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Vives inquiétudes chez les Renault-Trucks de Blainville-sur-Orne

L'usine renault-Trucks de Blainville-sur-Orne, dans le Calvados / © France 3 Basse-Normandie
L'usine renault-Trucks de Blainville-sur-Orne, dans le Calvados / © France 3 Basse-Normandie

Plan d'économie et de restructuration oblige, le montage de certains camions de Renault-Trucks est en train de se jouer entre l'usine du Calvados et celle de Gand, en Belgique.

Par Catherine Berra

La réflexion est en cours au sein du groupe AB Volvo, la maison mère de Renault-Trucks, en pleine phase de restructuration en Europe. Le choix entre Gand et Blainville-sur-Orne se fera en septembre pour être effectif en 2015. 

L'usine du Calvados fabrique toutes les cabines du groupe et assemble une ligne de camion, ceux de la gamme "Premium Distribution" pour Renault-Trucks. L'usine de Gand assure le montage de ces mêmes véhicules, mais pour la marque Volvo.

Or, le projet d'AB Volvo, qui travaille à une réorganisation de ses usines depuis 2012, est de regrouper les lignes de montage par gammes pour toutes les marques. Autrement dit, le "Premium Distribution" de Renault-Trucks et celui de Volvo-Trucks seront montés dans une seule de ces deux usines à partir de 2015 puisque la philosophie du groupe est "une usine, un produit".

Objectifs selon le syndicat Sud  :
  • Réduire les coûts de production de 11% d’ici 2015 (précédemment fixé à 10% sur la période 2013/2015).
  • Augmentation de la marge bénéficiaire brute sur les véhicules de 3%.
  • Obtenir 107 Millions d’euro d’économie.
L'enjeu est de taille pour les salariés normands et pour l'avenir même de l'usine de Blainville-sur-Orne.

En effet, 400 salariés sur 2 000 environ, travaillent sur la ligne d'assemblage des "Premium Distribution" dans le Calvados. Ils se demandent en outre si la perte de la ligne d'assemblage n'entraînera pas du même coup la perte de la fabrication des cabines. Car leur force est précisément de fabriquer actuellement les cabines et d'assembler les véhicules de cette gamme.

La chaîne d'assemblage qui tourne en ce moment à raison de 32 camions par jour pourrait aisément absorber la capacité de l'usine de Gand (25 camions par jour) puisque sa capacité maximale est de 70 à 80 "Premium Distribution" par jour, selon le syndicat Sud.

De son côté, l'usine de Gand assure le montage de tous les véhicules de marque Volvo. Si elle venait à perdre les "Premium Distribution", elle obtiendrait d'autres types de poids-lourds à monter en compensation. Autre avantage des Belges sur les Français : ils ont déjà adopté un plan des flexibilité qui donne plus de souplesse à la production.

Le groupe va mener une étude comparative entre les deux sites dont les conclusions seront rendues en septembre.

Les représentants du personnel de Blainville demandent dès à présent que "la transparence soit faite sur les éléments comparatifs entre Blainville et Gand", ainsi que des "éléments tangibles sur la pérennité du site avant toute discussion sur le temps de travail".

Pour les syndicats, l'usine bas-normande a de nombreux atouts en termes de résultats. C'est aussi le seul site "multimarques pour les cabines" assorti d'une "ligne globale". De plus, après une période difficile de chômage partiel, les commandes repartent à la hausse. 

Sans attendre la décision du mois de septembre, le syndicat Sud, majoritaire, a rencontré le cabinet du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, le président de Région, les députés Caennais et les maires de Blainville, Colombelles et Hérouville-Saint-Clair. Il les a alertés sur les enjeux et les décisions à venir et leur a demandé d’intervenir "pour la défense des activités et des emplois".

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