• FAITS DIVERS
  • MÉTÉO
  • Société
  • ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • CULTURE

Les betteraviers manifestent devant l'ambassade d'Allemagne pour faire pression sur le groupe Südzucker

Manifestation ce mardi à Paris des betteraviers devant l'ambassade d'Allemagne
Manifestation ce mardi à Paris des betteraviers devant l'ambassade d'Allemagne

Le groupe allemand Südzucker veut fermer deux sucreries en France, Cagny dans le Calvados et Eppeville dans la Somme. Les producteurs de betteraves souhaiteraient reprendre les deux sites, une option que l'industriel a toujours refusé jusqu'à présent. 

Par CM

A moins de trois semaines des élections européennes, les betteraviers français aimeraient bien faire de leur lutte un symbole d'une "Europe équitable et juste". Ce mardi 7 mai, ils se sont "invités" devant l'ambassade d'Allemagne à Paris. En février dernier, le groupe d'outre-rhin Südzucker a annoncé son intention de fermer deux sucreries de sa filiale française, Saint-Louis, à Cagny dans le Calvados et Eppeville dans la Somme. Cette manifestation intervient une semaine avant une nouvelle rencontre à Starsbourg entre le président de la Confédération Générale des producteurs de Betteraves (CGB) et l'industriel.
 
Les betteraviers manifestent devant l'ambassade d'Allemagne
Reportage de Morgane Tregouet, Pierre Wilpart et Mathilde Baron

Depuis plusieurs semaines, les producteurs proposent à l'Allemand une solution alternative, "un plan de reprise viable avec un vrai équilibre économique tant pour les planteurs que pour les salariés", explique Patrick Dechaufour, président de la CGB Calavdos, Orne et Srathe, "ce plan de reprise sera monté et financé par les planteurs et les Régions Hauts-de-France et Normandie qui nous accompagnent et sont très proches du dossier."

Laissez nous continuer à produire en France !


Mais jusqu'à présent, l'industriel a balayé cette option du revers de la main. "Vous voulez restructurer votre groupe ?", demande à l'Allemand le président de la CGB de la Somme, Dominique Fiévé, "OK. Mais laissez nous continuer à produire en France !". Pour le Normand Patrick Dechaufour, la stratégie de Südzucker est "du capitalisme sauvage" en "maintenant une activité annexe sur les sites, qui est franchement de l'habillage, alors que s'ils fermaient totalement, ils n'échapperaient pas à la loi Florange, ils seraient en capacité de se mettre en position de vendeur et on pourrait discuter avec eux.

Pour son homologue de la Somme, le groupe allemand aurait tout intérêt à saisir la main tendue par les agriculteurs. "Ils doivent accepter des euros sonants et trébuchants plutôt que de faire face, avec la fermeture de ces deux usines, à des coûts financiers énormes liés à la réindustrialisation et à la remise en état des sites, ce sont des choses qui pourraient leur coûter très cher.
 

Outre le sort des betteraviers et des salariés des deux surcreries, ces fermetures constitueraient plus largement un coup dur pour le monde rural, selon Patrick Dechaufour. "Une sucrerie, c'est une industrie lourde qui génère beaucoup d'activités avec des entreprises de travaux agricoles, des entreprises de transport, beaucoup de postes de maintenance", affirme le président de la CGB du Calvados, "On estime à peu près à un millier d'emplois directs, indirects et induits génrés autour d'un site."

Entre l'industriel et les producteurs, le diaologue n'est toutefois pas rompu. La réunion prévue le 15 mai prochain à Strabourg a été décidée lors d'une précédente rencontre entre les deux parties.  

Sur le même sujet

Il y a 110 000 ans cette plage était une steppe

Les + Lus