Un Caennais s'attaque au Red Bull Crashed Ice

© EPA/MAXPPP
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Dans dix jours, Medhi Mouh va s'essayer pour la première fois de sa vie à une descente de Ice Cross Downhill. Une course à 60 km/h en patins à glace, entouré d'adversaires... Sensations garanties.

Par David Frotté

La légende voudrait que tout ait commencé par des dégringolades sur des torrents gelés. Mais la première course officielle date de 2001, en Suède. Depuis ce qui n'était qu'un délire a pris de l'ampleur, avec même un championnat du monde.

Sauf que si les Français se distinguent sur les skis ou en snowboard, ils étaient plus discrets il y a peu dans cette discipline du Ice Cross Downhill, où les classiques nations de sport d'hiver dominent (Allemagne, Canada, Suisse...).

La prochaine échéance du Red Bull Crashed Ice est pourtant prévu à Marseille, les 13 et 14 janvier 2017. En plein coeur de la cité phocéenne, une piste de 320 mètres remplie d'obstacles offrira un défi de taille aux descendeurs, qui à près de 60 km/h franchiront la ligne d'arrivée dans le fameux vieux port.
Les athlètes français Pacome Schmitt et Tristan Dugerdil (6e et 4e au classement mondial) feront face aux meilleurs patineurs du monde devant une foule de 80 000 personnes attendue pour ce week-end.
Red Bull Crashed Ice 2015


Et parmi ces fous de la glace, il se pourrait qu'un Normand tente de se frayer un chemin. Mais lui doit en passer par des qualifications, du 9 au 10 décembre prochain, la première étape Riders Cup à Wagrain-Kleinarl en Autriche. "L'objectif, c'est d'arriver en finale, dans les 4 premiers."


Medhi Mouh est Caennais, plutôt habitué au bitume ou au rampes. Difficile pour lui de trouver de grandes étendues gelées par ici. Alors, il s'entraine à la patinoire, seul ou avec de joyeux sparring-partners. "J'ai fait 10 ans de roller free-ride, j'aime bien dépasser les limites, chercher plus d'adrénaline, avoir le coeur qui bat à 100 à l'heure. Là, j'apprends les démarrages style hockey, mais aussi à bien affuter mes patins, et puis on m'a gentiment laissé du matériel de protection."

Medhi Mouh à l'entraînement


En 2013, il créait l'association Patinage Freestyle Electric Caen. Quatre adhérents au départ, vingtaine aujourd'hui. La pratique n'est pas reconnu pour l'instant comme sport à part entière par le ministère, mais elle se développe.
Le problème est pour avoir des créneaux. "On s'arrange avec le hockey, le patinage artistique et synchronisé, ou tout simplement au milieu du public ! Ca donne un peu d'animation, avec des sautes, des pas de danse...."

J'aime les challenges, tout ce qui n'est pas normal.


Mais même là, il trouvait qu'il tournait trop en rond. "J'aime les challenges, tout ce qui n'est pas normal... Et aujourd'hui, j'ai envie de sortir me tester, avec ce que je sais faire."
Notre conseiller vendeur va donc tester ça grandeur nature, pour la première fois en Autriche. Directement en compétition. "Il n'y a pas le droit de donner des coups, de pousser. On peut couper la route des adversaires mais sans les bousculer. Alors je m'entraine beaucoup sur des pistes de bmx, avec des virages, des tremplins, même si je sais que ça ne sera pas du tout la même chose sur la glace."

entrainement tout-terrain

 

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