Hippisme : escroquerie de près d'un million d'euros

Didier Barlogis, un homme de 57 ans, est soupçonné d'avoir arnaqué plusieurs dizaines d'amateurs de courses hippiques. L'escroquerie pourrait avoisiner le million d'euros. L'homme a été mis en examen jeudi 20 juin.

L'arnaque était bien montée et la promesse de départ forte : Didier Barlogis promettait à des particuliers d'acheter 10 à 15% d'un cheval de course très prometteur. Un pari soit-disant gagnant puisqu'en plus de devenir co-propriétaire de futurs champions - et donc de partager les gains des courses - le particulier n'avait pas à prendre en charge les frais d'entraînement ou de courses. Didier Barlogis assurait s'occuper de tout. Les copropriétaires n'ont jamais vu les gains promis car Didier Barlogis a tout gardé pour lui.

Il s'agissait en réalité d'une escroquerie de grande envergure, que l'homme pratiquerait depuis 2008. Après de nombreuses plaintes convergentes de ses victimes et une enquête de plusieurs mois pour le retrouver, Didier Barlogis a été arrêté mardi 18 juin à Belfort et mis en examen jeudi 20 juin à Argentan. On estime le préjudice compris entre 800 000 euros et un millions d'euros et le nombre de victimes pourrait être compris entre 50 et 80.

M. Barlogis, ancien informaticien, prétendait "mesurer le potentiel génétique de chacun des chevaux en recourant à de puissantes techniques mêlant informatique et analyse de données complexes." et "présélectionner les chevaux dont le potentiel génétique est le plus élevé" afin d'attirer les amoureux des courses hippiques et leur faire miroiter d'importants gains en cas de victoire. Surtout, le "succès" de son escroquerie consistait à s'adresser à des amateurs à qui on promettait d'entrer facilement dans le cercle fermé des propriétaires de chevaux : pour 5000 euros, le particulier pouvait acheter 10 à 15% d'un trotteur.

Après l'achat, il suffisait à D. Barlogis de ne pas déclarer les copropriétaires des chevaux à la société du Cheval français, l'organisme qui régit les hippodromes et les courses de trot. Ces victimes n'étaient mêmes pas les copropriétaires légaux des équidés puisque selon une source proche de l'affaire citée par le Parisien, "pour faire courir des chevaux et en être propriétaire, il faut être inscrit aux haras nationaux et faire l'objet d'une enquête des services de police. Il faut également obtenir un agrément."

L'escroquerie a été découverte suite à une victoire. Patrick Garnes, qui avait acheté une part d'un des chevaux, envoie un message de félicitations à l'entraîneur des chevaux de Barlogis. Ce dernier lui répond et lui fait part de ses inquiétudes : Didier Barlogis ne répond plus et ne paie plus rien depuis six mois. C'est alors que Garnes réalise l'étendu de l'affaire.

Didier Barlogis a nié les faits qui lui sont reprochés. Il encourt cinq ans de prison et 375 000 euros d'amende.