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Pour Jean-Léonce Dupont, "les dés sont jetés", ce sera Rouen

Dans un billet publié sur son "blog territorial", le sénateur UDI qui préside le conseil départemental du Calvados estime, non sans poésie, que la désignation du préfet dit "préfigurateur" en Haute-Normandie annonce la couleur : Rouen sera le chef-lieu de la Normandie.
Le gouvernement a beau assurer que la désignation des "préfets préfigurateurs" ne doit pas être interprétée comme une indication sur le choix des futurs chef-lieux de région, Jean-Léonce Dupont s'en tient à ce que disent les mots. "Préfigurer, c'est selon le Larousse, ce qui annonce un événement futur sous une forme imparfaite", rappelle le président du conseil départemental du Calvados. Il n'y aurait donc guère de suspense. "Les sept préfets-préfigurateurs sont les préfets de région installés actuellement à Bordeaux, Lyon, Strasbourg, Lille, Toulouse, Dijon et Rouen. Cette énumération suffit à conclure que les futures préfectures de région seront effectivement et « définitivement » installées dans ces villes, toutes métropoles à l’exception de Dijon".

La Basse-Normandie et le jeu de bonneteau

Ce qui inquiète davantage Jean-Léonce Dupont, ce sont les propos tenus presque de concert par, d'une part, le préfet préfigurateur, et, d'autre part, les élus socialistes. Chacun souligne que "la logique voudrait que le préfet de région ne soit pas éloigné du Président de Région". Le sénateur du Calvados estime que c'est faire bien peu de cas de la loi du 16 janvier 2015 qui prévoit qu'une même agglomération ne peut concentrer rassembler la préfecture de région et le conseil régional que dans le cas où les trois cinquièmes des élus régionaux y seraient favorables.

Dans leur tribune, les élus socialistes jugent eux aussi que le préfet et le président de région doivent pouvoir travailler ensemble facilement, autrement dit, dans la même ville, ce qui, s'empressent-ils d'ajouter, "n’empêchera nullement le Conseil régional de siéger à Caen s’il le décide, comme le prévoit d’ailleurs la loi.". "Nous y voilà ! écrit Jean-Léonce Dupont qui parle d'un "jeu de bonneteau" : "le conseil régional serait autant à Caen qu'à Rouen, le président plutôt à Rouen avec ses plus proches collaborateurs, les services dispersés et donc dédoublés et l’assemblée serait vouée au nomadisme, siégeant tantôt ici tantôt là, pour donner le change à ce qui serait de fait un pouvoir régional rouennais. Tout cela au nom de l’économie pour le contribuable. De qui se moque-t-on ?" poursuit le sénateur UDI qui revendique "un vrai partage des charges de gouvernance".

Poids des mots et marketing territorial

Sur son "blog territorial", Jean-Léonce Dupont souligne, non sans malice, que rien n'empêchera Rouen, une fois désignée chef-lieu de région de s'auto-proclamer métropole-capitale. Rouen aurait d'ailleurs déjà commencé à "préempter ce mot dans une démarche de marketing territorial sans doute déjà réfléchie". Et de poursuivre : "Soyons donc attentifs aux messages et gardons bien à l’esprit ce poème galant du XVIIIème siècle qui parlait ainsi du mot et de la chose :

« Je crois même en faveur du mot
Pouvoir ajouter quelque chose
Une chose qui donne au mot
Tout l’avantage sur la chose

C’est qu’on peut dire encore le mot
Alors qu’on ne fait plus la chose
Et pour peu que vaille le mot
Mon Dieu c’est toujours quelque chose



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