US Open : Mladenovic, sous surveillance sanitaire renforcée, battue au 2e tour (après avoir eu 4 balles de match)

La Nordiste Kristina Mladenovic, 44e mondiale et sous surveillance sanitaire renforcée, s'est effondrée physiquement mercredi au 2e tour de l'US Open et a été éliminée par la Russe Varvara Gracheva (102e) 1-6, 7-6 (7/2), 6-0, après avoir eu quatre balles de match.
Kristina Mladenovic, en février 2020
Kristina Mladenovic, en février 2020 © ALI HAIDER / EPA / Newscom / MaxPPP
Menant 6-1, 5-1 service à suivre, Mladenovic semblait se diriger vers un qualification aisée. Mais elle a cédé deux fois sa mise en jeu d'affilée, manqué quatre balles de match et permis à la Russe, qui participe à son premier US Open, de revenir à 5-5 et de s'imposer dans le tie break sur sa
2e balle de set. Dans la foulée, la Française de 27 ans s'est absentée du court et à son retour... Rien n'a changé, elle ne s'est plus jamais montrée dangereuse. Pire, elle s'est effondrée physiquement au fil des points. Mladenovic avait joué les quarts de finale de l'US Open en 2015, mais n'a plus dépassé le 2e tour depuis.

Testée quotidiennement

Elle fait partie des cinq joueurs français, avec Richard Gasquet, Adrian Mannarino, Grégoire Barrère et Edouard Roger-Vasselin, à avoir dû signer un nouveau protocole sanitaire encore plus contraignant pour avoir côtoyé Benoît Paire, exclu du tournoi pour un test positif au Covid-19.

Mise à l'isolement, elle était notamment testée quotidiennement pour le coronavirus et était autorisée à participer à l'US Open tant qu'elle se pliait au contrôle extrêmement strict de ses mouvements et que ses tests étaient négatifs.


 
"Si j'avais su, je n'aurais jamais mis les pieds au tournoi", accuse Mladenovic
 La 44e mondiale est apparue en pleurs en conférence de presse, complètement abattue. "Je suis complètement épuisée (...) je veux juste remercier l'USTA pour cette expérience irréelle", a-t-elle lancé ironiquement en anglais avant de développer ses griefs en français.

QUESTION : Vous avez l'air complètement détruite, on ne vous a jamais vue comme ça...
"Oui, je suis complètement effondrée. Je jouais super bien, mais je n'ai pas su finir le match. J'étais à un fil. Elle a commencé à remonter au score et petit à petit, je me suis effondrée, je n'ai pas d'autre mot. Je suis à bout. Je n'ai jamais été dans un état pareil. Je suis complètement à bout. C'est un cauchemar ce qu'on vit là. Je n'ai qu'une seule envie, c'est de retrouver ma liberté. Il faut qu'on se batte pour avoir notre liberté. Je voudrais tellement dire plein de choses sur ce qui se passe ici, c'est absolument abominable comment ils nous traitent, mais je n'ai pas envie que ce soit une excuse à ma défaite. Ce n'est pas la faute de l'USTA le fait que je n'aie pas converti mes 4 balles de match. Il ne faut pas qu'on se trompe."

Cet effondrement est-il lié aux conditions de vie qui sont les vôtres depuis trois jours ?
"Le 3e set, clairement. Je ne vais pas chercher d'excuse pour le 2e set: je joue très bien, je suis à un point de rendre la copie parfaite. Mais le troisième
set, ce que je ressens, c'est de la détresse, vraiment. Il faudrait s'asseoir pour  vous faire une liste de ce qu'on est en train de subir. C'est même pas acceptable
ce qu'on vit. Même pour faire un pas à droite, il faut demander la permission. On n'a pas de liberté de mouvement, d'identité, de rien. J'ai l'impression qu'on
est des prisonniers, des criminels. Pour le moindre mouvement, il faut demander la permission si on a le droit de le faire alors qu'on est testé tous les jours
et qu'on a eu 30 tests négatifs. C'est abominable, les conditions sont atroces. Si j'avais su que jouer 40 minutes aux cartes, avec un masque, avec un joueur (Paire) qui a été testé positif, mais finalement négatif, ça aurait entraîné ces conséquences, je n'aurais jamais mis les pieds à ce tournoi."


Justement, Benoît Paire a été testé négatif finalement...
"Je ne sais pas quoi vous dire, on vit un cauchemar. On est impuissants et on ne fait que subir. On n'a le droit de rien faire, on est prisonniers de tout."
 
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