Les jeunes, nouvelle cible des fédérations de chasseurs

La famille Montet, Julien, Emilien, le père Hervé et le grand-père Jean-Paul : une première saison de chasse pour les deux jeunes / © Margaux Margaux Dubieilh
La famille Montet, Julien, Emilien, le père Hervé et le grand-père Jean-Paul : une première saison de chasse pour les deux jeunes / © Margaux Margaux Dubieilh

Ces dernières années le nombre de chasseurs n’a cessé de chuter à mesure que les campagnes se vidaient. Pour enrayer ce phénomène et attirer de nouveaux adeptes, notamment les jeunes, le coût du permis de chasse national a été divisé par deux et les demandes multipliées par trois.
 

Par Stéphane Hilarion

Chez les Montet en Gironde, la passion de la chasse se transmet de père en fils depuis des générations. Et Hervé le papa est fier de faire sa première ouverture avec ses deux fils, Julien, 18 ans et Émilien, 17 ans. Une fierté partagée par leur grand-père, 71 ans, qui lui a obtenu son permis à l’âge de 16 ans.

Je ne devais pas chasser cette année. Parce qu'à 71 ans, je commence à fatiguer. Et puis j'ai dit non. Du coup, puisque vous chassez, je chasse. Jean-Paul Montet
 

Comme les deux frères, 1300 jeunes chasseurs ont fait leurs premiers pas ce dimanche en Gironde. Sur le plan national, 290.000 demandes de permis de chasse ont déjà été déposées pour la saison 2019-2020. Un chiffre en nette hausse par rapport à l'année dernière qui s'établissait à 90.000 à la même période.

Merci Macron !


"Ce que l'on doit reconnaître c'est qu'Emmanuel Macron a fait beaucoup pour la chasse", a déclaré vendredi 6 septembre sur franceinfo Henri Sabarot, président de la Fédération des chasseurs de Gironde, le département qui compte le plus grand nombre de chasseurs. Car pour les fédérations, la décision du président de la République de diviser le coût du permis de chasse national par deux, de 400 à 200 euros, est un succès. 

La volonté du président de la République était de rendre une partie de la chasse un peu plus démocratique et permettre notamment aux jeunes générations qui ont de la famille un peu partout de chasser sur tout le territoire à moindre coût. Jean-Bernard de Larquier - Fédération des chasseurs de Charente-Maritime

Les fédérations draguent les jeunes

On estime à plus ou moins 1,2 million le nombre de chasseurs en France. Un chiffre qui baisse régulièrement depuis des dizaines d’années, mais qui place tout de même notre pays au premier rang européen. Disparition des anciens, exode vers les centres urbains et pression de plus en plus forte d’une partie de l’opinion publique contre la chasse (y compris dans les campagnes), les raisons sont nombreuses pour expliquer la diminution du nombre d’adeptes.

Les chasseurs espèrent que ce nouveau permis inversera la tendance. Première année d’assurance offerte, formations gratuites et accompagnement personnalisés. Une chose est sûre, c’est que les fédérations font tout elles aussi pour attirer les jeunes et leur transmettre le flambeau. La chasse reste le 3e loisir préféré des Français. Une passion que beaucoup découvrent dans le cercle familial. Et les filles ne sont pas en reste.
 
 

Un loisir risqué

Selon l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (Oncfs), 131 accidents de chasse ont eu lieu entre le 1er juin 2018 et le 31 mai 2019. "132 victimes ont été identifiées dont 22 personnes non chasseurs, précise le communiqué. Sur les 131 accidents relevés, 7 accidents mortels restent néanmoins à déplorer dont 1 personne "non chasseur". En cause, le plus souvent, "un manquement aux règles élémentaires de sécurité et en particulier au non-respect de l’angle de sécurité de 30°, à un tir sans identification ou à une mauvaise manipulation de l’arme".

Les autorités multiplient donc les appels à la prudence dans les 46 départements de la moitié sud où la chasse a ouvert dimanche matin. Des ouvertures qui vont se poursuivre les deux prochains dimanches dans le reste du pays. Fin de la saison, le 29 février 2020 au soir.
 


 

Sur le même sujet