Romagny (50) : Benoît Hamon vient saluer la réussite de l'entreprise Acome

Le ministre délégué à l'Economie sociale et solidaire a visité la première Scop, société coopérative de salariés, de France. Il également signé une charte avec la région sur les contrats d'avenir pour les associations oeuvrant dans le domaine de l'économie sociale et solidaire.

Benoît Hamon, ministre de l'économie sociale et solidaire, lors de sa visite de l'entreprise Acôme près de Mortain dans le sud Manche
Benoît Hamon, ministre de l'économie sociale et solidaire, lors de sa visite de l'entreprise Acôme près de Mortain dans le sud Manche © France 3 Basse-Normandie
Le ministre délégué à l'Economie sociale et solidaire Benoît Hamon a également indiqué ce jeudi, lors de son déplacement dans la Manche, qu'il prépare un projet de loi pour faciliter la reprise de PME par leurs salariés,
en abaissant à 30%, durant une phase transitoire, la part de capital nécessaire pour y obtenir le pouvoir décisionnel.

"Il y a chaque année de 50 000 à 200 000 emplois détruits faute de repreneurs d'entreprises en bonne santé, souvent des PME dont le patron a mal préparé la succession. Il faut aider ces salariés à se constituer en société coopérative et participative (Scop)", a-t-il expliqué.

Le régime actuel nécessite pour les salariés de détenir 50% du capital pour bénéficier de la majorité des votes au sein de l'entreprise, "ce qui est assez dissuasif en temps de crise, vu les risques financiers encourus",  a estimé le ministre délégué.

"En abaissant par une loi prochaine à 30% la part de capital nécessaire pour être majoritaire en votes au sein de Scop d'amorçage, nous espérons que ces entreprises saines seront plus facilement reprises par les salariés", plutôt que de fermer, a souligné Benoît Hamon.

Le co-financement de ces projets serait assuré par la Banque publique d'investissement (BPI), lancée en février par le gouvernement. "Je pense que nous atteindrons la somme de 100 millions d'euros" au sein d'un fonds dédié à cet effet au sein de la BPI, a-t-il précisé.

Le ministre espère voir le nombre de salariés en Scop doubler à 80 000 en 2017, contre environ 40 000 aujourd'hui.

Les Scop permettent aux salariés de gérer eux-mêmes leurs entreprises.

L'entreprise Acome  est l'une des plus importantes et des plus anciennes Scop de France, spécialisée dans les câbles high-tech et la fibre optique,. Elle a réalisé un chiffre d'affaires de 384 millions d'euros en 2012 dont la moitié à l'export.

Acome, Association coopérative d'ouvriers en matériel électrique, compte 1 200 salariés
Créée à Paris en 1932 suite aux difficultés de la société Electrocable, Acome compte 50 coopérateurs à sa création, 800 dans les années 1980 et 1075 en 2006.

Son siège social est à Paris, mais c'est à Romagny, dans la Manche, que l'entreprise possède 5 usines et emploie 1200 salariés, ce qui fait d'elle l'un des plus gros employeurs du département.

Au moment de son démarrage, Acome a pu compter sur les commandes des PTT grâce au principe du "quart réservataire" qui attribuait 25 % des commandes de l'État aux sociétés coopératives. À la fin des années 1930, la société achète une vieille filature à Mortain et s'y installe en 1941 après le bombardement de son usine d'Argenteuil. Après la guerre, Acome tire parti d'une loi imposant l'installation d'un dispositif antiparasitage sur toutes les voitures. Acome, qui fabrique ce dispositif en exploitant un brevet acheté à General Electric, voit son marché exploser.

Si ce n'est pas l'esprit coopérateur qui préside à la création d'Acome, il viendra plus tard, dans les années 1950 et 1960. Les PDG Charles Lacroix et Jean Lamour, coopérateurs convaincus, font de la société une vraie Scop.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
économie politique
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter