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Biscuiterie Jeannette : les madeleines de la dernière chance

Même si leur usine a été placée en redressement judiciaire, les 37 salariés ont relancé la production ce jeudi matin. L'objectif :  vendre leurs madeleines sur le marché pour sensibiliser le public sur leur savoir faire. Un candidat à la reprise s'est fait connaître.
Reprise de la production ce jeudi matin
Reprise de la production ce jeudi matin © PM PUAUD/ F3 BN
Depuis une semaine,  les anciens salariés occupent leur usine à Caen, pour bloquer la vente aux enchères des machines. Sur les murs, ils expriment leur désarroi : "Prime de misère, blocage de l’usine", "non au pillage de l’outil industriel".

Tout faire pour ne pas mourir 


Pour démontrer leur savoir faire, les salariés ont décidé de relancer la production. "Nous souhaitons vendre 800 kilos de nos produits sur différents marchés de Caen. Notre but est de sensibiliser la population locale et de montrer que l'outil est en état de fonctionnement " explique Geneviève Hirard, déléguée suppléante du personnel.  


Un candidat à la reprise ?

Les salariés ont reçu un appel ce jeudi après midi d'un entrepreneur, basé à Lyon. Il dirige deux sociétés, l'une d'emballage, l'autre spécialisée dans l'événementiel. L'entrepreneur s'est renseigné sur l'entreprise. Ses coordonnées ont été transférées à la Direccte et au liquidateur judiciaire.


© PM PUAUD/F3 BN

Empêcher la fermeture de l'entreprise fondée en 1850


Les salariés espèrent encore que le commissaire au redressement productif puisse trouver un repreneur. «Nous ne laisserons pas mourir la dernière usine de Caen qui a continué à produire sous les bombardements en 1944», a ajouté Franck Mérouze secrétaire de l’Union locale CGT de Caen.

© PM PUAUD

Historique de la Biscuiterie Jeannette en quelques chiffres :

Dans les années 1970 : 400 personnes travaillaient dans l'usine.
Dans les années 2000 : les madeleines sont même vendues jusqu’au Japon et en Chine.
Entre 1997 et 2011 : Quatre dépôts de bilan
En 2012 : Reprise avec un avis favorable des salariés par le groupe LGC, une société d’investissement d’un capital social de 11 millions d’euros et basée à Falaise. LGC prévoit un plan de relance avec un déménagement de l’usine à Falaise en vue de sa modernisation. Coût de l' opération : 2,2 millions d'euros. Il manque 750.000 euros. Et après de multiples contacts, les banques déclarent forfait. 
Le 18 décembre 2013 : Au terme de la procédure de redressement judiciaire, le tribunal de commerce de Caen finit par prononcer la liquidation de l'entreprise.

Reportage P.M Puaud et Guillaume Le Gouic
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