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A Caen : des cambrioleurs repérés et arrêtés grâce à leurs téléphones portables

Photo d'illustration / © AH
Photo d'illustration / © AH

Deux cambrioleurs auront appris à leur dépens qu'un téléphone portable est un vrai mouchard, mine d'or pour les forces de l'ordre. Après une vague de cambriolages, en janvier dernier, entre Bayeux et Caen, les gendarmes ont repéré deux téléphones qui bornaient à proximité, à chaque fois.

Par Alexandra Huctin

En janvier 2018, les gendarmes du Calvados s'inquiètent de voir en quelques jours des maison mises en dessus-dessous pour des vols à la roulotte et des butins qui se répètent du type bijoux-portables-chéquiers, selon un mode opératoire qui semble, lui aussi, toujours le même. 


Des téléphones qui bornent à proximité des maisons volées


A coup sûr, c'est pour eux une même "bande" qui rôde. En interrogeant les opérateurs téléphonique qui ont des relais un peu partout en campagne, les gendarmes s'aperçoivent que deux numéros "bornent" ensemble, à chaque fois, à proximité des maisons cambriolées. 
Et dans ces 2 numéros qui reviennent, l'un d'entre eux est italien.
 

Des téléphones en mouchard


L'enquête remporte un vrai succès grâce aux avancées de la technologie. Très vite, les deux téléphones offrent un itinéraire aux enquêteurs, à chaque fois que les deux amis croisent un relais.

Entre le 17 et le 25 janvier, les deux malfaiteurs se sont introduits dans une vingtaine de maisons en naviguant de Nonant à Coulombs, dans le secteur de Bayeux puis Verson, Fontaine-Etoupefour, Ranville et Bellengreville, près de Caen. Mais aussi, Bernières-sur-Mer.

A chaque fois, ils pénètrent dans 2 ou 3 logements du même quartier en cassant une fenêtre ou une porte à coup de tournevis. En quelques minutes, le logement est fouillé, chambres et salle-de-bain : bijoux, parfums, carte bancaire, téléphone mobile, tablette, argent. Ils prennent tout ce qui se revend ou apporte du cash.
Mais en ce mois de janvier, le temps est très humide en Normandie. Et les deux compères laissent des empreintes de semelles un peu partout.


Pris en flagrant délit au Fresne-Camilly


Moins de dix jours après le début de leur périple fou, les enquêteurs parviennent à les localiser et les prennent en filature, le 25 janvier 2018, à Bretteville-l'Orgueilleuse. Même scénario, alors qu'un troisième pied nickelé fait le guet, dans la voiture.
Ils reprennent la route et sous les yeux des gendarmes, font une nouvelle étape, quelques kilomètres plus loin, au Fresne-Camilly.
Les forces de l'ordre tenteront alors l'arrestation en flagrant-délit mais l'équipage prend la fuite. Leur course s'arrêtera à Douvres-la-Délivrande où le véhicule est intercepté.
L'un des voleurs sera retrouvé caché dans un buisson, avec des bijoux. Son compères sera arrêté, le lendemain matin, dans un squat, rue du Marais à Caen, la carte SIM du téléphone italien sur lui.


Un squat d'un mois dans une maison de vacances d'Hermanville 


Mais le téléphone, les empreintes de chaussures et l'ADN permettront aux enquêteurs d'associer l'un d'entre eux à une autre affaire: deux mois plus tôt l'homme a logé dans une résidence secondaire d'Hermanville-sur-Mer avec un groupe d'Albanais, comme-lui. Une maison où ils se sont introduits en toute illégalité, en l'absence des propriétaires. Ils ont profité des lieux en toute tranquillité: bu les bouteilles, mangé les réserves, fait des lessives, etc.


Interdiction définitive du territoire


"Je n'y ai passé que deux jours. je croyais que la maison leur appartenait", explique le prévenu. Peu convaincu, le président du tribunal s'interroge : "ah oui! vous vouliez passer un week-end à la mer ?"

Les deux voleurs qui ont nié tout en bloc, ont été condamnés à 36 mois de prison ferme alors qu'ils sont en cellule depuis le 29 janvier 2018. 
Par ailleurs, sur réquisition du parquet, le tribunal a prononcé une interdiction définitive de séjourner sur le territoire français pour ces deux hommes, de nationalité albanaise. Elle prendra effet à leur sortie de prison. 
"Depuis le 12 septembre dernier, on peut interdire de territoire pour des vols par ruse, auparavant il fallait la notion de violence",  a expliqué le procureur, Carole Etienne, à l'audience. 

 

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