C'est une agence d'architecture britannique qui a remporté le concours lancé par la ville de Bayeux. RSHP aura pour mission de bâtir le nouvel écrin de cette tapisserie millénaire qui narre la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant.

Les quatre projets soumis aux membres du jury étaient anonymes. Sans le savoir, les jurés ont désigné à l'unanimité celui présenté par l'agence RSHP. L'agence anglaise aura pour mission de construire le nouveau musée, qui doit ouvrir en 2028. 

"Nous sommes ravis !" s'exclame l'architecte Stephen Barrett, l'un des directeurs de l'agence, qui a du mal à contenir sa joie. "Il y a une certaine poésie dans le fait que nous soyons britanniques parce que cette tapisserie est un objet fondamental à l'histoire partagée de nos deux pays. D'autre part, le musée accueille un grand nombre de visiteurs britanniques".

Le conservateur des musées de Bayeux y voit, lui, un choix d'autant plus "symbolique" que l'oeuvre serait une création anglaise. "Nous pensons qu'elle a été réalisée à l'abbaye de Canterbury", rappelle Antoine Vernet.

L'agence RSP fait autorité dans le petit monde l'architecture. Elle opère dans le monde entier. C'est elle qui a par exemple conçu les réserves du Louvre-Lens. Elle a aussi mené à bien l'extension du British Museum. "Toutes ces belles références nous rassurent pour le projet de notre musée, certainement le plus complexe et le plus ambitieux jamais porté par la Ville", se réjouit Patrick Gomont, le maire de Bayeux.

"Une centaine d'agences a déposé un dossier. Nous en avons sélectionné quatre. Ce projet a été choisi à l'unanimité", souligne Loïc Jamin, maire-adjoint en charge des musées. "C'est celui qui est le plus attentif à la gestion des flux. Nous recevons 400 000 visiteurs par an. Les espaces que cette agence a travaillés répondent à cette exigence".

Un bâtiment neuf pour exposer cette tapisserie longue de 70 mètres

L'autre aspect qui a fait pencher la balance, c'est la préservation de cette tapisserie extrêmement fragile. "Nous avons des compétences techniques pour la conservation d'objets d'art", note Stephen Barrett. "La question de la transmission de l'oeuvre aux générations futures est l'élément central de ce projet", souligne Antoine Vernet, conservateur des musées de Bayeux.

Le projet implique de construire un bâtiment neuf permettant d'exposer la tapisserie "sous une forme linéaire de 70 mètres". Aujourd'hui, le présentoir forme un arc de cercle à mi-parcours, très élégant, mais sans doute pas idéal pour cette auguste tapisserie qui accuse mille ans d'âge. Par ailleurs, elle sera désormais exposée sur un pan incliné, conformément aux préconisations émises en 2021 par le comité scientifique. Enfin, un local sera construit "pour assurer la surveillance, la conservation et les études de cette œuvre".

Une enveloppe de 35 millions d'euros est prévue pour venir à bout de cette entreprise. La ville de Bayeux va maintenant entrer en négociation avec l'agence RSHP. Ce n'est que lorsque qu'un contrat aura été signé en bonne et due forme que des esquisses pourront être dévoilées. Les architectes sont déjà à pied d'oeuvre. "L'objet est incroyable. Il nous intrigue et il nous donne envie, explique Stephen Barrett. Nous avons une possibilité unique de mettre la Tapisserie de Bayeux en valeur. Nous souhaitons souligner son statut d'objet du patrimoine mondial".

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