Une vague de fermetures des classes annoncée dans l'académie d'Amiens

Le rectorat ne communiquera ses chiffres qu'à la fin de la semaine mais les syndicats annoncent déjà une fermeture massive des classes en Picardie. Dans la Somme notamment, près de 500 classes vont fermer cette semaine.

Après les nouvelles règles annoncées par le ministère de l'Éducation, près de 500 classes fermeront dans la Somme
Après les nouvelles règles annoncées par le ministère de l'Éducation, près de 500 classes fermeront dans la Somme © FTV

Depuis lundi 29 mars, en raison de la dégradation des taux d'incidence de Covid-19, les règles ont changé. Désormais, les classes ferment à partir d'un cas positif, tous niveaux scolaires confondus (primaire, collège, lycée), dans l'ensemble des départements concernés par le renforcement des mesures sanitaires.

Les conséquences ne se sont pas faites attendre. Si le rectorat refuse de donner des chiffres tant qu'ils ne sont pas consolidés, les syndicats enseignants annoncent déjà la couleur. 

Fermetures en série

Dans la Somme, "l'inspection académique estime entre 80 et 100 classes fermées chaque jour d'ici la fin de la semaine, ce qui ferait 500 fermetures de classes écoles et collèges, publiques et privés" rapporte Haydée Leblanc, co-secrétaire départementale SNUipp-FSU 80. "Les fermetures étaient inévitables mais elles vont dans un sens de protection des personnels, des familles et des élèves. La preuve, dès que le ministre a annoncé le renforcement des consignes, ça a été la panique. Ça a fermé à tour de bras, ce qui était normal mais ça peut avoir un effet inverse. Ça donne l’impression que le virus circule encore plus alors que c’est la preuve qu’il circulait déjà. Les organisations syndicales alertent depuis des mois. Les chiffres communiqués ne sont pas le reflet de ce qui se passe dans les écoles".

"Depuis la décision du ministre, on sait que mathématiquement, ça va entraîner beaucoup de fermetures". s'inquiète Guillaume Ancelet, secrétaire départemental FSU 80 et professeur d'EPS dans un collège à Chaulnes. "Ici, dans le Santerre, c'est un secteur très touché. Le collège a fermé 10 classes, 4 de 4e, 4 de 3e. Ça, c'était avant l'annonce de Blanquer. Depuis lundi matin, il y en a 1 en 6e et 1 en 5e". 

"C'est l'hécatombe"

Même constat dans l'Oise. "C'est l'hécatombe" déclare Pierre Ripart, secrétaire départemental du SNUipp-FSU 60. Le syndicaliste estime entre 150 et 200 fermetures de classes "parce qu'il y a un cas Covid mais ça risque de doubler, voire de tripler d'ici la fin de semaine". Des chiffres qui selon lui ne reflètent pas la réalité. 

"D'autres classes sont fermées mais pas administrativement. C’est parce qu’il n’y a pas de remplaçant. L’enseignant peut être un cas positif ou un cas contact ou en garde d’enfant. Dans la réalité, les élèves ne sont pas là. L’administration joue un jeu subtil où elle dit ‘vous prenez ou vous ne prenez pas’. Actuellement, 200 classes ne sont pas remplacées dans le département de l’Oise".

La continuité pédagogique en question

Au-delà des fermetures annoncées, se pose la question de la continuité pédagogique.   

"Ce n’est pas parce que le ministre dit que la continuité pédagogique doit être mise en œuvre, qu'elle va se faire., regrette Haydée Leblanc. On a l’impression qu'un an après, on va être dans la même configuration. Il n’y a aucun temps qui a été posé par notre hiérarchie pour évoquer la situation de l’an dernier alors qu’on aurait pu en tirer une force pour être réactif facilement". 

"Le problème, c'est le dépistage"

Autre pierre d'achoppement, la sécurité sanitaire. Selon les syndicats enseignants, les conditions ne sont pas réunies pour enseigner en toute sécurité. 

"On n’est pas rassurés par notre ministre" ajoute Pierre Ripart. "Par exemple, dans l’académie, on attend des masques qui ne sont toujours pas là. La vaccination n’est toujours pas là. Les tests salivaires non plus". 

"On est plus craintif avoue Guillaume Ancelet. On va un peu bosser la peur au ventre, surtout qu’on n’a pas eu de nouveaux masques depuis janvier. Qu’il y ait une pénurie quand on se fait surprendre comme au début, d’accord mais là, non. Qu’on ne soit pas encore au point, c’est fatiguant".

"Le problème, c'est le dépistage, insiste Guillaume Hily, secrétaire départemental du FSU de l'Aisne, ce n'est pas parce qu'on décrète qu'avec un cas de Covid, on isole une classe. Il n'y a pas suffisamment de tests. Un enfant peut être asymptomatique. La question qui se pose vraiment, c'est 'est-ce qu'il ne vaudrait pas mieux fermer 15 jours avant les vacances, pour gagner du temps sur l'arrivée des vaccins. Mais ce sont les autorités sanitaires qui peuvent décider". 

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