Peine aggravée requise en appel contre Eric Vannier, l'ex-maire du Mont Saint Michel

Eric Vannier, maire du Mont-Saint-Michel, à son procès. Tribunal correctionnel de Coutances, 30 janvier 2013 / © France 3 BNie
Eric Vannier, maire du Mont-Saint-Michel, à son procès. Tribunal correctionnel de Coutances, 30 janvier 2013 / © France 3 BNie

Accusé de prise illégale d'intérêt, Eric Vannier avait été condamné le 27 février dernier à 30 000 € d'amende, dont 20 000 € avec sursis. Ce lundi, en appel, une peine de 50 000 euros a été requise contre lui.

Par avec AFP

Une peine beaucoup plus lourde, de 50.000 euros d'amende, a été requise lundi en appel à Caen contre l'ex-maire du Mont Saint Michel et patron du groupe Mère Poulard, Eric Vannier, accusé de prise illégale d'intérêt par son rival commercial. La cour rendra sa décision le 2 mars.

L'homme d'affaires est "intervenu lourdement jusqu'à s'enliser (...), s'est fait omniprésent" alors qu'il était maire, pour que ses commerces captent "l'intégralité des flux touristiques", a estimé l'avocat général Marc Faury.

Propriétaire de 20 à 30 commerces, selon les sources, au Mont Saint Michel, M. Vannier, maire de la commune de 1983 à 2001 puis de 2008 à 2014, avait été condamné le 27 février 2013 par le tribunal correctionnel de Coutances (Manche) à 30.000 euros d'amende dont 20.000 avec sursis. Lors de l'audience de première instance, le parquet avait requis six mois de prison avec sursis et 30.000 euros d'amende.

Selon l'accusation, M. Vannier s'est battu pour un projet prévoyant que les navettes, qui depuis 2012 mènent les touristes de la côte au Mont, partent de ses commerces. Et cela a été le cas du 28 avril 2012, date de lancement des navettes, jusqu'au 3 juin 2013. Les touristes devaient alors marcher 900 mètres entre le parking et les navettes.

Le 3 juin 2013, leur point de départ a été déplacé à celui qui était prévu dans la déclaration d'utilité publique, le parking, avec un arrêt devant des commerces concurrents de M. Vannier, avant une étape devant les siens. "J'ai eu une attitude impartiale. Je réfute absolument les éléments de l'accusation", a martelé l'entrepreneur âgé de 61 ans assurant avoir "l'intime conviction" que le projet qu'il défendait n'avait pas d'impact sur ses activités commerciales.

Sous les yeux de ses plus grands concurrents au Mont, les époux Patrick Gaulois, 62 ans, dont la plainte est à l'origine de la procédure, M. Vannier a longuement affirmé s'être battu pour "l'intérêt général", l'option la moins chère pour le public selon lui.

Le point de départ devant les commerces de M. Vannier à 900 mètres du parking "ce sont les préfets, le président du syndicat mixte (chargé du rétablissement du caractère maritime du Mont) et son directeur qui (en) ont décidé lors d'un déjeuner en juillet 2009, ce qui sera entériné" en octobre 2009 par le syndicat mixte par 16 voix pour, dont celle de M. Vannier, trois abstentions et une voix contre, a plaidé Me Jean-Yves Le Borgne pour la défense. "Je n'ai à aucun moment vu la démonstration de cet intérêt personnel" reproché à M. Vannier, a-t-il affirmé.

Les deux groupes, celui de M. Vannier et celui des époux Gaulois, "qui se détestent sans doute parce qu'ils se ressemblent", se partagent "80% de la manne touristique du Mont Saint Michel", a indiqué le président de la cour Henri Ody. M. Gaulois a été maire du Mont Saint Michel entre 2001 et 2008.

La mise en place des navettes, après la fermeture d'un immense parking au pied du Mont en 2012, entre dans le cadre d'un projet de rétablissement du caractère maritime du Mont.

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