Après les cloches de Notre-Dame de Paris, celles de Villequier prennent vie dans la chaleur de la fonderie de la Manche

Préparation du métal de la cloche Léopoldine / © D. Frotté
Préparation du métal de la cloche Léopoldine / © D. Frotté

Trois nouvelles cloches sont fondées ces jours-ci à Villedieu-les-Poêles. La maison Cornille Havard, qui a créé il y a 6 ans les neuf cloches de Notre-Dame, a déjà donné naissance à Léopoldine. Les trois "petites" nouvelles iront rejoindre le beffroi de l'église Sain-Martin de Villequier.

Par S L

Léopoldine et Anne-Marie seront les plus légères. Ces deux cloches viennent remplacer celles du clocher de Villequier, village de l’Eure sur les bords de la Seine, où est enterrée la famille de Victor Hugo - dont sa fille Léopoldine.
 
opérations de fonderie en cours
opérations de fonderie en cours


Les conditions propices à la naissance des cloches sont dantesques : l’atelier s’anime d’une fournaise. 1180°degrés pour la coulée, alliage de 78 % de cuivre et 22 % d’étain, surveillée de très près par le chef d’atelier. Le métal passe de l’état liquide à solide en une minute. Et tout l’art consiste à obtenir de la future cloche la note que l’on attend d’elle, cette note dépendant du diamètre de la cloche et du rapport entre son diamètre et son épaisseur.

« On n’a pas choisi les notes au hasard ! La plus grosse cloche va sonner en la-dièse 3, la deuxième cloche en tierce majeur, et la troisième en quinte. » Paul Bergamo Directeur de Cornille Havard

La plus grosse des cloches fondée dans l’atelier le sera lundi, elle devrait peser 500kg.

étapes de la fonderie de la cloche



En 1928, la mode était au bourdon d’une tonne

Rien à côté de la tonne que pèse Ernestine Marguerite, une vieille dame de 1928, restée quant à elle dans le village et qui va reprendre de la hauteur, perchée dans son clocher d’ici un mois.
Vu son poids, Ernestine Marguerite se pourra pas sonner en volée –trop dangereux pour l’édifice dont la structure ne supporterait pas les envolées de la dame.

« A la fin du XIXe siècle, il y a eu une mode, celle des grosses cloches qui sonnaient très fort, comme à Notre-Dame de Paris, et malheureusement, on a coulé une cloche d’une tonne. On la garde cette cloche mais pour préserver le monument, elle ne sera pas mise à la volée mais en tintement. » Judicaël de la Soudière-Niault, architecte du patrimoine



Les travaux à Villequier ont débuté depuis avril 2018 : le beffroi qui date de 1538 a été rénové. Au total trois cloches (Ernestine et deux tinterelles de carillon) sont restées sur place.
Le beffroi s’apprête donc à accueillir les trois « petites » nouvelles, dernières nées de la fonderie Cornille Havard. A la mi-novembre, les six cloches seront réunies pour leur premier concert en harmonie.

 

A lire aussi

Sur le même sujet

ITW Intégrale de JP Nataf

Les + Lus