800 000 enseignants effectuent ce lundi leur pré-rentrée dans un contexte un peu mouvementé: une nouvelle ministre tout juste nommée, les nouveaux rythmes scolaires qui s'appliquent à toutes les écoles et des réformes attendues en cours ou pas encore mises en chantier.
"C'est une journée extrêmement importante car c'est une journée où on donne en quelque sorte la feuille de route aux enseignants, où on fédère un groupe et où, quelque part, on donne le La de l'année scolaire à venir", explique sylvie Trochu, principale du collège Guillaume de Normandie. Si le personnel administratif a reprise le travail voilà une semaine, c'est ce lundi 1er septembre, juste avant les 615 élèves, que les 53 professeurs de cet établissement, situé en zone d'éducation prioritaire, font leur rentrée.
Reportage d'Aurélie Misery et Loïc Blache
Intervenants:
- Sylvie Trochu, principale du collège Guillaume de Normandie
- Marie-Laure Fouerré, professeur de Français
En France, ils sont un plus de 800 000 enseignants à retrouver ce lundi matin les bancs de l'école dans un contexte un peu mouvementé. Leur ministre, Najat Vallaud-Belkacem a été nommée à quelques jours seulement de ce temps fort de l'année scolaire. C'est "une rentrée étrange", commente Frédérique Rolet du Snes-FSU (secondaire). "On a ouvert toute une série de boîtes mais on ne sait pas bien quel contenu on va leur donner" or le ministère a besoin "d'une certaine durée pour mettre en place les réformes".
60% des Français contre la réforme des rythmes
Parmi les réformes, celle des nouveaux rythmes scolaires qui s'applique à toutes les communes à partir de cette rentrée avec le rétablissement d'une cinquième matinée de cours dans les écoles. Selon un sondage CSA pour RTL publié lundi, 60% des personnes interrogées désapprouvent cette réforme, alors qu'il y a un an 53% des sondés estimaient au contraire qu'il s'agissait d'une bonne chose.
Une vingtaine de communes ont prévenu qu'elles boycotteraient la réforme. La ministre de l'Education a déclaré que "Quand on se met en infraction à la loi, il y a des sanctions qui tombent", ajoutant que les préfets pourraient se substituer aux élus pour ouvrir les écoles.
60 000 postes sur 5 ans
Certains enseignants regrettent que les débats autour des rythmes scolaires aient fait passer au second plan les autres réformes. Certaines ont abouti comme la refonte de l'éducation prioritaire qui démarre cette semaine, en donnant des moyens supplémentaires aux établissements pour réduire l'échec scolaire dans les milieux défavorisés.
Des créations de postes sont programmées cette année encore, conformément à la promesse d'en créer 60.000 sur le quinquennat. Pour autant, ces créations ne suffiront pas à absorber la forte démographie des élèves et les classes seront encore surchargées. Enfin, d'autres chantiers n'ont pas commencé ou sont bloqués : la réforme du collège, la refonte des programmes repoussée d'un an, l'évaluation des élèves, la formation continue.