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VIDEO. Darmanin ne veut pas maintenir la taxe d'habitation pour les 20% les plus riches (il a changé d'avis)

Gérald Darmanin à Lille ce jeudi midi. / © France 3
Gérald Darmanin à Lille ce jeudi midi. / © France 3

Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics a exprimé ce jeudi à Lille sa volonté de supprimer totalement la taxe d'habitation. En début de semaine, il affirmait pourtant une position sensiblement différente.

Par EM avec AFP

La suppression de la taxe d'habitation, amorcée en 2018 (pour 1/3 des foyers), sera-t-elle vraiment totale d'ici 2021 ? La question semblait tranchée. Mais la crise des Gilets jaunes et la perspective d'un grand débat national a changé la donne. 

L'Elysée a assuré en début de semaine que la suppression de la taxe d'habitation pour les contribuables les plus riches serait bien "sur la table" du grand débat et pourrait donc être réexaminée. Des ministres se sont prononcés pour, d'autre contre.  Même débat chez les députés LREM. 

Gérald Darmanin, en déplacement dans le Nord ce jeudi, a exprimé sa position sur France 3 Nord Pas-de-Calais : "Moi je suis favorable à la suppression totale de la taxe d'habitation. Il y a un débat dans lequel on va parler beaucoup de fiscalité, ça intéresse manifestement les Français. Moi j'encourage d'ailleurs les Français à participer à ce débat. Ne pas laisser simplement entendre ceux qui souhaitent qu'on augmente les impôts. Moi je suis favorable à toute baisse d'impôt et donc à la suppression totale de la taxe d'habitation."
 
Darmanin ne veut pas maintenir la taxe d'habitation pour les 20% les plus riches


Lundi, Darmanin était plus nuancé...


Et le ministre ajoute : "Ce qui a choqué les Français c'est qu'à partir de 2500 € par mois et par personne, ils étaient riches. Statistiquement, c'est vrai mais moi je sais qu'il y a des tas de gens qui touchent 2500/3000 € qui ne sont pas riches parce qu'ils ont une situation familiale ou un lieu de vie qui les contraint malheureusement à des dépenses. Les classes moyennes doivent être aidées dans notre pays donc je suis pour la suppression complète de la taxe d'habitation."

Lundi pourtant, le même Gérald Darmanin avait une position sensiblement différente. A la même question que celle posée par France 3 (NDLR : Bruno Le Maire n'a pas exclu hier que les plus riches continuent de payer la taxe d'habitation contrairement 80 % des Français, ça permettrait justement ça ? D'abord, est-ce que vous y êtes favorable comme lui ?), il répondait : "Eh bien, je suis, comme Bruno Le Maire, attentif aux débats, et les 20 % qui restent des contribuables…. 

"Certains ont de gros revenus et de grosses habitations. Peut-être qu'on pourrait imaginer qu'il ne serait pas juste de les exclure", avait-il également estimé sur RTL. Et il ajoutait : "Moi, je ne voudrais pas faire le débat avant le débat, on verra ce que diront les Français, on en tirera des conclusions au mois de mars prochain."
 
Gérald Darmanin, invité de RTL le 7 janvier 2019


"La position du gouvernement est celle d'une suppression à 100%", appliquée donc également aux contribuables les plus riches. "C'est ce qui est envisagé. Mais nous décidons de mettre cela sur la table pour le grand débat", avait annoncé mardi l'Elysée. 

Dimanche, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait le premier laissé entendre que l'exécutif pourrait revoir sa copie si une demande en ce sens venait à être formulée dans le grand débat. Avant, comme Gérald Darmanin d'être plus nuancé : "Moi, je suis favorable à la suppression de la taxe d'habitation dans sa totalité, mais puisque cela n'a pas été voté, cela peut faire partie du débat". 




 

Taxe d'habitation : débat, imbroglio et casse-tête financier

Durant la campagne, Emmanuel Macron avait promis de supprimer la taxe d'habitation pour 80% des ménages, à raison de trois tranches successives entre 2018 et 2020, pour un coût de près de dix milliards d'euros. Pour éviter de voir sa réforme retoquée par le Conseil constitutionnel, attaché au principe d'"égalité devant l'impôt", le chef de l'Etat a ensuite annoncé l'extension de cette mesure à l'ensemble des Français, pour un coût supplémentaire de sept milliards d'euros.

"Si la taxe d'habitation n'est pas un bon impôt pour 80% des Français, il y a peu de chances qu'elle le soit pour les 20% restants", avait-il justifié. Mais le mouvement des "gilets jaunes", en relançant le débat sur la politique fiscale du gouvernement, jugée trop favorable aux plus aisés, est venu perturber
la stratégie de Bercy.  "A l'origine, la suppression de la taxe d'habitation était ciblée sur les classes moyennes. Mais avec l'extension de la réforme, les principaux bénéficiaires seront les Français les plus aisés", rappelle Mathieu Plane, économiste à l'OFCE.

 Autre problème : la contrainte budgétaire née des mesures d'urgence, à commencer par l'abandon de la hausse de la taxe carbone, censée rapporter quatre milliards d'euros en 2019 et 10 milliards d'euros par an en fin de quinquennat. "Il y a un vrai problème budgétaire, qui va obliger le gouvernement à trouver
des solutions"
pour respecter ses objectifs de déficit public, rappelle M. Plane. Et cela d'autant plus "que la croissance est plus faible qu'attendu".

Mais revenir sur les promesses du chef de l'Etat vis-à-vis des 20% de Français les plus aisés s'avère délicat, d'autant que ces derniers constituent la "base
électorale"
de la majorité, souligne le chercheur.

 

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