Sartilly (Manche) : Hommage à Théophile Maupas et à ses 3 compagnons fusillés pour l'exemple ... Il y a 100 ans !

Portrait de Théophile Maupas sur le monument aux morts de Sartilly / © F3 BN
Portrait de Théophile Maupas sur le monument aux morts de Sartilly / © F3 BN

Un anniversaire pour l'exemple et surtout pour ne pas les oublier. Le 17 mars 2015, quatre caporaux de la grande guerre étaient fusillés à Suippes dans la Marne. Ils ont répondu sur leur vie, du refus de leurs hommes de se lancer à nouveau à l'attaque. Trois étaient originaires de Basse-Normandie. 

Par Pauline Latrouitte

L'histoire 

Ils étaient quatre. 
  • Théophile Maupas, 40 ans, instituteur du Chefresne (50), marié, deux enfants ;
  • Louis Lefoulon, 30 ans, cheminot aux Chemins de fer de l'Ouest à Caen, originaire de Condé-sur-Vire (14), vivant en concubinage, un enfant.
  • Louis Girard, 28 ans, horloger, originaire de Blainville (50) résidant à Paris, 17e arrondissement, marié, un enfant 
  • Lucien Lechat, 23 ans, garçon de café à Vitré, originaire du Ferré (35), célibataire.
L'hommage de Sartilly ce 17 mars . Reportage d'Elise Ferret et de Stéphanie Vinot.
Intervenants : 

Olivier Jouault, Professeur d'Histoire-Géographie - Chargé du service didactique des archives départementales
Bruno Laurent, Arrière petit-fils de Théophile Maupas
Il y a 100 ans, 4 caporaux de la grande guerre étaient fusillés
Il y a 100 ans, 4 caporaux de la grande guerre étaient fusillés

Depuis septembre 1914, ils se battent dans les tranchées, à Souain (Marne). Une attaque est prévue le 9 mars 1915. Ceux qui sortent des tranchées des tranchées pour attaquer les Allemands sont immédiatement tués. Même conditions et même sort le lendemain. La 21ème Compagnie décide alors de ne pas sorti
Théophile Maupas s'expliquera : « les canons français envoyaient des obus sur la tranchée. Quiconque montait devait être fauché littéralement soit par les nôtres soit par le feu des mitrailleurs allemands ».

Les quatre caporaux de Souain fusillés pour l'exemple en 1915, / © http://www.cndp.fr/
Les quatre caporaux de Souain fusillés pour l'exemple en 1915, / © http://www.cndp.fr/

Fusillés pour l'exemple

Le général Réveilhac exige des sanctions : 
Le 15 mars 1915 : 6 caporaux et 18 soldats sont mis aux arrêts.
Le 16 mars : le conseil de guerre est réuni. Les 18 soldats sont relaxés, 2 caporaux sont disculpés grâce au témoignage de leur sergent qui affirme n’avoir ni reçu, ni donné l’ordre de sortir. Les sergents des caporaux Maupas, Lefoulon, Girard et Lechat ne peuvent témoigner : l’un est blessé et l’autre a été tué. Les 4 caporaux sont condamnés à mort.
Le 17 mars, à 13 heures, les 4 hommes tombent sous les balles françaises à Suippes. Le recours en grâce arrive deux heures après l'exécution devant le régiment.

Le combat de Blanche Maupas

Blanche Maupas s'engage dans un long combat. Pendant 19 ans, elle va tout faire pour obtenir la réhabilitation des caporaux. Malgré le soutien de la Ligue des droits de l'homme, elle se heurte à trois refus. Le 11 avril 1920, le ministère de la Justice refuse d'étudier le dossier. La Cour de Cassation rejette le dossier une première fois le 26 mars 1922, une seconde le 21 avril 1926.

Réhabilitation
Le 3 mars 1934 : Les 4 caporaux Louis Girard, Lucien Lechat, Louis Lefoulon et Théophile Maupas sont réhabilités par une Cour spéciale de Justice Militaire.

Le cinéma

Cette histoire va inspirer :
  • Les Sentiers de la Gloire de Stanley Kubrick en 1957
Les Sentiers de la gloire
  • Blanche Maupas de Patrick Jamain
    Avec Romane Bohringer et Thierry Frémont
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Blanche maupas

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