"Tous chez Macron" : les motards "en colère" manifestent au Touquet pour "remettre un coup de pression" contre le contrôle technique

À l'appel de la Fédération française des motards en colère et de la Fédération des bikers de France, les deux-roues se mobilisent ce samedi 22 avril 2023 contre le contrôle technique obligatoire. Dans le Pas-de-Calais, un cortège s'est élancé depuis Montreuil-sur-mer pour rejoindre le Touquet, où le président de la République possède une villa.

"Tous chez Macron", écrit la Fédération des bikers de France (FBF) dans son appel à manifester contre le contrôle technique des deux roues, ce samedi 22 avril.

Malgré le temps pluvieux, les motards des quatre coins de la région se sont rassemblés dès 10h pour rejoindre Montreuil en début d'après-midi. Avant de former un cortège en direction du Touquet, ville chère à Emmanuel Macron. Près de 600 manifestants se sont mobilisés selon les organisateurs. 

"Une pompe à fric"

En tant que biker, c’est vital de véifier l’état de la machine. On les entretient déjà. Il n’y a pas de motif valable et sérieux pour imposer le contrôle technique", s'offense Hugues-Eric Debisschop, président de la FBF du Nord. "C’est une pompe à fric", estime-t-il.

Le contrôle technique n'améliore pas la sécurité. Il consisterait à une forme de contrôle visuel, et tout bon motard qui se respecte le fait déjà.

Michel Wosindki, coordinateur de la FFMC Pas de Calais

France 3 Hauts-de-France

Pour lui, le contrôle technique est d'abord une histoire d'argent : "L'étude sur l'accidentologie a été réalisée par des lobbys, qui ont fait gonfler les chiffres. Seul 0,3 à 0,5% des accidents de deux-roues sont liés à leur mauvais état." 

Même constat pour Michel Wosindki, coordinateur de la Fédération française des motards en colère (FFMC). "Le contrôle technique n'améliore pas la sécurité. Il consisterait à une forme de contrôle visuel, et tout bon motard qui se respecte le fait déjà."

Sentiment de déjà vu 

Le gouvernement avait déjà annulé le contrôle technique en juillet dernier, à l'aide d'un décret qui visait à le remplacer par des mesures alternatives.

"Le contrôle technique avait été implémenté à la suite d'une demande de l'UE, mais on avait négocié des alternatives avec le ministère du transport", raconte Michel Wosindki. Mais après le recours de trois associations écologistes parisiennes au Conseil d'Etat, celui-ci l'a imposé à nouveau le 31 octobre 2022.

On défend le droit à rouler avec des motos qui nous ressemblent

Hugues-Eric Debisscho, président de la Fédération des bikers de France

France 3 Hauts-de-France

Déjà mobilisés le 26 novembre 2022 pour dénoncer la décision du Conseil d'Etat, les motards veulent ainsi "remettre un coup de pression" sur les pouvoirs publics, comme l'explique Hugues-Eric Debisschop. Les fédérations considèrent que le gouvernement pourrait encore intervenir: "Depuis quand la réglementation est-elle décidée par le Conseil d’État ?" écrit la FFMC.

Le droit à la customisation

Dans ce contexte, les deux fédérations proposent à nouveau des alternatives au contrôle technique. Pour la sécurité, la FFMC propose par exemple plus de communication sur les équipements de sécurité des deux-roues ou de former les autres usagers de la route à faire attention aux motards et scouteristes.

La FBF est quant à elle favorable au contrôle technique, mais seulement en cas de revente du véhicule. Elle défend un cadre légal qui permettrait la customisation des motos, une carte grise personnalisé et non liée à un modèle précis de moto.

"On défend le droit à rouler avec des motos qui nous ressemblent, pour que chacun puisse mettre son coeur et sa personnalité dans la machine", relate Hugues-Eric Debisschop. Des revendications que les motards auront l'occasion d'exposer samedi 22 avril après-midi. 

Une délégation de motards a été reçue par Isabelle Fradin-Thirode, la sous-préfète, Daniel Fasquelle, maire du Touquet, et le député de la 4e circonscription du Pas-de-Calais, Philippe Fait. Celui-ci s'est engagé à communiquer leurs griefs au ministre des transports. L’objectif est donc presque réussi : "On veut que les élus remontent nos revendications aux plus hautes autorités, explique Michel Wosindki. On leur remettra à chaque fois un courrier pour le président.”

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