Vélos électriques : avec l’explosion de la demande, les fabricants parient sur Lille et son agglomération

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Écrit par Yves Asernal

Après le premier confinement, la vente de vélos à assistance électrique a explosé dans les grandes métropoles françaises. En tête, Lille, de plus en plus attractive pour les fabricants.

Après s’être implanté en Amérique du Nord, en Australie et en Argentine, Leon Cycle se lance à la conquête du marché français. Les vélos du fabricant allemand étaient jusque-là vendus dans des boutiques partenaires, il sera désormais possible de les acheter dans les magasins de la marque. La première boutique s’est ouverte à Lille. " Le marché du vélo électrique est en pleine expansion dans la métropole", explique son gérant Benjamin Bonnaire. Et d’annoncer : " Pour ma première année d’exploitation, mon objectif, c’est un million d’euros de chiffres d’affaires."

Dans l’Hegaxone, la part du vélo électrique a cru de 29 % en 2020 contre 10 à 20 % les années précédent le Covid. Pour attirer la clientèle, Benjamin Bonnaire met en avant la qualité allemande : " Nous fabriquons nos propres moteurs, ça rassure nos acheteurs et nos prix sont très abordables."

"L'année dernière, notre production de vélos électriques a augmenté de 47 %"

Le Covid a aussi impacté la stratégie de développement du fabricant de vélo de la métropole, O2 Feel, installé à Wambrechies. " En 2019, nous avons vendu 17 000 vélos", explique son directeur marketing, Xavier Moleux. "L’année dernière, notre production a augmenté de 47% et en 2021, 37 000 unités devraient sortir de nos ateliers. Nous avons dû répondre à la forte demande en accélérant le rapatriement de nos ateliers d'assemblage à Taïwan et au Portugal. En montant très rapidement un atelier d’assemblage à Wambrechies et en embauchant une dizaine de personnes."

L’explosion de la demande de vélos électriques à la fin du premier confinement a surpris tous les fabricants. "Fin avril 2020", analyse le directeur marketing, "il y a eu un retournement complet du marché du vélo en France. Le vélo mécanique qui régnait sur les ventes a cédé sa place de leader au vélo électrique." 

Le VAE se taille désormais la part du lion sur la mobilité douce. Plus d’un vélo sur deux vendu en France aujourd’hui est un vélo électrique.  "Et la part aurait été encore plus grande si il y avait eu plus de vélos prêts à être achetés", souligne Xavier Moleux. "Chez nous, on a travaillé quasiment non stop et atteint notre limite de livraison."

"Aujourd'hui la moyenne d'âge des usagers de vélos électriques est tombée en dessous de 40 ans."

Les ventes se sont d’ailleurs poursuivis à un rythme soutenu après ce premier confinement. A tel point qu’aujourd’hui, un revendeur qui n’a pas commandé à l’avance ses vélos pour la saison 2022, va avoir du mal à s’en procurer. "Le Covid a complètement changé les règles de fonctionnement du marché : le petit magasin qui, avant, nous appelait pour savoir si on avait des vélos disponibles parce que le client en face de lui voulait acheter un vélo, c’est terminé ! Aujourd’hui, le revendeur est obligé de cadencer ses commandes et d’anticiper ses stocks. On se rapproche du marché de l’automobile, on passe d’un marché artisanal à un marché industriel."

Avec le Covid, le vélo électrique a poursuivi sa démocratisation. "Au début, les VAE, c’était pour une clientèle senior. Aujourd’hui la moyenne est en dessous de 40 ans. Les VAE ne sont plus considérés comme des vélos pour fainéants mais des produits de geeks. C’est un des seuls marchés où la population d’usagers rajeunit."

Et les années qui viennent devraient renforcer cette tendance. Avec l’évolution de la législation dans les grandes villes : généralisation des 30 kilomètres heures en coeur d’agglomération, stationnement payant pour les motos et les scooters… 

La métropole européenne de Lille a d'ailleurs voté fin juin un plan de 100 millions d’euros sur cinq ans pour augmenter la part du vélo dans les déplacements de ses habitants, notamment en aménageant de nouvelles pistes cyclables.

Enfin le nombre d’usagers de VAE en augmentation devrait rassurer les plus hésitants. Le premier frein à l’achat d’un vélo en ville, c’est, selon les prfessionnels, la sécurité de la personne.