanat, il n’y a pas d’apprenti, c’est à peu près clair. Sans apprenti, l’artisanat ne pourra pas continuer à fonctionner puisque ce sont les futurs repreneurs des entreprises. »

Des jeunes qui veulent faire perdurer les métiers d'artisanat il y en a plein ! Exemple à Limoges où Jonathan est apprenti vitrailliste : déjà titulaire d'un premier CAP de décorateur sur verre, il a décidé de poursuivre ses études pour se former à un métier qui le passionne. Après avoir contacté un nombre impressionnant d’entreprises, il décroche enfin un contrat à l'Atelier du vitrail. "Je trouve qu’on apprend plus facilement et mieux en apprentissage que dans un cursus purement scolaire", répond-t-il quand on lui demande ce qu'il pense de sa formation. 

Art et industrie céramique

Même motivation chez Inès, passionnée par la porcelaine, qui s'y est installée pour suivre un apprentissage de conceptrice en Art et industrie céramique.  « J’avais envie de travailler la matière, de travailler avec mes mains. Il y a tout un savoir-faire qui est très intéressant à apprendre […] La porcelaine est aujourd’hui très contemporaine. Maintenant on peut faire des luminaires, des pots à bougies. Ce n’est pas forcément les services d’art de la table qu’on connaît, qui d’ailleurs maintenant sont revisités avec des lignes beaucoup plus épurées.  »
 

L'excellence du compagnonnage

Les compagnons du devoir... Le poids des traditions mais aussi de l'histoire. C'est une association fondée en 1941 qui offre des formations en apprentissage suivant les traditions du compagnonnage, lui beaucoup plus ancien. Le slogan,  « Soyez de ceux qui construisent l'avenir ! », éclaire leur mission. La formule proposée par le compagnonnage réside dans le principe d'un Tour de France, pour permettre aux jeunes en changeant de régions d'acquerir de nouvelles compétences. 

c’est une école de la vie

Mathieu Sammut, formateur chez les Compagnons de Muizon, explique l’importance de ce type de formation : « L’apprentissage apporte aux jeunes une manière d’être, de travailler évidemment. Mais c’est une école de la vie, comme on aime le dire chez les Compagnons du devoir. »

 

Bientôt...l’apprentissage jusqu’à 30 ans

L'âge limite pour faire de l'apprentissage est fixé à 26 ans. Depuis un an neuf régions testent un dispositif expérimental qui étend l'âge limite à 30 ans. Bonne nouvelle encore : la réforme de l'apprentissage va étendre le dispositif à toute la France. 

Charles fait partie de ceux qui ont pu profiter de la phase de test. Après un début de carrière dans la restauration, il a sauté sur l'occasion pour se reconvertir dans la mécanique navale. Cet amoureux des bateaux exerce enfin sa passion : "Aujourd'hui, je fais des réparations sur les bateaux, des hivernages, des remises en route, le montage de bateaux neufs". Mais s'il est heureux de son choix, il concède avoir un peu de mal avec la formation théorique : "Après sept année de vie active, c'est compliqué. Reprendre les horaires et les règles un peu strictes…"

 

Le mot de la fin

On laisse le mot de la fin aux premiers concernés .  Le choix de l'apprentissage est dans l'immense majorité des cas vécu avec bonheur. Mais une ombre reste à ce tableau, la difficulté de trouver parfois des patrons qui accepte ces contrats. Certaines filières sont plus pénalisées que d'autres : la communication par exemple.