Xavier Bertrand réélu président des Hauts-de-France à la majorité absolue : "Soyons fiers de notre région. Au travail !"

Vendredi 2 juillet, les 170 conseillers régionaux des Hauts-de-France ont élu le président de la région. Sans surprise, face à Sébastien Chenu (RN) et Karima Delli (EELV/gauche), Xavier Bertrand a été réélu à un poste qu'il devra peut-être quitter pour faire campagne pour la présidentielle 2022.
Arrivée de Xavier Bertrand au conseil régional des Hauts-de-France, le 2 juillet 2021
Arrivée de Xavier Bertrand au conseil régional des Hauts-de-France, le 2 juillet 2021 © Arnaud Moreau / FTV

Vendredi 2 juillet, à 9h30, les 170 conseillers régionaux nouvellement élus ou réélus ont voté pour le président du conseil régional des Hauts-de-France pour la mandature 2021/2027. Parmi les candidats, Xavier Bertrand, président sortant et vainqueur des élections régionales des 20 et 27 juin. Il représente l'Union de la droite et du centre.

110 votes sur 170

Face à lui, les deux autres têtes de liste qualifiées pour le second tour des régionales : Sébastien Chenu pour le Rassemblement national et Karima Delli, pour EELV et l'Union de la gauche.

Un par un, tous les conseillers régionaux ont été appelés pour déposer leur bulletin dans l'urne :

Sans surprise, Xavier Bertrand a été réélu avec 110 voix sur 170 votes exprimés. Sébastien Chenu, réprésentant le Rassemblement national obtient 32 votes et Karima Delli, pour EELV et l'Union de la gauche, 28 voix. Chaque candidat a recueilli les votes de son camp.

Dimanche 27 juin, Xavier Betrand, à la tête de la liste d'Union de la droite et de l'UDI Se battre pour vous, avait recueilli 52,37% des suffrages. Sa liste remporte ainsi 110 des 135 sièges au conseil régional :

Le.la président.e d'un conseil régional est élu.e à la majorité absolue des membres du conseil pour une durée de six ans. Cette élection ne donne lieu à aucun débat. Chaque candidat à la présidence d'un conseil régional doit préalablement remettre aux membres du conseil régional, par l’intermédiaire du doyen d’âge, une déclaration écrite présentant les grandes orientations de son programme.

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Président et candidat

La question qui dorénavant se pose, c'est de savoir si Xavier Bertrand réussira à être le président de la région Hauts-de-France et en campagne pour la présidentielle 2022 : au soir du second tour des régionales, Xavier Bertrand a confirmé qu'il est candidat à la prochaine présidentielle. Un scrutin prévu les 10 et 17 avril 2022, soit moins de 10 mois après l'élection du président des Hauts-de-France.

Cette réélection et sa candidature à la présidentielle, c'est sa revanche. Sa revanche sur une intelligentsia politique parisienne qui lui en a fait bavé. Jusqu'à devenir un homme politique qu’il n'a jamais aimé. Il ne s’en cache pas. Il n’est pas fier de toutes les contorsions qu’il a dû faire pour se faufiler dans le monde impitoyable des partis et des ministères, y jouer des coudes et s’y maintenir. La mue intervient en 2015 et la campagne pour les élections régionales. Cette année-là, l’ancien ministre de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy tombe la cravate et assume de se présenter enfin en vrai provincial débarrassé de son costume de politicien parisien.

"Cette campagne a changé à jamais ma façon de faire de la politique"dira-t-il sur France 2, juste après son élection. Une campagne dure et âpre contre Marine Le Pen.

"Je ne supporte plus la politique nationale"

Le 14 décembre 2015, au lendemain de sa victoire, Xavier Bertrand annonce renoncer finalement à la Primaire de la Droite en vue des élections présidentielles de 2017, pour laquelle il s’était pourtant beaucoup investi. "Depuis ces trente dernières années, reconnaît-il, il y a bien une faillite collective, et j’ai fait partie de cette classe politique. Si je réussis à faire mes preuves à la tête de cette région, alors oui, les gens pourront peut-être se dire que je mérite mieux que les politiciens parisiens." 

Et donc logiquement, en 2017, Xavier Bertrand quitte Les Républicains. Il ne croit plus aux partis politiques qui viennent de se fracasser sur l’élection présidentielle. Il n’a pas aimé voir les gaullistes hésiter à voter Macron pour faire barrage à Le Pen. Il dit ne plus reconnaître sa famille politique. Désormais, Xavier Bertrand va rouler pour Xavier Bertrand.

Car il en a bavé. Lui, l'ancien ministre de la Santé du gouvernement de Dominique de Villepin de 2005 à 2007. Lui, l'ancien ministre du Travail des trois gouvernements François Fillon (2007-2009 et 2010-2012). C’est le journaliste Karl Zéro qui raconte cette histoire pleine de morgue et de méchanceté. Xavier Bertrand est député. Il porte aux pieds des chaussures de la marque Méphisto (ce qu’il niera) qui font "floc floc floc" quand il marche. Paraît-il que des gens dans les couloirs rigolaient : "ah là là, voilà le bouseux qui arrive !" D’où le surnom.

"Je ne suis pas du sérail, je ne fais pas partie de l’aristocratie politique, je ne rentre pas vraiment dans les cases, je n’étais pas attendu dans le paysage, je ne viens pas de l’ENA, de Sciences-Po et des cabinets ministériels" énumère Xavier Bertrand. Il n’est pourtant pas sans bagage : maîtrise en droit public à l’université de Reims, puis DESS en administrations locales. Il a surtout une qualité : il a le cuir dur. Il encaisse.

En position de force à droite

Réélu à la tête de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand a réussi à s’imposer comme le meilleur candidat à droite pour 2022. Finies les moqueries. Le p’tit gros. Le petit assureur de Saint-Quentin. Le beauf. Le plouc de l’Aisne. Floc-floc. C'est lui qui dicte le timing et les règles à son ancienne famille politique dont il a été le secrétaire général de 2008 à 2010. C'est lui qui est, aujourd'hui, en position de force. 

Et comme il l'a laissé entrevoir dans son discours de victoire du second tour des régionales, sa revanche doit devenir celle d'une France "que l'on refuse de voir, que l'on refuse d'entendre et qui s'est abstenue ces deux dimanches. C'est le cri du cœur de la France qui chaque jour travaille et qui pourtant n'arrive plus à joindre les deux bouts. C'est le cri de la France à qui on demande toujours plus d’efforts et qui ne reçoit en retour que mépris et indifférence. C'est le cri de la France qui respecte les règles et qui voit que partout on piétine impunément la loi. C'est le cri de la France qui compte chaque euro pour boucler ses fins de mois et qui ne comprend pas comment on peut, à la fois, être le pays où l'on paye le plus d'impôts et où les services publics s'effondrent. D'ici, de cette région où on sait le prix de l'effort et du travail, c'est à vous, vous les silencieux, les invisibles, les oubliés que je m'adresse aussi : plus que jamais, je crois qu'il n'y a pas de fatalité que la politique n'est pas morte, qu'elle peut rendre la vie meilleure." 

Réélu président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand a seulement 10 mois pour convaincre les Français. 10 mois pour gagner un pari lancé en mars dernier. Et d'ajouter dans une interview parue le 28 juin dans Les Échos, sûr de son destin : "Mon moment, c’est 2022, pas 2027. Si je ne gagne pas cette fois-ci, je continuerai à diriger la région, mais pour la présidentielle, ce sera terminé."

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