A la Ferme pédagogique : l'animal comme lien social

Rapprocher les citadins et le monde rural. Sensibiliser les jeunes à l’environnement et la protection de la nature. Perpétrer les gestes, transmettre les cultures. C'est l'objectif que s'est fixée Nathalie Guihard à Notre-Dame-de-Gravenchon à la ferme Pédagogique du Tipi.

© F-m.L
A votre arrivée vous vous garez, sortez de votre voiture. Le temps de chercher votre écharpe par cette matinée froide… Et vous sentez une présence derrière vous. Un souffle chaud qui vient vous chatouiller la nuque. Vous faites demi-tour, et vous vous retrouvez face à Baguera. Une jolie ânesse de 3 ans et quelques pas derrière, se trouve sa maman. Bienvenue à la Ferme du Tipi.
Agée de 3 ans, Baguera accueille les visiteurs
Agée de 3 ans, Baguera accueille les visiteurs © F-m.L

Éleveuse de chevaux à l’origine, Nathalie Guihard a construit une structure équestre non loin du Havre, Les Ecuries d’Harcourt, du nom du bois adjacent aux installations au dessus de Notre-Dame-de-Gravenchon. Mais cette Ecurie n’est qu’un élément dans un ensemble plus vaste. L’esprit particulièrement atypique qui règne ici vient de la nature même du projet développé par Nathalie. S’est construit ici une ferme pédagogique, la Ferme du Tipi.

Au rythme des saisons

« Ce n’est pas seulement une diversification comme la plupart des professionnels du monde du cheval en cherche. Nous avons désiré constituer un établissement où le cheval, mais plus largement l’animal intervient comme médiateur. Comme lien social ».
Et c’est vrai que tout a été bâti avec comme objectif de nouer des attaches entre la nature, le règne animal et les enfants et/ou adolescents. Avec comme dessein de transmettre l’histoire, de perpétrer les gestes, et de fait de rapprocher les humains entre eux.
« Les animations sont liées aux rythmes scolaires mais collent aussi aux rythmes des saisons. Le printemps c’est le temps des naissances. La nurserie est pleine et le coeur de notre démarche pédagogique s’y trouve alors. De fait, ce n’est jamais répétitif. Jamais rébarbatif. Les ateliers tournent.» Les classes d’âges sont différentes et forcément le vocabulaire et la complexité des sujets traités sont adaptés en fonction. « Mais il y a néanmoins deux éléments fondamentaux. Le toucher d’abord. Il n'est pas question d'en rester à la théorie. Les animaux sont gentils, et qu’ils soient bébés ou adultes, l’approche par le toucher est fondamental.»


Le Tipi qui trône dans la cour de la ferme et les indiens d’Amérique peuvent faire sourire, car cette culture est lointaine de la baie de Seine où nous nous trouvons.  Mais ce biais « exotique » permet d’aborder nombre de sujets qui nous concernent tous, et sont encore malgré tout éloignés des centres d'intérêts des groupes accueillis le plus souvent. « Notre discours permet d’aborder les questions concernant l’environnement et la protection de la nature. C’est d’autant plus important que nombre des jeunes qui passent par chez nous proviennent de quartiers défavorisés de Rouen ou du Havre et de leurs environs. La vie y est difficile et le plus souvent les habitants ne sortent que rarement de leur univers. »
Le Tipi qui donne son nom à la ferme pédagogique accueille l'un des ateliers
Le Tipi qui donne son nom à la ferme pédagogique accueille l'un des ateliers © F-m.L

Dans la ferme, on trouve de nombreuses espèces. Les ânes, "agents d'accueil" donc, des chevaux et des poneys logiquement compte tenu de l'activité originelle de Nathalie Guihard, mais aussi des chèvres, des lapins. Et puis des ovins avec les moutons d’Ouessant (qui connaissent un grand succès en raisons de leur rôle de tondeuse écologique), les mouflons du Cameroun (très ancien sans doute originaire d'Asie) et les Soay d’Ecosse, habitué à survivre dans des conditions initialement très difficiles. Trois races qui perdent leur laine naturellement.

Peggy a disparu en décembre. "Elle a dû servir de cible"
Peggy a disparu en décembre. "Elle a dû servir de cible" © F-m.L

Comme dans chaque exploitation s’il y a les arrivées, il y a aussi les départs. La vache est morte voici un an. De maladie. Et puis, la chérie des lieux, Peggy, truie rose de Gottingen domestique, a laissé un grand vide. Elle a été portée disparue, le vendredi 19 décembre. Vivant elle aussi en liberté, il est à craindre qu’elle ait servi de cible à quelques malfaisants.

Kusko, est né le 5 février. Un autre lamenteau est attendu avant la fin du mois
Kusko, est né le 5 février. Un autre lamenteau est attendu avant la fin du mois © F-m.L

Le temps des naissances à la ferme a déjà commencé cette année et d’autres sont programmées. Ullan, maman lama, a donné la vie à Kusko, d’un joli blanc le 5 février. Un autre lamenteau est attendu avant la fin février. Des bébés moutons doivent également voir le jour notamment chez les écossais, -surement des jumeaux. La percheronne Loanne poulinera également dans les prochaines semaines.

Mais plus que tout autre chose, Nathalie met un soin particulier à la manière dont les animaux évoluent. Tout ce petit monde vit ensemble. « La plupart en liberté dans le parc. Et ils vivent bien ensemble. Sans heurts. Parce que le vivre ensemble s’apprend. Et c’est un message que nous portons d’ailleurs. Cela peut faire sourire mais je crois à la preuve par l’exemple. »





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