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Sylvain Jouanneau: "Pendant que vous choisissez, je vais penser à Mathis"

Jusqu'au bout, Sylvain Jouanneau n'a pas livré d'informations permettant de retrouver son fils. Son avocate s'est employée à contester les motifs d'enlèvement et de séquestration pour lesquels son client comparaît devant la justice.
sylvain Jouanneau aux assises du Calvados
sylvain Jouanneau aux assises du Calvados © MaxPPP/PHOTOPQR/OUEST FRANCE
"Vous aurez le dernier mot à la fin. Utilisez-le à bon escient", lançait ce jeudi matin, en conclusion de sa plaidoirie, l'avocate de Nathalie Barré à Sylvain Jouanneau. L'homme de 41 ans, qui comparaît pour l'enlèvement en septembre 2011 et la séquestration de son fils Mathis, a jusqu'au bout conservé sa ligne de conduite, se refusant à livrer la moindre information permettant de retrouver le petit garçon.

"Je suis un peu ému", a-t-il déclaré avant que le jury se retire pour délibérer, "Je vous laisse choisir. Pendant que vous choisissez, je vais penser à Mathis en espérant que vous serez justes". Si ses yeux rougis semblaient trahir une certaine émotion, nul doute que ces propso ont dû sonner comme une ultime provocation pour les parties civiles.

En fin de matinée, le parquet avait requis à l'encontre de Sylvain Jouanneau 20 ans de réclusion. "Ces faits odieux (sont) d'autant plus inexplicables que (l'accusé) venait de voir ses droits de père rétablis" progressivement par la justice, estimait l'avocat général Pascal Chaux, ajoutant que l'accusé a fait subir des "violences psychologiques, une emprise" à l'enfant. Un peu plus tôt, la propre mère de Sylvain Jouanneau livrait un terrible réquisitoire à l'encontre de son fils, regrettant même de lui avoir "donné la vie".

L'avocate de Sylvain Jouanneau, Maître Véronique Demillière, a demandé aux jurés de "rendre la justice sans haine", déclarant que "l'émotion ne fait pas le droit". La question de l'éventuelle mort du petit garçon a hanté ces quatre jours d'audience. "Le fantasme de l'homicide est là. Ne vous trompez pas d'infraction", a demandé Maître Véronique Demillière aux jurés.

Elle s'est également employée durant sa plaidoirie à démonter les chefs d'accusation: "Sylvain Jouanneau était toujours détenteur de l'autorité parentale quand il est parti avec son fils. donc, vous ne pouvez pas dire qu'il l'a enlevé et séquestré". Le verdit n'est pas attendu avant 18 h 30 ce jeudi soir.

Reportage de Franck Bodereau et Jean-Michel Guillaud avant le délibéré
Intervenants:
- Nathalie Barré, mère de Mathis
- Elisabeth Jouanneau, mère de l'accusé
- Pascaline, soeur de l'accusé
- Me Véronique Demillière, avocate de la défense

durée de la vidéo: 01 min 59
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